samedi 29 septembre 2012

Dans la boîte aux lettres cette semaine !


Encore de très belles lectures en perspective! Comme vous pouvez le constater, on aime la variété! Il y en a pour tous les goûts. 



L'Épivardé de Guy Lalancette chez les Éditions de l'Hexagone

Point d'équilibre - Nouvelles de Mélissa Verreault chez La Peuplade

Le jardin de ton enfance de Francine Noël chez Leméac

Anima de Wajdi Mouawad chez Leméac / Actes Sud

Hollywood de Marc Séguin chez Leméac



 La sage-femme de Venise de Roberta Rich chez la courte échelle

Le géant Beaupré de Marjolaine Bouchard chez les Éditeurs Réunis

La vie épicée de Charlotte Lavigne, tome 3 - Cabernet sauvignon et shortcake aux fraises de Nathalie Roy chez Libre Expression



La vie compliquée de Léa Olivier, tome 3 - Chantage  
L'ABC des filles - Édition spéciale, tous deux de Catherine Girard chez Les Malins

Les idées folles de Rebecca de Nadine Descheneaux chez Boomerang

Laisse-moi t'expliquer... l'autisme de Stéphanie Deslauriers aux Éditions Midi Trente


Bon weekend! 

vendredi 28 septembre 2012

Les doigts croisés

Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


Les doigts croisés, c’est un chauffeur de corbillard intensément amoureux de la vie et follement épris de Suzie, cette femme dont les courbes le rendent fou, au point qu’il les photographie sans cesse. C’est le quotidien, la lumière, l’espoir, la mort. C’est l’histoire d’un homme qui profite de chaque instant, sans se presser, le présent est tout ce qui existe. Pourquoi s’inquièterait-il de la mort, puisqu’elle viendra un jour, inévitablement? En attendant, il y a l’amour. L’ivresse du sentiment. Jusqu’à ce que…

À la lecture des premières pages du roman, on se dit «Wow! Ce gars est d’un optimisme inébranlable»! Quelle bouffée de fraîcheur dans le cynisme ambiant! En effet, l’homme qui se définit comme « anthropologue de l’âme », est un grand passionné. De la vie et de Suzie. Adepte de l’idéologie : « La mort fait partie de la vie, pourquoi la combattre ? », il prend le temps de profiter de chaque moment, d’aimer à fond plutôt que de se dépêcher à vivre le plus de choses, le plus rapidement possible, car, sait-on jamais, peut-être que demain sera son tour. Le tout donne lieu à des passages poétiques et philosophiques où le discours gravite autour de la notion temporelle. Comment file-t-il ou pas, à quoi l’emploie-t-on, pourquoi court-on après?

Jocelyn Lanouette a un sens de l’humour particulier, jouant avec les mots. Son écriture est soignée, à la fois sympathique et touchante où le plus important se situe dans les silences. On découvre, au fil de ses activités quotidiennes, son amour profond, intarissable pour Suzie. Ce lien si puissant qui n’a rien à voir avec la dépendance, mais qui est le fruit d’une attirance viscérale pour un autre individu. L’amour dans sa plus pure expression.

Quelle surprise que ce délicieux roman! Une éloquente illustration du fait que, quoi que l’on fasse, quelle que soit la façon dont on choisit de mener notre existence, la conclusion en est la même. Un de mes titres préférés cet automne.


Les doigts croisés
Jocelyn Lanouette
XYZ Éditeur
Papier : 20 $
Numérique : 14,99 $

jeudi 27 septembre 2012

Les héros, ça s'trompe jamais : un roman-feuilleton de Marie Potvin


Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Marie Potvin nous présente un mélange de soap américain et de Harlequin modernisé et québécisé. Un vrai roman d’amour.

Les héros, ça s’trompe jamais ! C’est l’histoire des trois frères Grondin et des femmes qui les entourent. L’ainé, Maxime c’est le mec parfait, un beau brun ténébreux, copropriétaire d’une florissante entreprise, attentionné, etc. Le genre qui n’a jamais voulu s’engager sérieusement. Ça, c’est avant d’être frappé par un coup de foudre. Malgré ses efforts pour y résister, il devient gaga devant la ravissante Bernise. Celle-ci, sensible à son charme, lutte toutefois pour ne pas succomber à ses avances, refusant de croire qu’il puisse s’intéresser à elle, qu’il a laissé tomber sa recherche de conquêtes. Obnubilée par ses anciennes blessures, la belle mettra l’attirance de Max à rude épreuve.

Il y a ensuite Philippe, veuf et père monoparental de la jeune Dorothée. Centré sur son travail et sa fille, il a peu de place pour le plaisir et l’amour depuis que sa femme est décédée. Il ne paraît pas prêt à tenter l’aventure du couple à nouveau. À moins que…


Finalement, il y a Sylvain, le cadet des frères, qui est aussi le plus vulnérable. Il est marié et semble avoir une vie parfaite. Jusqu’à ce qu’il tombe amoureux d’une nouvelle employée. Lui retournera-t-elle ses sentiments?

Pour l’originalité du schéma de fond, on en convient, on repassera! Et l’auteure le sait très bien. Cependant, pour les amatrices de roman d’amour, c’est une série à ne pas rater. Le format court est fort agréable. Il a le bénéfice de nous faire vivre un épisode de la vie des personnages. Tel un feuilleton télé, on y va à petite dose. En ces temps où tout roule vite, la formule est gagnante. Puis rien n’empêche de se taper les six les uns à la suite des autres. Et c’est souvent ce que l’on finit par faire, puisque l’auteure nous laisse sur un suspense à la fin de chaque livre. Tout à fait comme dans les soaps. Et ça marche, on est curieux de savoir ce qui va arriver ensuite!


Je ne suis généralement pas friande de Harlequins, quoique j’avoue et assume en avoir lu dans ma jeunesse. Je ne suis pas une adepte de films de filles, de romantisme, et tout le tralala. Cependant, Marie Potvin a réussi à susciter mon intérêt. Au fur et à mesure que les épisodes se succédaient, j’étais de plus en plus accrochée. De plus, on sent la progression dans l’écriture de l’auteure. Elle la peaufine d’histoire en histoire, pour arriver à une fluidité agréable.


Résolument québécois, près de nous. Tant dans ses références que dans sa langue, la série Les héros, ça s’trompe jamais plaira assurément aux amatrices de littérature romantique.

Les héros, ça s’trompe jamais
Marie Potvin
NumerikLivre
Premier épisode gratuit
1,99$ ou 0,99 € par épisode




mercredi 26 septembre 2012

Je me souviens : La troisième enquête de Victor Lessard


Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Deux cadavres découverts l’un après l’autre. Un itinérant se suicide en sautant dans le vide après avoir laissé derrière lui deux portefeuilles. Pas n’importe lesquels. Ils appartiennent aux deux premières victimes de meurtre de l’enquête de Lessard et Taillon. Ainsi démarre l’intrigue fort complexe qui relie cet itinérant, le FLQ et les enlèvements de James Richard Cross et de Pierre Laporte, un complot pour assassiner le président Kennedy et des expériences menées par la CIA dans les années ‘60 à l’Université McGill sur la mémoire humaine et comment l’effacer. Gros programme!

La rédaction en très courts chapitres permet de dynamiser le texte. Ma réserve principale, c’est la longueur de l’histoire. Toutefois, son rythme, sans être effréné, est constant. Il est difficile de faire enlevant sur 640 pages, quand même! Bien sûr, une intrigue comportant ce niveau de complexité ne se développe pas en 200 pages. Mais il y a tout de même quelques petites longueurs, notamment, le passage du party de Noël. Hormis cela, je dois dire que la plume de Michaud est acérée, chaque mot pesé. Il prend bien le temps de placer ses personnages et les éléments de l’intrigue. La grande force de Martin Michaud la construction des personnages. Ses analyses psychologiques sont poussées, de sorte que l’on s’accroche encore plus à l’histoire. Autre qualité, son sens du synchronisme. Les indices sont dévoilés au bon endroit, au bon moment, par la bonne personne.

Dans cette nouvelle enquête de Victor Lessard, l’auteur évoque le besoin de la société québécoise de définir et d’asseoir son identité. Un sujet qui, ma foi, est d’une importance imminente et particulièrement pertinent en ce moment. Plusieurs personnages doivent également trouver la réponse à cette question “Qui suis-je?” La lecture peut être l’occasion de se poser cette même question, pour soi-même ainsi que pour la société dans laquelle on vit.

Un opus qui confirme la place de Martin Michaud au sommet des auteurs de polars québécois.

Je me souviens
Martin Michaud
Les Éditions Géolette
26,95 $

mardi 25 septembre 2012

Sur mesure de Catherine Mackenzie


Par Laila Héloua

Anne Blythe - oui, oui comme Anne, la maison aux pignons verts - est une journaliste et future auteure qui accumule les mauvaises expériences sentimentales. Dans le début de la trentaine, elle réalise que les célibataires les plus endurcis qui gravitent dans son entourage se marient.

Elle trouve, par hasard, une carte de visite d’une entreprise possédant le même nom qu’elle, Blythe. Il s’agit d’une agence de rencontre. En fait, c’est ce dont elle présume. Une fois dans leurs bureaux, elle apprend qu’il est plutôt question de mariages arrangés. Après tout, l’amour n’existe probablement pas, autant se dégoter une relation basée sur la camaraderie. Elle décide de plonger, pour le meilleur et pour le pire. Comment va réagir sa mère qui vit dans un monde « parallèle », sa meilleure amie terre à terre?

Sur mesure est une comédie romantique avec plusieurs rebondissements. Le personnage du mari, Jack, est intrigant. Il est trop gentil, trop doux. On cherche la faille. Est-ce qu’il en a une?

Catherine Mackenzie a certainement eu beaucoup de plaisir à faire vivre toutes sortes de péripéties à son héroïne qui est belle, intelligente et dont la carrière avance bien. Ce roman, qui a comme thème une pratique qui est plus répandue qu’on ne le croit; les mariages arrangés, nous laissent sur notre faim. Le traitement du sujet est très superficiel. L’auteure ne cherche pas à  expliquer quoi que ce soit, toutefois cette comédie romantique pure sert de bon divertissement.

Traduction : Sophie Bérubé.

Sur mesure
MCKENZIE, CATHERINE
GOELETTE 
Papier : 26,95 $
Numérique : 18,95 $