jeudi 30 août 2012

De la philosophie applicable tous les jours, pour retrouver l'espoir


Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

En janvier dernier, John White décédait d’un cancer du cerveau. À l’annonce du diagnostic, en septembre 2010, l’homme qui fut professeur de philosophie pendant 40 ans a décidé de faire un ultime legs.

Interloqué par la montée récente de la violence, du désespoir et de la haine, le philosophe désirait apporter des réponses à ceux qui se trouvent affligés par leur penchant à se laisser aller au négativisme. Conscient qu’il était condamné, John White a entrepris d’écrire Volontairement bon, un livre d’une infinie sagesse qui appelle à faire un effort intentionnel (tel que le sous-entend le titre) pour modifier nos schèmes de pensée afin de retrouver la joie. Et, qui sait, peut-être même être heureux.

L’être humain a généralement tendance à voir le verre à moitié vide, plutôt qu’à moitié plein. Soyons honnêtes, lorsque quelqu’un réussit mieux que nous, notre réaction première est de le jalouser, de le critiquer, de lui en vouloir de son succès, etc. Or, focaliser sur les aspects négatifs est un frein à notre bonheur.

Fruit de ses années d’études et d’enseignement de la philosophie, Volontairement bon recèle d’exemples concrets auxquels on peut s’identifier. L’auteur décrit avec simplicité et clarté les pensées et réflexes malsains. Il les décortique ainsi que leurs conséquences tout en proposant « un remède », comme il le dit si bien, à ce mal qui nous étreint. On est heureux de constater qu’il n’offre pas de formules compliquées. Nul besoin de passer des heures chez le psy. Bien sûr, ce n’est pas une solution miracle qui règle tous vos problèmes, cependant, c’est un bon début. Il suffit parfois de si peu de chose pour améliorer sa situation. C’est ce qui se dégage de cet ouvrage. Une bouffée de fraîcheur pleine de bon sens!

Les enfants de John White, qui ont menés à terme le projet de leur père, ont de quoi être fiers. Volontairement bon est pertinent et inspirant. C’est une lecture positive, à la portée de tous, qui a le bénéfice de redonner espoir. À avoir sur votre table de chevet.

John White devait être un homme très bon. J’aurais aimé discuter avec lui.

Mon appréciation : ****

Volontairement bon
John White
Éditions Publistar
Papier 22,95 $

mercredi 29 août 2012

Un premier roman émouvant pour Mélanie Renaud


Par Anaëlle Saulnier

Le narrateur du récit, Guillaume, âgé de quatorze ans, traverse une période délicate. En pleine adolescence, période charnière de la vie, il doit faire face à deux difficultés. D’abord, son père, policier, a disparu depuis plusieurs mois. Champion de tennis, son monde s’écroule ensuite lorsqu’après une crise aigüe de maux de ventre déclarée sur le court, il découvre qu’il souffre d’une maladie des intestins. Ces bouleversements perturbent fortement Guillaume. Il se réfugie dans l’écriture, mettre des mots sur ce qu’il endure le soulage. Il n’est pas seul, famille et amis sont là pour l’épauler dans cette épreuve. Lors d’une balade, il rencontre Sande, élève d’une école de cirque. La découverte de ce nouvel univers est l’occasion de se lancer de nouveaux défis. Surtout, la rencontre avec Emma, atteinte de leucémie, lui permet de relativiser. Lorsque son père cherche à communiquer avec lui, en envoyant des morceaux de casse-têtes, ses nouveaux amis l’aident à mener l’enquête.

En mêlant drame et poésie, Mélanie Renaud livre un premier roman très émouvant. Le lecteur plonge au cœur des sentiments, des réflexions, d’un adolescent confronté à la maladie. Profondément optimiste tout en restant réaliste, ce récit traite de la construction personnelle et  fait l’éloge de la détermination. Face aux obstacles, quels qu’ils soient, il est toujours possible de rebondir, de se réinventer. Un seul petit bémol à apporter, les tentatives des adolescents pour décoder le sens du casse-tête sont parfois confuses.

Appréciation : ***

Je m'appelerai Shon
Mélanie Renaud
La courte échelle
Papier : 14,95 $
Numérique : 10,99 $

mardi 28 août 2012

Un essai passionné sur l'indépendance du Québec


Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Sous la direction de Catherine Fillion-Lauzière, avocate spécialisée en droit international et en politique internationale, vingt-huit citoyens de la belle province, pour qui l’indépendance du Québec est le moyen de gagner cette lutte pour préserver la culture et la langue qui nous différencient du reste du pays, signent cet essai.

Nous vivons certes une période d’instabilité politique, économique, bref, sociale. Qu’il soit question de constitution canadienne, d’impôts, de taxes, de corruption, de crise économique ou d’augmentation des frais de scolarité, depuis des années, des insatisfactions se font sentir. Les Québécois s’interrogent sur leur avenir. La nécessité d’un changement pour améliorer la situation est une évidence pour la population entière. Une des avenues considérées par certains est de réaliser l’indépendance du Québec.

Ralliés autour de ce thème, les vingt-huit Québécois, artistes, politiques et citoyens expriment leur vision de l’indépendance à travers des textes très différents. On y trouve des écrits très touchants alors que d’autres nous font sourire. Puis il y a ceux qui nous présentent des argumentaires, ma foi, assez pertinents.

Plusieurs font le rapprochement entre le Québec dans le Canada comme le cheminement d’un individu qui doit un jour devenir adulte, laisser ses parents et s’assumer. D’ailleurs, la notion « d’assumer qui nous sommes » est comme un leitmotiv. D’autre part, on sent dans plusieurs extraits le ras-le-bol du statu quo, qu’on nous exhorte à quitter.  

Notre indépendance fait réfléchir tant du point de vue social que sur le plan personnel. L’ensemble est plus riche que je ne l’aurais cru au départ. La diversité assure une complémentarité, tant dans l’essai que dans la société, comme certains le soulignent. L’amalgame entre les analyses politiques, sociologiques et les textes littéraires aurait pu être malheureux. On aurait pu se sentir perdu. Cependant, ce n’est pas du tout l’effet que provoqué. L’alternance permet de digérer, de cogiter à tout cela. D’ailleurs, ce n’est pas le type d’ouvrage que l’on gagne à lire d’une traite. Il est préférable d’y aller un à la fois, tranquillement.

La sortie de ce livre tombe à point, en cette période électorale. Il s’agit bien sûr d’un essai partisan, toutefois, quelles que soient nos convictions ou allégeances politiques, la lecture est digne d’intérêt et ne laisse personne indifférent. La passion qui s’en dégage est inspirante.


Auteurs : Yann Perreau, Emmanuel Bilodeau, Geneviève Rochette, Ghislain Taschereau, Guillaume Wagner, Serge Bonin, Maxime Le Flaguais, Hubert Lemire, Catherine Dorion, David Goudreault, Nic Payne, Amélie Prévost. Louise Beaudoin, Françoise David, Emilie Guimond-Bélanger, Maria Mourani, Jean-Martin Aussant, Maka Kotto, Pierre Curzi.: Joannie Dupuis, Jonathan Thuot, Tania Longpré, Justine Patenaude, Yanek Lauzière-Fillion, Kathleen Gurrie, Simon-Pierre Savard-Tremblay,Robert McKenzie.


Appréciation : *** 1/2 

Notre indépendance
Collectif sous la direction 
de Catherine Fillion-Lauzière
Stanké
Papier : 24, 95 $
Numérique : 17,99 $

dimanche 26 août 2012

Dans la boîte aux lettres cette semaine

La rentrée littéraire démarre sur les chapeaux de roues! Nos très appréciés partenaires nous ont fait parvenir une myriade de nouveautés. Tout le monde y trouvera son compte, j'en suis convaincue. 

Les enfants lumière de Serge Lamothe

Les frères Sisters de Patrick de Witt

La ballade des adieux de Lori Lansens

tous trois chez Alto



Le guide de l'auto 2013 de Denis DuquetGabriel GélinasMarc Lachapelle, Les Éditions de L'Homme

Le grand Druide des cooccurrences
Collectif, chez Druide Éditions

Mes mathématiques jeunesse primaire, Collectif, Les Éditions CEC

Dictionnaire jeunesse primaire,Collectif,Les Éditions CEC




 Réanimation de Cécile Gilbert, chez Grasset

La fille qui n'existait pas de Denis Thériault, 
chez Les Éditions XYZ

Le juste retour des choses de David Gilmour, chez Leméac  

 Javotte de Simon Boulerice, chez Leméac 

Minuscule de Andrew Kaufman, chez Alto

Mensonges d'été de Bernhard Schlink chez Gallimard

Lettre à mon enfant, Collectif chez les Éditions de Mortagne


Parmi ces titres, lesquels vous tentent?

jeudi 23 août 2012

Les brèves de la littérature


Crédit photo :
Festival International de Littérature
- FIL
Le Festival International de Littérature (FIL) célèbre cette année ses 18 ans. Majeur et vacciné, il offrira du 21 au 29 septembre prochain, de quoi sustenter les plus voraces appétits, ainsi que les plus fins gourmets.


Dévoilée le 22 août au Lion d’Or lors d’une conférence de presse haute en couleur, la programmation du FIL recèle d’activités mêlant la musique, la poésie, les lectures, pour ne nommer que celles-là.

Les bruits du monde un événement alliant littérature et musique avec des écrivains et des artistes de toutes origines – québécoise, Innu, française,  haïtienne, algérienne – donnera le coup d’envoi du Festival qui se veut résolument créatif, sortant des sentiers battus.

La programmation, si variée que les amateurs seront dans l’embarras du choix, prévoit une soirée fort intéressante où l’on retrouvera Jean-Louis Trintignant qui offrira un hommage aux poètes Vian, Prévert et Desnos. Ajoutez à cela Les Chambres littéraires au Quartier des spectacles, un village dédié à la littérature en plein cœur du Centre-ville; le retour de Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent où vingt convives se livreront à la poésie et à l’inspiration de la soirée. Des rendez-vous quotidiens gratuits permettront à tous d’apprécier la littérature dans toute son étendue.
Pour plus d’information, nous vous invitons à visiter le site du FIL : http://www.festival-fil.qc.ca/2012/



mercredi 22 août 2012

Un polar sur fond d'intolérance, de passion et de vengeance


Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse Boulimique

La onzième enquête de Maud Graham s’ouvre sur la mort d’un éminent homme d’affaires du Québec, Bernard Saucier. Celui-ci a été retrouvé mort abattu chez lui, après une soirée bien arrosée. Bien sûr, un si grand homme d’affaires n’est pas sans de nombreux ennemis. C’est bien là que cela se corse. Graham et ses collègues ont tant de pistes à suivre que c’est presque comme s’ils n’en avaient aucune, ce qui donne du fil à retordre à Graham.

Leurs recherches les mènent rapidement au passé de Saucier, plus particulièrement trente années avant le meurtre alors qu’il travaillait dans un chantier avec de nombreux hommes.  Graham découvre que trois des hommes de la bande de Saucier ont également été assassinés, à la même date, à dix ans d’intervalle. Ce qu’ils apprendront les laissera pantois.

Dans ce polar bien ficelé, Chrystine Broullet évoque le phénomène de bande, l’esprit de groupe dans ce qu’il a de négatif. C’est-à-dire l’intimidation, l’esprit de vengeance, la passion, la haine, la peur de la différence, plus spécifiquement l’homophobie et le racisme. Bref, l’intolérance et l’effet d’entraînement que peut avoir un meneur sur les autres membres du groupe.

Toujours géniale, Maud Graham se base sur une solide expérience qui lui permet, après un travail ardu, de trouver le coupable. Encore une fois, son sens de l’observation et sa très grande intuition seront au service de grand nombre d’intrigues, finement enchevêtrées. Certaines se dénouant pour laisser place à d’autres qui se nouent à leur tour. Malgré la complexité des intrigues et le rythme généralement soutenu, hormis pour quelques passages permettant de voir l’aspect humain de l’enquêtrice, le récit est facile à suivre et donc prenant.

L’auteure, au sommet de son art, agrémente le roman, comme elle en a l’habitude, de recommandations de mets et de vin, ce qui rend l’histoire encore plus réelle dans l’imaginaire du lecteur, tout en lui filant des tuyaux. C’est d’ailleurs en cours de lecture que j’ai appris comment faire infuser un thé à l’eau froide!

En somme, c’est une lecture comme je les aime. Une histoire solide, un intrigue serrée, des personnages avec du corps, un rythme qui ne permet pas de sombrer dans l’ennui et un peu de culture générale. Tout à fait génial.

Mon appréciation : **** ½ 

La chasse est ouverte
Chrystine Brouillet
La courte échelle
Papier : 24,95 $
Numérique : 16,99 $