vendredi 27 juillet 2012

Livresquement boulimique accueille une nouvelle collaboratrice


Vous avez été nombreux à répondre à notre appel de candidature pour collaborer avec nous à la section littérature jeunesse du blogue. Nous vous remercions tous très sincèrement. Après une analyse des candidatures, toutes plus intéressantes les unes que les autres, nous sommes fiers de vous présenter Anaëlle Saulnier, notre nouvelle collaboratrice. Diplômée en  Communication, elle est spécialisée en édition. Elle a eu l'occasion de travailler auprès des jeunes enfants, ce qui lui a permis de confirmer son intérêt pour la littérature jeunesse. Après avoir occupé les fonctions d'attachée de presse chez Bayard Editions, elle a quitté la France en mai 2012 pour de nouveaux horizons au Québec. 

Vous pourrez lire sa première critique dès le début septembre.

Bienvenue Anaëlle ! 


jeudi 26 juillet 2012

Les champions de l'amour


Dans un petit roman qui ne paie pas de mine, Michèle Bazin explore les rouages de la prostitution.

Jessica a 17 ans et elle est une adolescente comme tant d’autres. Ses relations avec sa sœur, plus âgée, ainsi qu’avec sa mère sont tendues. Elles ne voient pas les choses de la même façon. Elles se chamaillent, se crêpent le chignon. Typique, quoi! Jusque-là, on est témoin de scènes du quotidien de toutes les maisonnées où se trouve une adolescente si proche de l’âge adulte. Les choses se corsent lorsque la mère de Jessica tombe fortuitement sur les factures de cartes de crédit de sa fille. Elle exige que celle-ci se trouve un emploi sur-le-champ. La jeune fille se soumet aux exigences de sa mère et déniche un boulot très lucratif. Celui d’hôtesse. C’est là que ça se gâte. Sa mère étant absente de la maison pour deux semaines, Jessica a toute la latitude pour commencer son travail sans que qui que ce soit soupçonne ce qu’elle fait vraiment.

Jessica s’engouffre dans le monde de la prostitution, emballée par les cadeaux et l’attention, ignorant cette petite voix qui indique que l’on est menacé. Elle rationalise les éléments de dangers pour se convaincre que tout va bien et ainsi se lancer à corps perdu dans cette nouvelle aventure. Terrassée par un violent coup de foudre pour Sam, son souteneur, elle fait ses premières armes un peu naïvement dans un bar à gaffe, lieu qui reçoit les hommes mariés ou en couple, les célibataires. Un bar où la «gaffe» d’être infidèle ou de payer pour des services sexuels est excusée.

Michèle Bazin décrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse l’aspect psychologique et rationnel qui mène certaines filles vers la prostitution. Elle trace un portrait clair de ce milieu et des stratégies auxquelles ont recours les souteneurs  pour prendre le pouvoir sur leurs proies. D’autre part,  elle évoque, à travers Jessica, la nécessité d’exister ressentie pour l’être humain de même que le besoin qu’ont les femmes de se voir belle dans le regard de l’autre. Cet appel viscéral à plaire, à être aimée et considérée.

Les champions de l’amour, c’est un récit prenant où l’on fait corps avec le personnage principal. On partage chacune de ses émotions, de son exaltation à son désespoir. On se surprend à trouver Sam absolument séduisant et désirable (au début) bien que l’on sache exactement ce qu’il cache. La langue de Michèle Bazin est fluide. On coule dans l’histoire au même rythme que son héroïne. Cependant, j’ai une infime réserve. Le vocabulaire est parfois un peu trop recherché pour une jeune fille de 17 ans, particulièrement une qui dit que son vocabulaire n’est pas très étoffé et qui se moque de sa sœur qui utilise de grands mots. Puis, à environ 40 pages de la fin, on a l’impression que tout est un peu précipité. Que la prise de conscience est trop rapide, que l’auteur veut absolument nous laisser avec des informations, fort pertinentes, mais qui semblent un peu plaquées. Est-ce que cela nuit à l’appréciation de la lecture de façon globale? Pas du tout. Toutefois, on aurait aimé comprendre comment elle est arrivée à cette analyse sociologique de la problématique de la prostitution.

Un roman fort et dense en émotion écrit avec une simplicité telle que la lecture n’en est pas lourde malgré le sujet abordé. Il laisse le lecteur, le citoyen, devrais-je dire, avec des questionnements qui s’imposent. Plusieurs sociétés cherchent comment gérer la question de la prostitution. On légalise ou pas ? On criminalise l’acte de se procurer du sexe en échange d’argent, ou on continue à ne sévir que contre les travailleuses et travailleurs du sexe et leur proxénètes? 

Mon appréciation : *** 1/2 

Les champions de l’amour
Michèle Bazin
Stanké
Papier : 24,95 $
Epub : 19,99 $

 




mardi 24 juillet 2012

Zone d'écriture - Lectures d'été : la Bouquineuse boulimique



C'est un plaisir de partager mes lectures avec les lecteurs de Zone d'écriture, blogue de Radio-Canada. Passez y jeter un coup d'oeil ! ;-)




La chorale du diable de Martin Michaud


Il s’agit là du deuxième roman policier de Martin Michaud. Bien que n’ayant pas lu le premier, Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, je me suis lancé dans l’aventure. Et quelle aventure! Celle-ci est menée tambour battant, il n’y a aucun répit pour le lecteur, tenez-vous le pour dit. Une fois que vous ouvrez ces pages, il ne vous sera plus possible de les fermer.

L’auteur nous plonge au cœur de Montréal. Mais attention, nous sommes loin du cliché touristique même si, au détour de certaines descriptions, on y retrouve des endroits que l’on connait, voir que l’on a parcouru. Notre guide n’est autre que le sergent-détective Victor Lessard. Avec lui, nous visitons les coins sombres de la ville mais surtout de l’être humain. C’est un personnage à la fois torturé au plus profond de son âme et une personne droite et honnête. Les acteurs de ce roman sont décrits avec réalisme et précision de sorte que l’on peut ressentir leurs angoisses, leurs peurs et leurs joies.

Tout commence avec l’enquête sur un « drame » familial comme, malheureusement, il est parfois question de nos jours. Bien que la hiérarchie policière veuille fermer rapidement l’investigation banale qui s’en suit, Victor ne le voit pas du même œil. Il s’implique émotivement à un niveau dangereux pour lui, de sorte que des éléments de son passé viennent le hanter et même l’accompagner. Mais il ne lâche pas prise et tient jusqu’au bout.

L’histoire n’est vraiment pas cousue de fils blanc. Tout comme le sergent-détective, nous progressons pas à pas au sein d’un labyrinthe d’hypothèses. Les unes se succèdent aux autres nous rapprochant de la conclusion puis soudain brouillant les pistes. Les personnages vibrent aux rythmes des phrases et évoluent selon celui des pages.
Si vous avez aimé lire des auteurs tels que Harlan Coben, vous allez adorer Martin Michaud, avec en prime un vocabulaire typiquement québécois qu’il fait plaisir à lire.
Le tout est ponctué de personnages pour le moins originaux qui apportent une touche de dépaysement supplémentaire.

Il ne vous reste donc plus qu’à vous le procurer pour passer un très bon moment.

Appréciation : ****

La chorale du diable
Martin Michaud
Les Éditions Goélette
24,95 $ Papier
18,95 $ Epub

Dominique de Leeuw.

dimanche 22 juillet 2012

Livresquement boulimique recrute!


Livresquement boulimique est à la recherche d'une collaboratrice ou d'un collaborateur bénévole (bien sûr, vous recevrez une copie de presse des livres à lire), pour rédiger des critiques pour sa section Jeunesse. Vous êtes passionnés de littérature jeunesse et avez une plume originale et vivante? Une collaboration vous plairait?  Faites-le-nous savoir! Il vous suffit de signifier votre intérêt par courriel et une critique du dernier livre que vous avez lu à l'adresse : 


livresquementboulimique@gmail.com 


Merci et au plaisir!                         



samedi 14 juillet 2012

Dans ma boîte aux lettres cette semaine

Qui l'eût cru?! Deux livraisons en plein milieu des vacances estivales! Joie! Moi qui croyais qu'il me faudrait attendre jusqu'en août avant de recevoir de nouveaux livres. La surprise n'a fait qu'accroître mon plaisir. De plus, il s'agit de deux livres tout à fait indiqués pour une lecture estivale. 

DRAMMA - Mezza Morta tome 2 de Julie Rivard, aux Éditions de la Francophonie

Brathwaite - Comment travailler comme un nègre sans se fatiguer d'Isabelle Massé, aux Éditions Québec Amérique





Quoi de mieux que de lire un polar ou une biographie tout en se prélassant au soleil? Je compte les découvrir allongée dans ma chaise longue, flottant dans la piscine!


Bonne vacances! 


mercredi 11 juillet 2012

Faites vite et participez au concours de Québec Amérique!





Un concours absolument génial, de la maison d'édition Québec Amérique, pourrait vous permettre de gagner L'ensemble des titres de la saison automne 2012 de la maison d'édition, dédicacés par leur auteur. 

Que faire pour participer? C'est simple! Il suffit de se prendre en photo avec un livre de Québec Amérique lors de ses vacances d’été et de partager l’image sur la page Facebook de la maison d'édition. Une bonne façon d'allier les vacances et la lecture, ne trouvez-vous pas? Donc, n'attendez pas et enregistrez votre participation au Concours lecture au soleil! 


Voici ma photo!




Bonne chance à tous!

mardi 10 juillet 2012

Le mariage... à tout prix!



Pour son quatrième roman, Amélie Dubois a pris une (courte) pause de sa série Chick lit, dont le quatrième tome est sorti ce printemps. Auteure prolifique, elle publie trois romans par an. Ce qui n'est pas rien!

Oui, je le veux... et vite! Parle de mariage, on l'aura deviné! Liées par leurs chums qui sont des amis de longue date, Jasmine, Stéphanie et Annie se trouvent attablées ensemble au mariage d'un copain du trio masculin. Alors que leurs copains sont au bar en train de trinquer avec le marié, la discussion des trois filles dérive sur laquelle serait celle qui aurait le plus de chance de se marier ensuite. En désaccord sur le couple candidat idéal, elles font un pari sur celle qui sera en mesure d'obtenir une demande en mariage d'ici leurs vacances communes au chalet... dans trois mois!

Obtenir une demande en mariage en trois mois, alors que l'on doit garder ses intentions secrètes n'est pas une mince affaire. Chaque fille établit et met en oeuvre une stratégie pour gagner. Le prix : un crédit voyage qu'elles ont toutes gagné puisqu'elles ont toutes les trois attrapé le bouquet de la mariée. La table est mise pour une aventure remplie de situations loufoques.


On suit le cheminement des trois couples au fil des semaines. Les péripéties des filles sont cocasses, amusantes, parfois prévisibles, sauf pour la pauvre qui y est au centre. Les histoires nous font sourire, même parfois rire. Puis à certains moments, on trouve ces femmes un peu pitoyables pour ce qu'elles sont prêtes à faire pour remporter le défi, gagner un crédit voyage, en fait. Elles se sont prises au jeu et la mise est devenue plus importante que ce simple lot. Il est maintenant question de leur égo. Laquelle sera suffisamment aimable, assez rusée pour susciter rapidement, non pas l’engagement réel, mais la demande en mariage. Cela donne lieu à quelques réflexions sur les relations de couple, la manipulation, le mensonge et l'esprit de compétition. Ce dernier plonge les gens dans un réflexe instinctif, une lutte sans trêve, que l'on croit devoir gagner, peu importe le prix. Dans cet état, le recul est absent et l'on se rend rarement compte que l'on va trop loin. Au nom de quoi? Le désir d'être le gagnant? De montrer que l'on assure? Les filles se rendront compte que le coût à payer pour obtenir l'objet convoité est bien cher.


Globalement, mis à part pour quelques tics d'auteurs qui peuvent alourdir la lecture à l'occasion — il y a trop de « analyse une telle », « prophétise un tel », lorsqu'il n'y a que deux interlocuteurs — le ton humoristique est bien maîtrisé et l'intrigue est bien menée. Le roman est rythmé par l'alternance des points de vue des trois filles et des trois gars. C'est une excellente initiative d'avoir une voix au point de vue masculin, qui est très bien développé. C'est d'ailleurs un aspect qui donne un certain corps au livre, qui le complète, fournissant un très bel exemple des différences qui existent entre les hommes et les femmes.

Les adeptes de chick lit passeront de très bons moments auprès de ces filles cherchant à « mettre le grappin » sur leur homme.


Mon appréciation : ***



Oui, je le veux... et vite
Amélie Dubois
Les Éditeurs Réunis
19,95 $ Papier
17,99 $ pdf / Epub



samedi 7 juillet 2012

Du nouveau dans ma bibliothèque !

Ma boîte aux lettres était vide pour la première semaine depuis de nombreux mois. N'hésitant pas une seconde, j'ai fait un saut chez le libraire, pour... pouvoir écrire un billet et avoir quelque chose à vous présenter. Si, si, je vous le dis, juste pour vous! Pour moi? Euh... non, non, je voulais simplement vous présenter des livres intéressant... Hum! Vous ne me croyez pas? Pas très crédible tout ça, hein? OK, bon! J'y suis allée un peu pour moi aussi. Juste un petit peu... Voici ce que je vous... euh... nous... ai ramené! ;-)



Moonlight Mile de Dennis Lehane, chez Rivages

Rose de Tatiana de Rosnay, chez Le Livre de Poche

Soudain le Minotaure de Marie Hélène Poitras, 
chez Triptyque


Bon weekend, chers lecteurs!

jeudi 5 juillet 2012

Les Verrats

Qui a dit que le 450 était exempt de crime? David, Marco et Samuel, trois adolescents de secondaire 3 qui y résident, sont bien la preuve qu’on peut non seulement s’y ennuyer, mais s’y livrer à des larcins en tout genre. Ces jeunes paumés — que certains diraient de bonnes familles — ont pour loisir la violence, le vol et la consommation de drogue et de porno. Constamment à la recherche de sensations fortes, ils en auront pour leur argent, bien malgré eux.

C’est une écriture crue et décapante que celle d’Edouard H. Bond. On jase, là, mais je me demande pourquoi, pourquoi (oui, deux fois pourquoi. Je marque l'intensité du questionnement ;-) !)les gars qui ont une plume urbaine sentent le besoin de parler du péristaltisme de leurs intestins (à plusieurs reprises, une fois on comprendrait) et de nous décrire — OK avec un réalisme génial — le résultat de ce travail? C’est là mon seul bémol, très personnel, bien sûr. Vous pouvez me traiter de coincée, ce n’est pas grave! Oui, c’est naturel! Oui, ça fait partie de la vie! Reste que je vois les images et je sens les odeurs (encore une fois, beau travail d’auteur) et ça m’incommode un tantinet quand c’est plus d’une fois. Bref!

Le roman aborde la délinquance née de l’oisiveté de certains jeunes qui sont complètement perdus. Ils sont perdus parce que, en raison de l’ennui et des sentiments de pouvoir et d’exaltation que cela leur procure, ils se sont enfoncés dans une criminalité de laquelle il serait fort étonnant qu’ils ressortent. Ces derniers le nieraient, c’est sûr, mais ils se sentent abandonnés par leurs parents qui, surchargés de travail, de drames personnels et de frustrations diverses ne sont pas toujours disponibles. Ces jeunes sont la représentation typique des individus aux sensations émoussées qui se lancent dans des aventures extrêmes pour avoir l’impression de vivre, ce qu’ils trouvent dans les délits. Ils semblent tellement au point mort que même une situation perçue dramatiquement pour une majorité de personnes semble les laisser plus ou moins de glace, ou les toucher en superficie.

L’histoire est racontée en accord avec l’esprit de l’adolescence. Le présent et le plaisir sont tout ce qui compte. Il n’y a ni passé ni futur. Simplement la recherche de gratification immédiate par des moyens les plus socialement inacceptables possible. Les personnages sont en surface puisque la voix du narrateur est celle de David, le plus cultivé des trois. Malgré son intérêt pour la littérature, il raconte les choses telles qu’il les perçoit avec la capacité d’analyse d’un ado. En ce sens, c’est tout à fait approprié. Ne vous attendez donc pas à une critique sociale d'un phénomène, mais aborder plutôt cette lecture comme une photo, qui renvoie simplement une image sans l’analyser. Un divertissement rapide et agréable.

Mon appréciation : *** 3/4

Les Verrats
Edouard H. Bond
VLB Éditeur
19,95$ Papier
17,99$ Epub

mardi 3 juillet 2012

C'est bel et bien l'été!!


Une fois la Saint-Jean-Baptiste et le 1er juillet passés, les vacances des uns et des autres se succèdent en rafale. C'est pourquoi nous voulions prendre le temps de vous souhaiter un magnifique été. Profitez-en pour faire de la lecture, un peu, beaucoup ou passionnément! C'est ce que nous ferons. Alors, n'hésitez pas à visiter le blogue fréquemment pour vous inspirer. Nous continuerons à publier des billets pendant toute la période estivale. Il y en aura peut-être moins, peut-être plus, qui sait! Le rythme sera dicté par l'inspiration du moment. Une chose est sûre, nos piles à lire sont bien garnies et nous réservent, à vous autant qu'à nous, de belles découvertes.


Encore une fois, bon été remplis de livres à profusion!


Yannick et Dominique