vendredi 30 novembre 2012

Une lecture pour aller avec les bulles des Fêtes!

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Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Nadia Lakhdari King est l’auteure de plusieurs romans, dont la trilogie Éléonore.
L’an dernier, elle nous avait présenté N’oublie pas mon petit soulier! En voici en quelque sorte la suite, quoi qu’il puisse se lire indépendamment du premier.

Ce récit à cinq voix, soit celles d’Isa, d’Émilie, de Seb, de Charles et de Florence reprend une semaine où nous avions laissé les personnages dans le livre précédent. Cette fois-ci, les fêtes qui seront à l’honneur sont, bien sûr, le réveillon du jour de l’An et la Saint-Valentin, puis Pâques. Ces rassemblements festifs sont toujours propices à des situations de toutes sortes.

Dans la pure tradition de la chick lit, l’histoire tourne autour de jeunes femmes ambitieuses, légèrement orgueilleuses, en quête de perfection dans un ou plusieurs domaines. Alors qu’Émilie était le personnage principal du livre précédent, ici, c’est son amie Isa qui prend un peu plus de place, quoiqu’Émilie ne soit vraiment jamais très loin.

Émilie, toujours très amoureuse de son beau Charles, organise la Fête de fin d’année chez elle. Isa, sa meilleure amie célibataire fraîchement revenue d’un séjour au Mexique, s’y rend en espérant trouver un beau célibataire à embrasser à minuit. La pauvre sera déçue de constater que la majorité des invités sont en couple. Sauf elle, Seb, l’autre meilleur ami d’Émilie qu’Isa n’aime pas beaucoup, Sandrine, sa collègue qui est d’une plastique éblouissante et, oh! Surprise! Un copain d’enfance pour qui Isa en pinçait à l’époque, le séduisant David. Ça commence bien, Isa passe la soirée à parler à David et Seb à Sandrine. Malheureusement, revirement de situation, ces couples de fortune ne termineront pas les festivités ensemble.

Puis, il y a la Saint-Valentin. Ce jour n’est pas seulement la fête des amoureux, mais c’est l’anniversaire d’Émilie et celui de sa rencontre avec Charles. Les deux se retrouvent dans une recherche du plus beau et plus grand cadeau à offrir à l’autre. Mais pas trop gros! Il ne faut pas l’effrayer! Cette quête entraîne des situations loufoques où la surenchère de générosité et d’argent dépensé est absolument phénoménale! Ajoutés à cela des changements et de nouveaux défis dans la vie professionnelle des deux filles, où l’on a droit à des exemples typiques de compétition féminine.

Un rythme soutenu, une plume de qualité, fluide et claire, ainsi que des revirements dont on voit certains venir, font que ce livre se lit en un après-midi. Il est très intéressant d’avoir donné la voix (à la première personne) à deux hommes. C’est un phénomène que l’on retrouve rarement dans ce genre littéraire. La narration à cinq voix est aisée à suivre, ce qui n’est pas un exploit facile à réaliser. Il y a quelques brefs instants où la différence de ton entre les protagonistes n’est pas assez marquée. Toutefois, ce n’est rien de dramatique et n’enlève rien au plaisir de lecture.

Je vois la vie en rose est une comédie romantique pétillante comme un bon champagne. Elle saura plaire aux amatrices du genre. Avec les vacances des Fêtes dans moins d’un mois, ce livre arrive au bon moment. Rien de mieux pour se remettre d’une soirée où les excès ont été nombreux. En plus, en annexe on a un petit cadeau, des recettes de cocktails et de moelleux au chocolat, concoctées spécialement par Fanny Gauthier, copropriétaire d’Atelier & saveurs.

À consommer sans modération !

Je vois la vie en rose
Nadia Lakhdari King
Les Éditions Goélette
Papier : 16,95 $
Numérique : 10,95 $

jeudi 29 novembre 2012

XXL : De la distorsion dans le regard

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Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Carmen est une adolescente anglaise de 14 ans. Elle aime jouer avec des consoles vidéo, s’habiller en survêtement et manger des friandises et du Mc Do. Une adolescente normale, quoi! Cependant, sa mère, Maria, est obsédée par les régimes. Au début, ça semble lourd, mais petit à petit, on se rend compte que c’est majeur et maladif. Elle harcèle constamment Carmen sur son poids et son alimentation, puis on réalise que Maria souffre d’anorexie au point où elle sort d’un séjour à l’hôpital. Pour elle, tout se résume à la maigreur et à l’image. C’est le seul moyen de réussir, d’avoir de l’attention, d’être respectée, de se considérer. Elle tente de convaincre sa fille de se mettre au régime, tout comme elle, sinon elle ne sera pas heureuse. Bien sûr, ça crée d’énormes tensions entre elles, sans compter celles particulières à l’adolescence et la nécessité de se différencier de sa mère pour forger sa propre identité.

D’autre part, il y a Brian, le père adoptif de la jeune fille. Il est un peu son allié et lui refile de la nourriture (principalement des aliments interdits par Maria). Il l’adore comme si c’était sa fille biologique et ne souhaite pas la voir prendre le même chemin que sa femme, qu’il essaie tant bien que mal de ramener à la raison. Car, bien sûr, l’anorexie est un trouble alimentaire classé comme étant une maladie mentale. On est donc en territoire très dramatique.

Appréciant peu ce qu’elle conçoit comme des tentatives de corrompre sa fille, ainsi que la surveillance affectueuse qu’il lui offre, le désignant comme responsable de l’état de sas vie professionnelle, Maria décide de quitter Brian pendant qu’il est en voyage d’affaires. Elles emménagent à Birmingham, où Carmen ne veut pas se rendre, mais a été incapable de convaincre sa mère de la laisser avec son père. C’est donc à reculons qu’elle suit Maria en ville dans un appartement douteux et un quartier minable. En changeant d’école, Carmen, soucieuse d’être acceptée, se met à railler les autres filles, plus particulièrement à intimider une étudiante obèse. Ne voulant pas se faire traiter de la sorte et ayant été approchée par Paisley et Maxine, sans compter que  se poursuit toujours le harcèlement de sa mère, qui tient le réfrigérateur vide (on est ici dans la négligence d’enfant), elle tombera elle aussi dans le piège des troubles alimentaires. Alors que Maria est anorexie, Carmen donnera plus dans les crises de boulimie, suivies de périodes d’anorexie. À ce moment, la relation entre la mère et la fille devienne un peu moins tendue, puisque Carmen perd du poids et semble enfin s’être ralliée au bon côté.

Malheureusement, Brian n’étant plus là pour le faire, personne n’est présent pour la raisonner et Maria sombre de plus en plus dans la pathologie. Il est important de dire que l’anorexie et la boulimie sont des maladies mentales, avec des symptômes et des conséquences physiologiques graves pouvant mener jusqu’à la mort. C’est une affection par laquelle la personne tente de reprendre le contrôle qu’elle croit avoir perdu sur sa vie, notamment. En proie à de grandes anxiétés, Maria développe de la paranoïa, ce qui n’est pas rare dans de tels cas. Carmen doit chercher de l’aide et sauver sa mère, qui arrive très mal en point à l’hôpital. Certains de ses organes ont souffert de la privation de nourriture. Quant à l’état de santé de Carmen à la fin de l’histoire, on ne sait pas tout à fait où elle en est.

XXL est un excellent livre pour adolescentes qui s’adresse à elles dans leur langage. Il aborde leurs préoccupations et l’extrême pression par les pairs ainsi que par la société pour être conforme aux normes sociales, et ainsi être accepté. Il souligne que l’image de la femme qui est proposée par la majorité des médias est si inaccessible et incompatible avec la santé. Le risque de se retrouver, éventuellement, dans un monde avec des gens en surpoids et les autres en sous-poids est bien plausible.

Ces sujets sont toujours traités avec beaucoup de sensibilité, ce qui est judicieux les réalités dont il est question sont dures. Par contre, il est important de briser le silence autour de cette problématique qui prend de l’ampleur à travers le monde.

Une histoire touchante, mais qui se lit très bien à cause de choix judicieux de l’auteur quant à la façon d'aborder le sujet. Il y a quelques touches d'humour et des passages plus légers qui permettent aux lectrices de d'apprécier l'étendue de ce que l'auteur cherche à transmettre. Toute jeune fille devrait avoir ce livre en main. Et à quand un livre sur la réalité anorexique des garçons, car elle existe et elle aussi est en croissance?

mercredi 28 novembre 2012

De beaux albums chez Scholastic


Par Anaëlle Saulnier

L’orignal qui avait la frousse
Nicholas Oldland
Éditions Scholastic
9,99 $

L’auteur et illustrateur, Nicholas Oldland, imagine la vie d’un orignal qui a peur de tout. A force de regarder ses amis, le castor et l’ours, rire et s’amuser comme des fous, il finit par se demander s’il ne manque pas quelque chose. Ne pourrait-il pas changer ? Un jour, il se jette à l’eau et part à l’aventure sur un voilier. Cette expédition va le transformer.

Cette fable rigolote est une invitation à profiter pleinement de la vie et de ses amis. L’auteur aborde avec  beaucoup d’humour le thème des peurs personnelles et montre qu’il est possible de les surmonter. Autre point amusant, le récit fait des clins d’œil aux aventures de Robinson Crusoé : l’orignal échoue sur une île déserte et rencontre une amie tortue prénommée Mardi.

Pour prolonger le plaisir, on peut d’ailleurs retrouver ces personnages attachants dans deux autres albums : L’ours qui aimait les arbres, Le castor qui travaillait trop fort.




J’ai tout un livre pour toi
Mélanie Watt

Éditions Scholastic
9,99 $

Dans cet album original et loufoque, Mélanie Watt nous présente son meilleur vendeur. M. Al Lereuzé vit pour satisfaire ses clients. Parmi ces meilleurs coups, on trouve par exemple la vente d’un frigo à un pingouin pour qu’il soit toujours au frais. Son but aujourd’hui : nous vendre un exemplaire de ce livre. Prêt à tout pour nous convaincre, il utilise tous les ficelles du métier : arguments de choc, flatteries,  promotions, suggestions de recyclage etc.  Saurez-vous profiter de cette aubaine pour les fêtes ?

Ce livre parodie, de manière très amusante, les publicités et les émissions de téléachat. Il fera rire les plus petits qui apprécieront l’interaction avec le héros et les plus grands qui ont tous rencontré un Al Lereuzé dans leur vie. 

mardi 27 novembre 2012

Les bonnes personnes de Véronique Papineau

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Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


Charlotte et Paul sont voisins de siège sur le vol Londres-Montréal. Il est violoncelliste dans un quatuor. Elle est (sans grand étonnement) professeure de littérature dans un Cégep. Il habite Québec, elle, Montréal. Elle est célibataire, lui marié et père. Qu’importe, ils entament une liaison et se voient lorsque la formation musicale de Paul joue en ville. Elle espère qu'il quitte sa femme, il n'en fait rien.

Quand tout se termine entre Charlotte et Paul, ce dernier tente de se réinvestir dans sa vie familiale et Charlotte commence à fréquenter un collègue de travail. Ce qu’elle éprouve pour Lecocq n’a rien à voir avec ce qu’elle ressentait pour Paul. On est loin des papillons dans le ventre. En effet, ils sont somme toute tièdes. Elle se dit que peut-être que c’est ça l’amour ou, à tout le moins, la relation confortable qui pourrait durer. Son nouveau copain est si épris d’elle, si présent qu’elle persiste, espérant croyant que ses sentiments se développeront. Malheureusement, l’empressement de Lecocq s’étiole rapidement. Les pressions de ses responsabilités au travail taxent ses ressources, il devient de moins en moins disponible et de plus en plus désagréable. Est-ce une mauvaise passe? La compréhension et l’oubli de soi de Charlotte en viendront-ils à bout? Paul et Charlotte arriveront-ils à trouver une vie confortable chacun de leur côté?

L’infidélité, la trahison, la rupture et la quête amoureuse ne sont certes pas des sujets nouveaux en littérature. Sans réinventer le genre, Véronique Papineau nous les présente de façon agréable, y allant des perspectives de chacun des protagonistes. Le fait que la narration est partagée entre la troisième personne et la première personne, selon qu’il s’agisse du point de vue de Charlotte ou de Paul. L’auteure a judicieusement choisi de relater le vécu de Paul au « je », ce qui fait que l’on s’attache plus à lui qu’on ne le ferait si l’histoire de cet homme adultère était rapporté à la troisième personne.

Le récit fait des aller-retour entre le présent et le passé, pour compléter le tableau. Cela a généralement un effet bénéfique, sauf qu’il arrive des moments où l’on a de la difficulté à se situer dans le temps.

Hormis cela, les personnages sont bien construits et crédibles. Charlotte est une éternelle insatisfaite. On soupçonne une peur de l’engagement sous-jacente à ses décisions amoureux, puisqu’elle s’entiche ordinairement d’hommes indisponibles. Pour ce qui est de Paul, il est au départ un peu mystérieux. On sent bien qu’il est torturé entre sa famille et son lien avec Charlotte, mais on ne sait pas pourquoi cette ambivalence est si profonde. Au fur et à mesure que l’on connaît son passé, on comprend mieux la nature de son déchirement et de ses choix. Quant à Lecocq, sa psychologie nous apparaît rapidement dans toute sa complexité.

Un roman qui, sans passer à l'histoire, offre un bon moment de lecture.


Les bonnes personnes
Véronique Papineau
Les Éditions du Boréal
Papier : 22,95 $ / 17 €
Numérique : 16,99 $

lundi 26 novembre 2012

Gargouille 12 : folle incursion dans le passé


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Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

La vague de nostalgie qui déferle sur le Québec n’a pas épargné Gargouille, dont le douzième album porte le titre de Rodéo Rétro.

On retrouve le sympathique et naïf Gargouille, son optimiste épouse Zig Zag, Fouineux, leur fils de 9 ans et Rita, leur vieille fille de voisine, toujours à bougonner. Lors d’une « soirée cinéma » qu’il organise chez lui, Gargouille présente une fameuse vidéo maison, comme on en a tous. Le visionnement n’est pas seulement ennuyeux, mais la qualité des images est médiocre. Tout est embrouillé et la bande se retrouve avec un mal de tête. Pour se soulager, ils prennent tous des acétaminophènes vieux de quelques décennies qui se trouvaient dans la boîte du jeu Widja que Fouineux a dégoté dans le grenier. C’est qu’a lieu un phénomène étrange et les voisins se retrouvent pris dans les années 60 et 80. Comment réussiront-ils à revenir à la bonne époque?

Dans leur périple, ils croiseront des symboles marquants de ces époques : du dessin animé Les Jetsons à Jean Béliveau, en passant par les 33 tours, les tapis en Phentex, Batman et Robin, pour les années soixante. D’E.T. l’extra-terrestre aux discothèques, sans oublier les permanentes et les épaulettes. Les plus jeunes découvriront ces époques alors que les adultes souriront devant ses souvenirs. Un très bon divertissement.

Tristan Demers signe les BD Gargouille depuis près de 30 ans. L’illustrateur est également à l’origine de Cosmos Café, Salto la petite grenouille ainsi que Tintin et le Québec.

Gargouille 12, RODÉO RÉTRO
Tristan Demers
Boomerang Éditeur
16,95 $