mercredi 20 mars 2013

Partir à la conquête de son mari, se retrouver en chemin


Mary est obèse depuis sa jeune enfance. Le médecin l’a dit à sa mère. Enfant, elle comprend Obête, ce mot qui la caractérise et la distingue des autres. Ce mot qui fait référence à son corps possédé par un animal affamé dans son ventre. Mary a toujours eu faim. Elle a maintenant 43 ans et souffre d’obésité morbide. La veille de ses noces d’argent, son mari tarde à rentrer. En fait, il ne rentrera pas. Elle arrive à un point dans sa vie où elle devra reprendre le contrôle, mais ce n’est pas par choix. Elle part à la recherche de son époux et au final, fera la rencontre la plus importante de sa vie. La sienne.

Le corps de la femme est un sujet qui a toujours fait jaser. Trop gros, trop mince, trop grand, trop petit, petite poitrine, grosses fesses, vous connaissez la chanson. De nombreuses merveilleuses femmes sont prisonnières d’une relation malsaine avec leur corps. L’apprivoisement nécessaire est un long et périlleux processus, mais hautement salvateur. Dès le début, et tout au long du roman, l’auteure nous amène à avoir une sympathie profonde pour cette femme et nous permet de faire des liens avec notre propre vie et le laisser-aller dans lequel nous pouvons nous perdre et perdre notre couple.

Un roman brillant, avec des émotions très justes et qui traduisent la réalité de cette femme encore jeune et remplie de désirs, emprisonnée dans un corps qui l’isole et l’empêche de vivre. L’auteure s’est gardée d’entrer dans les clichés, ce que l’on apprécie.

Un livre qui se dévore. Seul bémol, la fin trop prévisible, où c’est peut-être que j’espérais une autre fin que celle-là.

Karin Boyer


1 commentaire:

  1. Ce livre est magnifique! Que du bonheur même si la prémisse de départ est un peu triste.

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