lundi 30 avril 2012

Je m'en vais chez le libraire, dans mon panier, j'ai...




Carnet d'une flâneuse à New York D'Esther Bégin 
publié chez les éditions La Presse

Malgré tout on rit à Saint-Henri de Daniel Grenier 
publié chez Le Quartanier

Quelques jours à vivre de François Leblanc 
publié chez les éditions Triptyque


Bonne semaine !


samedi 28 avril 2012

Dans ma boîte aux lettres cette semaine

La pluie des derniers jours m'a apporté quelques lectures supplémentaires, malgré la saison littéraire qui tire à sa fin. Quelle chance ! J'aurai encore des livres pour couvrir de nombreuses semaines. Ouf! La boulimique que je suis en est rassurée. Voici ce que j'aurai le plaisir de lire bientôt :


Double Dexter de Jeff Lindsay et
Sentiment 26 de Gemma Malley 
tous deux publié chez Michel Lafon

Lit double de Janette Bertrand 
publié chez Libre Expression

De l'amour, du sang et de la science-fiction. De tout pour tous les goûts!

Bon weekend!

vendredi 27 avril 2012

La nature pour mieux se comprendre

Conférencier et consultant international, Jocelyn Pinet a souvent eu à expliquer et décrire des phénomènes à des gens de langues et de cultures différentes. Après de nombreuses années, l'idée de ce livre est née. Fruit de ses observations et de sa pratique, Nature humaine est un sympathique et utile recueil d'analogies visant à faciliter la compréhension des phénomènes humains. 

À l'aide d'exemples tirés de la nature, Jocelyn Pinet dresse des parallèles entre les phénomènes humains et leur pendant dans la nature. Ces liens permettent de saisir certaines situations et favorisent la recherche de solutions aux problèmes auxquels on peut se trouver confrontés.

Le livre Nature humaine est basé sur le postulat que l'être humain est un des composants de l'univers au même titre que les animaux et les plantes et autres types de matières. En cela, sa philosophie se rapproche de celle des Indiens et des bouddhistes, notamment. 

Les explications sont brèves et rédigées dans un langage facile à comprendre, de sorte que ce livre peut être lu par des enfants tout comme des adultes. Elles sont agrémentées d'illustrations qui rendent le tout dynamique et amusant. L'humour ajoute une touche gagnante à cet ouvrage qui devrait se retrouver dans toutes les chaumières.

Mon appréciation : ****

Nature humaine
Texte : Jocelyn Pinet
Illustrations : Véronique Dumas
Isabelle Quentin Éditeur


mercredi 25 avril 2012

Une histoire de cowboys et de belle au cœur de Montréal.


Au départ, je dois avouer que ce n’est pas nécessairement un sujet qui a suscité chez moi l’emballement. Le monde équin en est un que je ne connais pas, je n’ai jamais été tentée de faire un tour de calèche, je les remarque à peine quand je me promène dans le Vieux-Montréal. Par contre, je trouve les chevaux très beaux, très nobles, tout comme je trouve ces animaux mystérieux. Ça s’arrête là. Cela dit, malgré mon manque d’intérêt pour le théâtre où se passe Griffintown, Marie-Hélène Poitras a su me captiver de début à la fin. C’est là toute la force de l’écriture de l’auteure. Je pourrais terminer ma chronique là, tout est dit. Je vais tout de même vous expliquer plus avant ce qui m’a plu de ce livre.

Avec Griffintown, on fait incursion dans un monde que nous ne connaissions pas. Un monde que l’on n’aurait pu imaginer. Une petite société en marge d’une plus grande. Ce microcosme, qui possède ses lois propres, est composé de parias. À travers une intrigue de meurtre, on découvre la vie des cochers, ces hommes qui reviennent chaque été pour promener les touristes, mais dont les habitants ne se soucient guère, tant qu’ils ne dérangent pas. Et quand ils dérangent, on les balaie de la carte.

Griffintown, c’est aussi la rencontre entre Marie, qui a été cavalière dans sa jeunesse et l’univers des cochers. Ces deux milieux tournent autour des chevaux, mais n’ont pas du tout la même considération. Marie, sans préjugés et amoureuse des chevaux, s’intègre au groupe mieux que tous l’auraient cru.

Marie-Hélène Poitras a une écriture pesée, précise et mélodieuse. On sent qu’elle a pris le temps de choisir chaque mot. Le résultat en vaut largement la chandelle. La langue n’est pas pour autant aseptisée, au contraire. Elle est le reflet de ceux qui la parlent, crue par moment, tout en étant éloquente et juste. Les personnages sont vrais, bien campés. Ils ont du corps, de la profondeur et de la complexité. L’intrigue se déploie lentement comme un fruit qui arrive à maturité à son juste rythme, tout en délicatesse.

Une lecture qui m’a résolument ravie.

Mon appréciation : ****

Griffintown
Marie Hélène Poitras
Éditions Alto


lundi 23 avril 2012

La romance des ogres

Japon. Un bar. Une rencontre fortuite entre un homme et une femme. Lui, médecin en congrès. Elle, comptable venue pour affaires, mais maintenant en vacances. Dans ses mains, un livre. Un théâtre de marionnettes, d’Ellen Cleary. Coïncidence, Samuel a entretenu une relation avec l’auteure à succès, alors qu’il était adolescent. Ils s’étaient eux aussi rencontrés par hasard dans un café.

Un jeu de séduction s’entame entre Samuel et Naomie. Séduction à laquelle il résiste longtemps à succomber, car il est marié. Mais voilà, sa relation bat de l’aile, sa femme est insatisfaite de l’état de celle-ci depuis longtemps. De plus, Naomie multiplie les efforts pour l’emmener dans son lit.

En parallèle à tout cela, il y a l’histoire de Samuel avec Ellen Cleary, qu’il nous raconte par bribes, au gré de ses lectures des livres de l’auteure. On fait des sauts entre les époques et entre la réalité et les œuvres littéraires.

La romance des ogres nous parle de désespoir, de conflits, de manipulations et de non-dits. Samuel noue des relations avec des femmes fortes, mystérieuses, insatisfaites. Il semble y être condamné. À tout le moins, il répète ce scénario relationnel à maintes reprises.

C’est un livre intrigant. On ne sait jamais que penser de la relation entre Samuel et Hélène, une femme manifestement troublée. Encore une fois, on nous présente l’image de l’écrivain torturé, un peu dérangé. C’est à se demander si tous les auteurs sont comme cela.

Au départ, pendant près de 75 pages, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Plusieurs avenues ne semblent pas assez développées. On se demande longtemps pourquoi ses pieds étaient dans un sale état. On en parle beaucoup durant les 100 premières pages, on a l’impression que l’auteur nous amènera quelque part, qu’il y a une piste à suivre, mais après on n’en reparle plus. Il y a aussi, notamment, la relation entre Samuel et sa femme. On a du mal à comprendre pourquoi elle est si amère et méprisante. Peut-être qu’une anecdote aurait pu nous faire saisir d’où provient toute cette hargne. Elle nous semble disproportionnée, même si on se dit bien que le poids des années de solitude est un facteur qui contribue à la nourrir.

D’autre part, on en connaît peu sur Naomie. Il est certain que dans le contexte où leur rencontre ne s’étend que sur quelques jours, cela peut se comprendre. Reste qu’on est intrigué. Somme toute, quelques personnages manquent de corps. Puisqu’ils sont secondaires, cela nuit moins à la lecture.

Stéphane Choquette s’est donné tout un défi, pour un premier roman. Celui d’entrecroiser les époques ainsi que la réalité de ses personnages avec des passages de plusieurs œuvres de fiction. Je salue son audace. Cela dit, le personnage de Samuel est bien cerné. Celui d’Ellen Cleary est assez clair également. Quant à la plume comme telle de l’auteur, elle est assez agréable et nous permet de bien saisir ce qui est explicité. Je suis certaine que son deuxième roman sera très intéressant.

Mon appréciation : ***


La romance des ogres
Stéphane Choquette
Québec Amérique

dimanche 22 avril 2012

Intouchables - un film touchant ;-) et vachement rigolo !




Hier, j'ai eu le bonheur d'aller voir Intouchables. Après avoir voulu le voir à Paris (mais on ne va pas à Paris pour se faire une toile!), j'ai enfin pu le voir ici. Alors bravant les douleurs à la jambe, je me suis assise pendant deux heures pour visionner ce film dont on dit tant de bien. 

Je vous confirme, c'est un film à voir absolument! Je ne vous résume pas l'histoire, puisque vous avez la bande annonce. Celle-ci reflète parfaitement l'histoire ainsi que le ton du film. C'est une des forces de l'histoire et de la réalisation de Olivier Nakache et Éric Toledano. Bien qu'il traite de choses sérieuses, la tétraplégie et la réalité des jeunes de banlieue qui ont pu verser dans le crime, jamais on ne tombe dans le mélodrame. L'humour leur permet de désamorcer des situations qui pourrait, sans cela, être lourdes. Bien sûr, les deux protagonistes vivent chacun leurs malheurs, or on est devant de véritables exemples de résilience. Ils se sauvent l'un l'autre tout en mettant l'accent sur le positif et le plaisir qu'ils peuvent trouver malgré tout. Et le tour de force, c'est que cet humour ne minimise absolument pas l'aspect sérieux de leurs handicaps respectifs.


Le jeu de François Cluzet et de Omar Sy est absolument magistral! D'ailleurs Omar Sy s'est mérité  le César du meilleur acteur pour ce rôle. Il est touchant, authentique, absolument charmant. Et que dire de Cluzet! Ça ne doit vraiment pas être facile de jouer un tétraplégique, le corps ayant des réflexes.


Bref, j'ai adoré et je vous recommande d'y aller de ce pas!

Intouchables est en salle présentement au Québec. Le film est inspiré du livre Le Second Souffle de Philippe Pozzo di Borgo, le livre lui-même ayant à l'origine la vie de l'auteur.

Mon appréciation : **** 1/2 


vendredi 20 avril 2012

Nouvelles acquisitions

De nouveauté, plein de nouveautés ! Ont trouvé leur chemin jusque chez moi : 


 Chronique de la dérive douce de Dany Laferrière 
 Annabel de Kathleen Winter 
tous deux chez les Éditions du Boréal

J'haïs les bébés de François Barcelo 
chez les Éditions Coups de tête

Cinq secondes de Jacques Savoie chez Expression Noire

Citrus County de John Brandon chez les Éditions du Masque



Lointain souvenir de la peau de Russell Banks et 
Les lectures des otages de Yôko Ogawa t
ous deux chez Actes Sud / Leméac

Deux cercles de Ryad Assani-Razaki chez VLB Éditeur


Je vous en donne des nouvelles le plus rapidement possible !


mercredi 18 avril 2012

Être mère...

Le livre Maman tombe à point nommé, avec la fête des Mères qui arrive bientôt. Les témoignages de treize femmes connues du public sur leur expérience de la maternité, dans son sens le plus global, sont colligés dans un recueil de mots et d'images. Un ouvrage touchant et inspirant.

Enceinte de son premier enfant, Karine Robert a fait comme toute femme enceinte. Elle s'est gavée de livres pratiques sur la grossesse, la naissance et les soins à apporter aux enfants. Elle lut tous les commentaires lui disant de profiter du fait que sa progéniture n'était pas encore née pour se reposer, puisqu'après, elle n'en aurait plus l'occasion. Mais qu'en était-il des joies de la maternité ? La chroniqueuse avait envie d'entendre d'autres femmes sur cette expérience unique. C'est à ce moment que l'idée du livre a germé en elle. Quelle merveilleuse initiative !

C'est aujourd'hui le lancement de ce recueil de témoignages. Karine Robert a rencontré treize femmes publiques pour leur parler de leur maternité. Les Dominique Bertrand, Annie Brocoli, Sophie Durocher, Mélissa Désormeaux-Poulin, Marie-Thérèse Fortin, pour ne nommer que celles-ci, ont généreusement raconté comment elles ont vécu le désir d'enfant, la grossesse et l'accouchement. Elles parlent aussi de l'importance du père, de l'éducation de leurs enfants et de la conciliation travail et famille. Pour agrémenter le récit, Maude Chauvin a photographié les mamans et leurs enfants.

Bien que les parcours de leur maternité soient différents, on retrouve le même amour inconditionnel pour ces petits êtres qu'elles accompagnent sur le chemin de la vie. Les histoires sont racontées par Karine Robert, qui d'une plume habille, sait rendre l'émotion des confidences qu'elle a reçues. Des confidences amusantes, attendrissantes et inspirantes, appuyées de magnifiques images croquées sur le vif, qui rendent l'amour et la tendresse partagés presque plus grand que nature. 

Enfin un livre qui parle des vraies choses et qui met des mots sur des sentiments et des phénomènes si puissants ! En plus de nous présenter de savoureuses anecdotes qui nous font parfois sourire, d'autres fois nous émeuvent. C'est un cadeau à s'offrir ainsi qu'aux mères de notre entourage. J'encourage aussi particulièrement les hommes à le lire, pour mieux saisir ce lien si fort qu'unit une mère à son enfant.



Maman
Karine Robert et Maude Chauvin
Les Éditions de L'Homme

mardi 17 avril 2012

Petite nouveauté bientôt sur le blogue

Il y aura bientôt du nouveau sur Livresquement Boulimique ! 
Je ne vous dis pas quoi, mais je vous donne quand même un petit indice.




Crédit photo : Michel Jean


Surveillez le blogue au cours des prochains jours!


jeudi 12 avril 2012

Brève : un autre concours pour gagner des livres !




Il semblerait que le printemps soit la saison des concours! C’est maintenant au tour des Éditions du Boréal de présenter le concours « Les Éditions du Boréal sur Facebook ».

En participant, vous courez la chance de gagner le livre de votre choix parmi ceux des auteurs qui sont présents au Salon du livre de Québec. Le tirage au sort sera effectué parmi ceux qui auront écrit un commentaire sur la page Facebook des éditions en mentionnant le livre d’un des auteurs présents au Salon du livre de Québec que vous choisiriez.

Consultez le blogue de l’éditeur pour avoir toutes les informations.

Bonne chance! 


Brève : Concours des Éditions Coups de tête pour célébrer leur 5e anniversaire

Crédit photo : Les Éditions Coups de tête


Les éditions Coups de tête souligneront le 9 mai prochain leur cinquième anniversaire, qui concorde avec la parution du 8e titre de la série Élise, Les derniers vivants, dirigé par Maxime Catellier et écrit par Michel Vézina, Laurent Chabin, Benoit Bouthillette et Alain Ulysse Tremblay. L’événement aura lieu au Lion d’Or.

De plus, afin de partager leur joie, la maison d’édition organise un concours permettant à cinq personnes de gagner tous les titres déjà parus de la série Élise. Pour participer, vous devez vous rendre sur le site de Coups de tête ou sur le blogue de la série Élise et répondre aux 20 questions qui vous seront posées et envoyer vos réponses par courriel à coupsdetete@gmail.com. Vous avez jusqu’au 4 mai 2012 pour participer. Voir le site de la maison d’édition pour de plus amples informations.

Toutes mes félicitations aux Éditions Coups de tête !


mardi 10 avril 2012

Martine à la plage : loin des livres de mon enfance !

Martine à la plage était à l’origine une pièce de théâtre produite par la compagnie de théâtre de Simon Boulerice, Abat-Jour Théâtre, en 2010. Le roman aujourd’hui publié chez les éditions La Mèche est ponctué des illustrations de Luc Paradis, qui compensent d’une certaine manière l’aspect visuel perdu lors de la transposition de la pièce de théâtre au média papier.


Je ne savais pas à quoi m’attendre en tournant la première page du livre. Je me suis rapidement rendu compte qu’on était à des lieux de la Martine que j’ai connue étant enfant.
On entre dans l’univers fantasmagorique de Martine Racra, quinze ans, qui vit en banlieue avec son père. La jeune fille s’ennuie à mourir alors que de nouveaux voisins emménagent dans la maison juste à côté. Elle devient instantanément amoureuse de Marcel Gilbert, un optométriste albinos.

Martine, qui voit les fantômes de Jane Mansfield et de Karen Carpenter dans l’angle mort de ses lunettes, multiplie les efforts pour charmer Gilbert. Elle passe son temps dans la piscine hors terre des Gilbert. Prête à tout pour séduire l’homme, elle se ruine la vue, juste pour qu’il la reçoive dans son cabinet d’optométriste où ils peuvent enfin être seuls. L’homme alimente la passion de la jeune fille en l’appelant « ma jolie », inconscient des conséquences que cela aura sur leurs vies. La passion obsessive de Martine aura des conséquences tragiques.

Cette œuvre est une variation sur le thème archétypal de la Lolita. Au-delà de la pulsion libidineuse de la jeunette, c’est soif d’attention, de contact humain qu’elle tente de combler auprès de cet homme. Le père de Martine est aussi fantomatique que ses visions de Jane Mansfield et Karen Carpenter. On en vient à se demander s’il existe vraiment.

Dans Martine à la plage, l’expression « ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle » prend tout son sens. L’histoire de Martine semble légère, typique au départ. Mais son obsession devient rapidement maladive. Le propos est beaucoup plus grave que les mots utilisés. C’est un livre qui n’est pas à prendre au premier degré, même si ce premier degré parle déjà beaucoup. Il faut aller plus loin et se questionner sur cette génération d’enfants qui se retrouvent abandonnés. Leurs parents faisant trop souvent figure d’hôteliers et de banquiers. Cette génération qui ne manque de rien, sauf d’affection, de contacts significatifs avec leurs parents.

La progression du délire est constante et soutenue. La spirale entraînant Martine vers la folie est bien définie. On est happé par le récit et on ne peut détacher notre regard de ce qui se passe sous nos yeux, comme hypnotisés, fascinés. On sait que ça terminera mal, mais on ne sait comment.

Simon Boulerice a le talent génial d’écrire le tragique de façon légère, sans minimiser le propos. C’est une étrange sensation, car on joue sur deux niveaux en même temps, dans des registres tout à fait aux antipodes, et c’est réussi avec brio. Quel équilibriste! Je dois avouer que j’ai été agréablement surprise par ce livre, qui, de prime abord, ne me disait pas grand-chose. Comme quoi il ne faut pas toujours se fier qu’à la couverture d’un livre pour le choisir.

Mon appréciation *** ½

Martine à la plage
Simon Boulerice
Illustrations Luc Paradis
Les Éditions La mèche


jeudi 5 avril 2012

Brève — Dans ma boîte aux lettres

Il y a un petit moment déjà que j'ai partagé avec vous mes dernières acquisitions. Je me reprends aujourd'hui en vous présentant les ajouts à ma bibliothèque déjà très garnie.


Griffintown par Marie-Hélène Poitras, aux Éditions Alto
Maman - La plus grande histoire d'amour de Karine Robert et Maude Chauvin, aux Éditions de L'Homme




Reçu en version numérique
 Chez la courte échelle

Reçu en version numérique
 Chez la courte échelle




Reçu en version numérique
 Chez la courte échelle



Le rêve du Celte de Mario Vargas Llosa, chez Gallimard
Un si joli visage de Lori Lanson, aux Éditions Alto
Je m'appelerai Shon de Mélanie Renaud, chez la courte échelle
Rose Brouillard, le film de Jean-François Caron, chez La Peuplade
Une mort honorable de Jaques Savoie, chez Expression Noire
Yukonnaise de Mylène Gilbert-Dumas chez VLB Éditeur




Une femme avec personne dedans de Chloé Delaume, 
aux Éditions du Seuil
La vie compliquée de Léa Olivier t.2 Rumeurs 
de Catherine Girard-Audet, aux Éditions les malins

Chroniques en ligne... d'ici quelques semaines ;-)!



mardi 3 avril 2012

Rencontre avec Michel Jean





Disponible en librairie depuis le 28 mars 2012, le quatrième livre de Michel Jean, Elle et nous, est l’œuvre d’un auteur et d’une personne résolument assumés. Il y retrace la vie de sa grand-mère, d’origines innues et irlandaises, y raconte le quotidien de ce peuple de nomade au début du siècle dernier. Il ponctue son histoire de son processus de questionnement quant à ces racines, questionnement intensifié lorsque, aux funérailles de sa grand-mère, une cousine lui a dit cette toute petite phrase : « Michel, l’Indien tu l’as en toi ! »

Crédit photo : Groupe Librex

Deux jours avant le lancement, j’ai rencontré Michel Jean pour lui en parler. C’est un homme occupé, entre une session de photo et une entrevue télévisée, qui s’est présenté devant moi, paré à répondre à mes questions. Il s’est adonné à l’exercice avec une grande générosité. Pendant plus d’une heure, nous avons discuté de Elle et nous.

Il s’avoue un peu fébrile, presque deux ans après que l’idée du récit ait germé en lui. Deux années de recherche et d’écriture. Jusqu’à maintenant, les commentaires sont très positifs. Malgré tout, il révèle que chaque fois qu’il écrit, il a peur que ça n’intéresse personne. Tout repose sur une question. Est-ce que l’histoire va toucher les gens ? Dans ce cas particulier, une interrogation s’ajoute : comment le livre sera-t-il reçu à Mashteuiatsh, où la communauté innue à laquelle appartenait sa grand-mère organise un événement le 21 avril prochain pour célébrer la sortie d’ Elle et nous ?

Crédit photo : Groupe Librex
À l’origine de Elle et nous, une phrase : « L’Indien, Michel, tu l’as en toi ». Prononcés par sa cousine, lors des funérailles de son aïeule, ces mots ont longtemps mijoté dans la tête de Michel Jean. Il a eu envie de partager le fruit de ses recherches et de raconter la vie des Innus au début du siècle. Ce qui est publié comme un récit était à l’origine un roman, pour l’auteur. « C’est un récit avec de la fiction dedans. Je ne me suis pas senti pris à respecter  absolument les faits. J’ai pris certaines libertés créatives, notamment la vraie date de naissance de ma grand-mère n’est pas identique à celle dans le récit, son ordre dans la famille n’est pas le même, mais l’essentiel est là. D’autre part, la scène de la tente tremblante s’est réellement passée. Elle est consignée dans un livre que je mentionne dans la bibliographie. Je ne voulais pas faire une biographie de ma grand-mère, mais raconter une histoire. J’aurais pu le faire avec d’autres noms, mais j’ai décidé de le faire avec les vrais noms. Je l’assume. Je le fais parce que ça ajoute au récit. Ce qui compte c’est le propos, c’est raconter une histoire qui va toucher le lecteur. Quand j’écris, c’est ce que je vise. » Fier de ses origines, ce périple dans la vie de sa grand-mère et de la communauté innue à laquelle elle appartenait lui a fait découvrir que malgré l’intérêt et la curiosité qu’il a toujours manifestés sur ses ascendances, il en connaissait bien peu. Ses recherches lui ont révélé une part de lui, qu’il reconnaît aujourd’hui comme Indien et qu’il assume encore plus qu’avant. Pour lui, ce sentiment d’appartenance est d’abord culturel et sentimental.


Crédit photo : Groupe Librex
Il note dans le livre qu’on tolère plus facilement le racisme envers les Indiens. Selon lui, c’est en raison du fait que le statut d’Indien est perçu comme étant un privilège, celui de ne pas payer de taxe, etc. « Dans les faits, ils n’en ont pas de privilèges. À l’époque, où ils ont coupé le bois qui longeait la rivière Péribonka, ils l’ont fait sans demander aux Innus ce qu’ils en pensaient, ils leur ont donné de l’argent et leur ont dit d’aller vivre à Pointe-Bleue. Être dépossédé de son mode de vie, de son territoire, ce n’est pas un privilège » dit celui qui précise qu’il paie des taxes, même s’il est Indien. Son prochain livre portera d’ailleurs sur les suites de la déforestation de ces terres à voir la passion avec laquelle il en parle, ça donne envie de le lire. Tout comme le présent ouvrage, ce sera toujours du point de vue de l’histoire de ces gens et non d’un point de vue politique qu’il l’écrira.

Malgré qu’il se considère de prime abord comme un journaliste, profession qui exige de traiter un sujet sous un angle précis, l’auteur lui, se garde toute la latitude pour les aborder  sous la facette qui l’intéresse le plus. « Dans mes livres, je ne fais aucun compromis. Je veux faire des histoires sur lesquelles je pense que j’ai quelque chose à dire, des choses qui vont toucher les gens. Premièrement, il faut que ce soit important pour moi. Je n’écris pas, je ne fais pas de choix en fonction de moi. C’est une démarche personnelle. » Le saut à l’écriture de fiction, il l’a fait après avoir écrit deux premiers livres, un d’intérêt public et l’autre un récit de son parcours comme envoyé spécial. Convaincu depuis un très jeune âge qu’il serait écrivain, il a été heureux de faire une transition entre les deux styles d’écritures. Sans ces deux premiers livres, il ne sait pas s’il aurait pu plonger directement dans la fiction. Ça été un travail d’apprivoisement qui se peaufine d’œuvre en œuvre.  

Au moment de publier cet article, le lancement avait eu lieu dans la salle bondée du restaurant L’Autre Version, dans le Vieux-Montréal. Famille, collègues, amis et contacts Facebook sont venus nombreux pour célébrer la sortie du récit. Sa grand-mère en serait sûrement surprise, mais bien certainement heureuse.


Ma chronique sur Elle et nous.



Crédit photo : Groupe Librex
Crédit photo : Groupe Librex


Crédit photo : Groupe Librex