mardi 16 avril 2013

La liberté qui confronte à soi


On a tous déjà eu envie de partir ailleurs pour retrouver le sentiment de liberté. Pour faire le point et créer la vie que nous désirons.

La narratrice de Dix jours en cargo s’embarque sur un cargo avec pour objectif d’écrire, d’entamer le plus possible son prochain roman avant de mettre le pied à terre au Brésil.

Or, elle n’arrive pas à coucher les mots de son roman sur le papier. Tout ce qu’elle est capable d’écrire est son journal de voyage. Mais l’écriture ne débute-t-elle pas dans la tête ? Si cela est le cas, son processus est bien en cours, car bien que les pages restent blanches, elle se livre à de profondes réflexions.

On constate que son désir de s’isoler en mer était inconsciemment l’expression de la nécessité de se trouver dans un lieu où elle croit se sentir libre. La malheureuse se retrouve, contre toute attente, prise entre les règles nautiques, la volonté du capitaine et sa chambre, l’un des seuls lieux où il lui est permis de se trouver. Au beau milieu de l’océan, il n’y a que de l’eau à perte de vue. De l’eau et elle. Ses pensées, ses peines d’amour, ses remises en question.

Munie d’une plume délicieusement poétique, Isabelle Miron trace le trajet géographique et émotif de l’écrivaine dans les eaux troubles de sa vie. De magnifiques phrases se dressent tels de sublimes paysages.

Une lecture certes brève, mais riche en émotions et en images. Un très agréable voyage.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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