lundi 22 avril 2013

De Mumbai à Madurai : ou comment s'adapter dans l'effervescence


Récit de voyage hors de l’ordinaire, le roman de François Hébert est éminemment poétique. Sa conjointe et lui arrivent en Inde pour prononcer des conférences lors d’un colloque sur la Francophonie. On se promène entre la narration de ses déboires, ses conversations avec sa femme, celles avec des collègues et amis, des extraits de son travail sur les œuvres québécoises et, majoritairement, ses réflexions personnelles.

Ici, le terme dépaysement prend tout son sens. Tant en ce qui a trait au fond qu’à la forme. Hétéroclite comme le paysage Indien la plume de l’auteur est parfois bruyante. La rédaction au fil des pensées, comme des impressions livrées à chaud, propulse le lecteur dans l’esprit bouillonnant de François Hébert.

Au fur et à mesure que ses réflexions surgissent, il évoque plusieurs œuvres et écrivains s’étant penchés sur l’exil. Sans tomber dans le name dropping, ces références sont un peu trop nombreuses et font un peu perdre la voix de l’auteur.

Un peu comme pour l’Inde, où l’on n’arrive jamais tout à fait à s’habituer à toutes les réalités qui nous sont exposées, on commence à s’acclimater à l’ambiance du récit au moment de le quitter. Si vous préférez les écrits linéaires, peut-être ce livre vous plaira moins.

Hormis cela, l’auteur amorce des réflexions qu’il nous laisse le soin d’approfondir, notamment sur les classes sociales, l’extrême pauvreté, le dépaysement, le tourisme, certes, mais aussi, et surtout, sur le chemin qui mène chaque individu vers lui-même, après maintes tentatives d’exil.


François Hébert détient un Doctorat portant sur l’œuvre d’André Malraux, est critique pour Radio-Canada et dans Le Devoir. Il a enseigné à l’Université de Montréal pendant 20 ans.

De Mumbai à Madurai
François Hébert
XYZ Éditeur

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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