samedi 30 juin 2012

Cette semaine dans ma boîte aux lettres















Le signe que l'été est là, deux livres dans ma boîte aux lettres. Il s'agit de l'Avenue des Géants de Marc Dugain, publié chez Gallimard et de La mort s'invite à Pemberley de P.D. James publié chez Fayard. Le premier raconte l'histoire d'un adolescent de 2 mètres 20 qui possède un QI de génie. Il mènera un ardu combat contre le mal qui l'habite. Lors de l'assassinat de JFK, sa vie basculera. Une histoire inspirée d'un personnage réel. Quant au second, on retrouve la famille Darcy d'Orgueil et préjugés, de Jane Austen. P.D. James livre sa version d'une suite de cette grande oeuvre. Six années ont passé lorsqu'un événement réunit toute la famille au château. Vous avez bien sûr deviné qu'avec P.D. James, la mort est au menu.

Je vous en donne des nouvelles!

Bon été!


vendredi 29 juin 2012

Portrait d'une Amérique engluée dans l'oisiveté où chacun lutte contre la part d'ombre en lui


La Floride. Mais pas la Floride des vacanciers, des palmiers et de la mer. Une Floride marécageuse à certains endroits, sèche ailleurs, dépouillée, démunie. Grise, sans éclat. Citrus County est loin de l’idée dont Shelby, 14 ans, se faisait, avant d’y déménager avec son père et sa petite sœur de 3 ans et demi. Toby, 14 ans également, vit chez son oncle Neal, éternel suicidaire après le décès de ses parents. Le jeune garçon est marqué par l’absence de contacts humains positifs et se rebelle. Monsieur Hibma, un faux professeur, se rebelle contre toutes les formes de règles qu’on lui impose. Il est résolu à ne pas devenir un vrai enseignant. Leur vie basculera lorsque l’un d’entre eux posera un geste grave.

Les personnages ont certains traits en commun. Ils ont tous été écorchés par la vie, paumés dans ce trou sans avenir. Les deux jeunes ont perdu un ou deux parents et sont plutôt laissés à eux-mêmes dans ce monde ingrat, dans une ville où il n’y a que médiocrité et limitations. Leurs tentatives pour s’en sortir sont freinées par l’enlèvement de la petite sœur de Shelby, Kaley. Par ailleurs, il y a aussi des ressemblances entre M. Hibma et Toby, qui sentent tous deux leurs démons intérieurs et croient ne pas être en mesure de le réprimer. Ils le perdront par moment, et le gagneront à d’autres. Lorsqu’il n’y a rien à faire, que la vie n’est que vide, oisiveté et ennui, on entend beaucoup plus ces élans intérieurs. Ils mèneront un combat quotidien, un jour étant convaincu qu’il est dans leur destinée d’être mauvais, puis un autre jour ils arrivent à croire qu’ils peuvent être simplement comme tout le monde.

C’est une histoire sur la gestion du bien et du mal que nous portons tous à l’intérieur. Gestion plus ou moins couronnée de succès, selon le moment et les circonstances de la vie. Un autre argument en faveur de l’importance de l’environnement de l’enfant dans son développement vers une vie adulte, si ce n’est pas heureuse, au moins normale.

Brandon dépeint une Amérique peu reluisante. On est ici très loin du rêve américain. C’est plutôt le portrait de ces banlieues où l’on a l’impression que le temps s’arrête. Et l’auteur fait très bien ressentir cette stagnation inhérente à cette communauté et le désir des personnages de s’en démarquer en bien ou en mal. Car la dernière option fait également partie des possibles afin de ne pas sombrer dans le marasme commun. Un marasme dans lequel le lecteur a la concrète impression d’être englué, comme les habitants de Citrus County. C’est long, c’est gluant, c’est lancinant. Après cette lecture, on n’a qu’une seule envie. Se mettre en action pour réaliser ses projets, pour surtout, surtout ne pas vivre dans notre propre Citrus County.

Mon appréciation *** ½

Citrus County
John Brandon
Éditions du Masque
29,95 $/20 €


lundi 25 juin 2012

Des crevettes génétiquement modifiées


Patrick de Friberg nous livre à la fois un roman au sujet sensible et une vue des coulisses de l’espionnage très réaliste. Basé sur les résultantes du tsunami japonais, celui-ci ne relate pas les risques et conséquences de la radioactivité, mais s’attaque à un sujet bien plus ambitieux : les manipulations génétiques et leurs implications. En effet, lors du tsunami, les laboratoires d’une société privée, Genetik Corp., sont rasés et leur contenu déversé dans l’océan. On ne parle pas ici de simples déchets, mais d’une variété de crevettes mutantes à l’appétit insatiable, aux dimensions gigantesques pour l’espèce, et  dont la croissance extrêmement rapide n’a de réciproque que l’appétit féroce dont elles font preuve. Dans le but de contrôler le monde par la nourriture, cette entreprise risque de le détruire en s’attaquant à la pyramide alimentaire.
L’action se déroule à bien des endroits en Europe ainsi qu’au Québec autour du fleuve Saint-Laurent, des lieux bien connus de l’auteur. L’écriture tantôt fluide, tantôt plus résistante nous plonge sans retenue dans l’univers de l’espionnage et toutes les coulisses qui y ont trait. Les personnages principaux, espions de leur état, sont montrés dans leurs complexités. Il est possible de suivre leurs états d’âmes mais surtout d’entrevoir à quel point l’exercice de leur profession les marque.
C’est un livre qui se lit bien et qui, tout comme l’univers des services secrets, parfois nous déroute mais jamais ne nous ennuie. Il est aussi un rappel, si besoin en est, du risque que l’on fait courir à la planète soit par choix, en voulant modifier et contrôler les ressources, soit par accident, comme le sont souvent les catastrophes écologiques.
C’est donc à la fois une lecture distrayante et intéressante qui peut très bien accompagner le soleil sur le bord d’une piscine.
Appréciation : ***
Genetik Corp.
Partick De Friberg
VLB Éditeur
24,95$ Papier
17,99$ Epub
Dominique de Leeuw


dimanche 24 juin 2012

Dans ma boîte aux lettres et acquisitions de la semaine

J'ai reçu un thriller qui saura sûrement titiller mes fibres d'amatrice de suspense

Voir Québec et mourir de Jean-Michel David chez Hurtubise

Puis, 

chez mon libraire indépendant, je me suis procuré
Nos séparations de David Foenkinos chez Folio
Les jeudis au parc d'Hilary Boyd chez Milady


Trois livre très différents pour une lectrice qui aime presque tous les genres littéraire. C'est magnifique !

vendredi 22 juin 2012

Cocktails et trahison


La reine de la Chick lit est de retour avec un nouveau titre! Le Cocktail Club, c’est Maggie, Candice et Roxanne, toutes trois employées du Londoner, un magazine de mode. Une fois par mois, elles se rendent au Manhattan Bar pour y consommer cocktails et potins. Elle se rencontre pour la dernière fois avant l’accouchement de Maggie, qui anticipe l’isolement qui l’attend dans sa campagne avec son enfant qu’elle n’est pas sûre de savoir « gérer » avec autant de brio qu’elle gère sa carrière. Roxanne, trop préoccupée par sa liaison avec un homme marié, entend peu l’inquiétude de Maggie. Quant à Candice, surprise de constater que leur serveuse est la fille d’un homme que son père a floué, elle ressent une culpabilité si puissante qu’elle ne songe qu’à racheter les torts qu’a causé son père. Chacune est centrée sur ses propres problèmes et peu sensible à ceux des autres. Pourtant, une solide amitié s’est tissée entre les filles au cours des années. Est-elle assez forte pour survivre à l’arrivée de Heather et les odeurs de trahison, de jalousie et de perfidie quelle traîne avec elle?

L'amitié, la trahison et les non-dits sont bien entendu les thèmes centraux du roman. Plusieurs personnages la subissent ou la font subir, à des degrés divers, à leurs proches. Parfois par fausse pudeur, par honte, ils cachent des choses aux autres. Des choses qui changent la donne. D’autres fois, c’est sciemment qu’ils se jouent d’un ennemi.

C’est divertissant, grinçant, ironique. Du Sophie Kinsella, quoi! Bien qu’elle ne les approfondisse pas clairement, cela n’était pas l’objectif littéraire de ce genre de roman, elle effleure tout de même des sujets plus profonds comme la déprime post-partum, le deuil, l’infidélité, l’honneur familial. Les personnages sont entiers, tant les femmes fortes et mordantes que celles qui sont plus naïves. Le seul reproche qu’on pourrait faire à Sophie Kinsella, c’est que ses personnages sont généralement typés entre les deux extrêmes. On aimerait parfois un peu plus de nuance, pour se retrouver encore plus. Hormis cela, l’auteur maîtrise effectivement le style et son écriture est délicieuse. En bref, c’est une excellente lecture à dévorer en deux jours de vacances!

Mon appréciation : *** ½

Cocktail Club
Madeleine Wickham (Sophie Kinsella)
Belfond
24,95$



mercredi 20 juin 2012

Un été tout en lecture !

Les vacances sont presque arrivées et il est temps de prévoir les lectures que vous ferez. Nous vous présentons des lectures que nous avons aimées et que nous vous recommandons (l'appréciation apparait sous le titre. Par exemple ****). Nous partageons également avec vous les titres que nous lirons cet été, en souhaitant que cela puisse vous inspirer. 


Littérature québécoise

Sur mesure, Catherine McKenzie,
Les Éditions Goélette


Volte-face et malaises, Rafaële Germain, Libre  Expression
*** ½



Lit double,
Janette Bertrand,
Libre Expression


Oui, je le veux… et vite ! Amélie Dubois, Les Éditeurs Réunis



Chronique de la dérive douce, Dany Laferrière, Boréal


Elle et nous,
Michel Jean,
Libre Expression
****


Un coin de paradis, Caroline Héroux, VLB Éditeur


Yukonnaise, Mylène Gilbert-Dumas, VLB Éditeur



La vie épicée de Charlotte Lavigne tome 1 – Piment de cayenne et pouding chômeur, Libre Expression
****


La vie épicée de Charlotte Lavigne tome 2 – Bulles de champagne et sucre à la crème, Libre Expression
****



La chasse est ouverte, Chrystine Brouillet, la courte échelle


Mission sacrée 1, Claudine Douville, Libre Expression



Le projet Bleiberg, David S. Khara, Expression Noire
*** ½


Le projet Shiro, David S. Khara, Expression Noire
*** ½



L’homme du jeudi, Jean Lemieux, la courte échelle

La chorale du diable, Martin Michaud, Les Éditions Goélette

Une mort honorable, Jacques Savoie, Expression Noire
*** ½




Littérature étrangère

L’œil du léopard, Henning Mankell,  Seuil


Gel nocturne, Knut Faldbakken,  Seuil


L’attente de l’aube, William Boyd, Seuil

Rien ne s’oppose à la nuit Dephine de Vigan, JC Lattès


Tout ça pour quoi, Lionel Shriver, Belfon


Tu m’aimes toujours ? Emily Giffin, Michel Lafon



Triple frontière Sebastian Rotella, Expression Noire




Littérature jeunesse


La vie compliquée de Léa Olivier tome 1 – Perdue Catherine Girard-Audet, les malins
*** ½

La vie compliquée de Léa Olivier tome 2 – Rumeurs Catherine Girard-Audet, les malins

Planches d’enfer tome 1 – Annabelle 180 degrés, Chloé Varin, Les Intouchables
****


Planches d’enfer tome 2 – Samuel 360 degrés, Chloé Varin, 
Les Intouchables

Kiam Tasgall Nadine Bertholet, Les Éditions ADA

Le fantôme d’Anya, Vera Brosgol, la courte échelle
*** ½











La nuit du solstice tome 1 et 2, L.J. Smith, Michel Lafon


Sentiment 26, Gemma Malley, Michel Lafon

N'hésitez pas à visiter le site au cours de l'été, plusieurs billets seront publiés chaque semaine.


Bonnes vacances!

lundi 18 juin 2012

Le besoin d'appartenance exploré à mots cachés dans Le fantôme d'Anya

La courte échelle présente la traduction du roman graphique de Vera Brogsol, qui a connu beaucoup de succès aux États-Unis.

Anya, originaire de Russie, vit aux États-Unis depuis plusieurs années. Isolée, elle a du mal à se faire des amis. Elle se trouve grosse, malgré une perte de poids, différente en tout, bien qu’elle ait perdu son accent russe. Elle se voit toujours comme l’immigrante russe, boulotte, une simple étrangère.

Un jour où elle passe dans un parc, elle tombe dans un puits. C’est là qu’elle rencontre… un squelette humain et son fantôme. Emily. Après avoir passé la nuit dans le puits, des passants portent secours à Anya et la libèrent de son donjon. À sa surprise, Emily a glissé un de ses os dans le sac d’Anya, ce qui lui a permis de quitter le puits et de suivre sa « nouvelle amie ». Elles deviennent suffisamment proches pour qu’Anya cherche à faire enquête sur sa mort afin que l’affaire soit réglée et qu’Emily soit libérée.

Or, au fil du temps, Anya comprend qu’Emily lui a caché des choses et que ce qu’elle lui a raconté n’est peut-être pas tout à fait la vérité. Elle en vient à se demander si elles sont vraiment amies ou si Emily l’utilise à des fins autres que celles prétendues.

D’une façon légère, mais non moins efficace, Vera Brogsol aborde de très nombreux sujets, tant généraux que spécifiques. Ils vont de la difficulté de se sentir différent, de se sentir rejeté, de l’amitié, de la trahison et de la mort (thèmes universels), à la difficulté de s’intégrer dans une nouvelle société. Difficulté qui mène souvent les nouveaux arrivants à une adaptation difficile, voire une suradaptation, ainsi qu’au rejet des éléments culturels qui les différencient. Le tout est abordé avec humour de même qu'une simplicité étonnante et rafraîchissante. Elle y parle également, sans jamais que ce soit nommé, de l'irrépressible besoin d'éprouver un sentiment d'appartenance, du besoin d'être accepté, de trouver sa place dans son univers. Besoin dont les tentatives de satisfaction passent parfois par de mauvaises décisions, dont on doit gérer les conséquences.
Une lecture rapide, agrémentée de belles images et de matière à réflexion.  

Mon appréciation : *** ½

Le fantôme d’Anya
Vera Brosgol
La courte échelle
24.95$
12 ans et plus


samedi 16 juin 2012

Dans ma boîte aux lettres cette semaine

Une petite livraison de bouquins parfait pour l'été et un achat de moi à moi ;-)

 L'attente de l'aube de William Boyd aux Éditions du Seuil

L'été ou ma vie a changé comprenant 
le tome 1 - Rendez-vous manqué 
et le tome 2 Une fille qui fait des vagues 
d'Alyson Noël chez Michel Lafon

Solstice de nuit comprenant 
le tome 1 - Solstice d'hiver 
et le tome 2 - Un cœur indompté 
de L.J. Smith chez Michel Lafon


Quelle idée géniale les deux tomes en un seul et même bouquin. Parfait pour les vacances!



vendredi 15 juin 2012

Une haine obsessive


J’haïs les bébés c’est une histoire sombre, très sombre. Celle de Vivianne qui fuit ses enfants à Noël, prétextant un voyage dans le sud. Cependant, ce n’est pas la réelle destination de son exil. Elle se retrouve en Gaspésie dans le gîte d’un ancien ami de cœur. C’est qu’elle s’est promis de ne plus jamais prendre l’avion, car il y a toujours, à leur bord, un ou des bébés qui pleurent. Or, il se trouve qu’elle hait les bébés. Elle ne les déteste pas, elle les hait avec une passion effrayante, qui est très bien rendue, dans toute son obsession maladive.

Vivianne a eu une vie très particulière. Son premier mari est mort, tout comme son deuxième. Le mari numéro un est mort naturellement, mais pas le numéro deux. Elle l’a tué. Jugée non criminellement responsable du meurtre, elle est placée « Là-bas » pendant une période de vingt ans. Son fils du premier mariage a été adopté, tout comme sa fille issue du deuxième mariage. Elle garde peu de contacts avec ceux-ci. Leurs relations sont très complexes. Et voilà que sa fille toxicomane de 22 ans doit donner naissance à un enfant durant la période des fêtes. Raison de plus pour fuir! Elle quitte donc Montréal, empruntant la Lada de sa voisine pour se rendre à Percé.

L’auteur à un don indéniable pour nous raconter des histoires macabres. Dans celle-ci, il en dose bien la progression. Dès le départ, c’est une longue descente dans l’enfer de la psychose. Vivianne a versé tous ses médicaments dans le réservoir de la voiture empruntée, prétextant qu’elle va bien et n’en a plus besoin. Un scénario souvent rencontré dans le cas de gens qui ont fait de longs séjours dans les instituts psychiatriques, et qui sont réintégrés dans la société, se trouvant alors plus ou moins (tendance moins) supervisés. Ils sont alors entraînés dans une telle spirale sans fin et sans pitié qui les ramène rapidement à perdre contact avec la réalité. Cette descente constante et progressive est habilement et subtilement décrite par François Barcelo. Au début, on n’est pas trop sûrs que ça ne tourne plus rond, mais plus Vivianne s’enfonce dans son délire et dans sa haine des bébés, on sait tout de suite que ça va très mal se terminer.

Un livre qui aborde de nombreux tabous, qui choque autant qu’il révolte le lecteur, à plusieurs niveaux. Malgré cela, il se lit d’une traite. Cela permet de ressentir toute l’horreur de ce dérapage incontrôlable.

Mon appréciation : *** ½ 


J'haïs les bébés
François Barcelo
Coups de tête
14,95$