mercredi 29 février 2012

Au lieu-dit Noir-Étang... : Naviguer en eaux troubles

On est aux États-Unis, Nouvelle-Angleterre, plus précisément à Chatham en 1926. La petite ville tranquille verra sa quiétude bouleversée alors qu’arrive une nouvelle enseignante, fraîchement débarquée de Boston. La jeune femme d’une beauté indéniable a été embauchée pour dispenser des cours d’art à Chatham School.

Henry, le fils du directeur de l’école, développe un lien particulier avec Mlle Channing. Elle partage le même rêve de liberté que lui, qui a du mal à se résigner à vivre une vie sans envergure. Réprimant sa rage d’exister selon ses aspirations, il est attiré par les adultes ayant ce même élan refoulé. Il vit par procuration l’histoire qui se tisse entre Mlle Channing et M. Reed, professeur de lettres et homme marié, qui est également le voisin de celle-ci.

On est ensuite entraîné dans un triangle amoureux, dont Henry est le témoin fortuit. On est à une époque où les sentiments et les désirs n’ont que très peu de place. Tout se joue donc dans les non-dits et dans l’interprétation que font les personnages des apparences. L’ambiance est trouble, les perceptions sont brouillées. On sent la tourmente dans l’écriture, dans le rythme du récit. Rythme qui croît à mesure que l’intrigue se resserre.

Avide de liberté et d’affranchissement, Henry voit en cette aventure l’espoir que l’on peut suivre ses aspirations profondes et ne pas se soumettre à la petite vie rangée que son père s’attend qu’il adopte. Lorsque les choses ne se passent pas comme il l’aurait souhaité, Henry est emplit de rage et se sent seul dans sa lutte. Pour lui,  renoncer à cette quête est tout simplement de la lâcheté.  Appuyé sur ses perceptions et alimenté par sa fureur, il prend alors une décision qui sera lourde de conséquences. Mais ce qu’il croit détecter est-il réel? Ces impressions ne parlent-elles parfois pas plus de lui que des gens impliqués? Influencées par ses propres désirs refoulés, sa frustration?

Malheureusement, un drame se joue et scelle sa décision de ne pas connaître l’amour et de rester seul toute sa vie. Ce sentiment pousse à poser d’horribles gestes. Quand les choses tournent mal, il s’y résoud de manière définitive et sans appel. Il ne ressent pas de culpabilité de ses choix et de ses actes avant la toute fin, et c’est dérangeant. On discerne très bien la carapace qu’il s’est forgée, plus rien ne semble l’atteindre. Ayant trop bien appris à réfréner ses émotions et désirs. Tous les adultes qui l’ont entouré démontraient cette même résistance. Pourtant, Mlle Channing lui disait : « Un artiste ne doit obéir qu’à ses passions […] Tout le reste n’est que nœud coulant autour du cou ».

Le début semble un peu brouillon. On a un peu de mal à s’adapter au rythme. Les parcelles d’informations que Thomas H. Cook nous livre sont morcelées. La construction paraît parfois un peu boiteuse. Comme s’il intercalait mal les indices du crime. C’est trop peu de données, ou pas assez clair. Il y a certains passages que l’on ne saisit pas, comme si le flou laissé par l’auteur nous porte à croire qu’il s’agit d’incohérences. Cette façon d’écrire est cependant volontaire. Thomas H. Cook veut jouer de l’ambigüité. Je ne suis pas certaine que ce soit toujours heureux. Aussi, les constants liens entre le discours de 1925, le présent et la déposition au procès, les références au portrait que dépeignait l’avocat et les questions posées au narrateur déstabilise parfois, mais bon! On finit par s’habituer. Toutefois, dès la troisième des cinq parties, l’écriture se fait plus solide.

Thomas H. Cook écrit de sorte à refléter les états émotifs des personnages dans les paysages, dans le climat tantôt calme, tantôt tempétueux. On perçoit très bien la lutte intérieure des personnages. On ne s’attache cependant pas complètement à Henry, on le sent inaccessible, presque insensible. Quant à Mlle Channing, on ressent un profond sentiment d’injustice à l’égard du sort qui lui est réservé. En finale, c’est un polar dont le suspense déstabilise, mais qui suscite d’intéressantes réflexions. On réalise que tout le monde refoule un certain élan et que dans la vie, il est des choses dont on ne s’affranchit jamais totalement.

Mon appréciation : *** ½ 

Au lieu-dit Noir-Étang…
Thomas H. Cook
Seuil Policiers
Février 2012


lundi 27 février 2012

Quand les parents désertent

Le roman est présenté sous la perspective de Jeanne Côté, une petite fille bien singulière. Elle n’a aucune affinité avec les autres enfants, ne se considère pas comme eux et préfère la compagnie des adultes, beaucoup moins dociles et plus intéressants gens de son âge. Elle se gave de récit d’histoire et fait une fixation sur Jacques Cartier et Jésus Christ. Elle rêve de devenir un grand homme et croit que ses aspirations sont possibles puisqu’elle a les mêmes initiales qu’eux.

Un de ses profonds malheurs est qu’elle a une mère insipide. Totalement ordinaire. En plus, elle ne s’occupe pas d’elle! C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle elle accepte de se faire une amie. Cette fille a une mère qui est le portrait de la perfection. Mais comme elle croisait à peine cette dernière, elle a rapidement mis fin à cette amitié. On sent bien que Jeanne a besoin que l’on prenne soin d’elle, mais également d’avoir un modèle à la hauteur de ses aspirations. Elle ne trouve personne à qui s’identifier afin de se construire et c’est une des raisons pour lesquelles elle se tourne vers Jacques-Cartier.

Tout se complique lorsque naît son petit frère. Il n’y a plus de place pour Jeanne, qui a du mal à entrer en relation avec le bébé. Désireuse d’améliorer la vie de sa famille, sa mère décide de déménager dans une commune. On est dans les années ‘70, le concept ne choque pas. Jeanne constatera avec dépit que ce qui les attend là est totalement différente de ce qu’ils ont connu auparavant. Il y a une section pour les adultes et une section pour les enfants. Ceux-ci ne sont que très peu en contact avec les «grandes personnes», sauf celui qui s’est vu attribuer la responsabilité de s’occuper d’eux, Purusha. Le sentiment d’abandon vécu par les petits est dérangeant et l’on se révolte de ces gens si égocentriques. On a parfois l’impression que l’auteure en met beaucoup, qu’il est impossible que des parents délaissent ainsi leurs rejetons, toutefois, lorsque l’on se replace dans le contexte historique, on y croit plus, malgré qu’on en soit outré.

Pour passer le temps entre les enseignements, comme elle est fascinée par Henry Morgentaler sur lequel une amie de sa mère écrit un livre, elle s’imagine ce qu’aurait pu être l’expérience du médecin dans les camps de concentration de Pologne et se joue ses scénarios dans sa tête ou avec Damien, un jeune garçon de la commune. Elle mémorise également les dogmes de Purusha, qu’elle idolâtre. C’est à ce moment que le lecteur se rend concrètement compte de l’importance qu’ont les adultes dans la vie des enfants. Jeanne fera de ceux qui s’occuperont d’elle ses maîtres à penser d’une façon propre à l’enfance et de tout ce qu’elle a d’absolu.

Imprégnée des principes acquis, elle se donne des responsabilités qu’elle n’est pas équipée pour assumer. Ce qui se produit généralement lorsque l’on vieillit trop vite et qu’on a pas tous les outils pour faire face à la vie, comme un adulte le ferait. Jeanne a dû rapidement apprendre à se débrouiller. Se répétant “La nécessité est mère de l’invention”, tel un leitmotiv. Elle prend donc les décisions qu’elle croit les meilleures, se retrouvant, au final, dans une situation plutôt délicate. On est bouleversé par cette résolution, mais inquiet de ce qui lui arrivera.

On s’étonne de voir cette fille si solide alors que plusieurs adultes n’ont pas le sens de leur propre identité. Néanmoins, le personnage est crédible notamment en raison d’un petit je ne sais quoi, d’une innocence, qui signale que l’on est tout de même en présence d’une enfant. Le regard lucide que porte Jeanne sur la vie a quelque chose de rafraîchissant. Elle n’est pas si exceptionnelle que cela. Plusieurs jeunes ne se sentent pas de liens avec ceux du même âge, bien qu’on en parle très peu.

Brigitte Pilote a une écriture directe, en ligne droite. Sans détour ni compromis. Elle dénonce l’irresponsabilité des adultes envers leurs enfants et on est secoué par ce qu’elle raconte et la façon dont elle le rend. Une lecture qui fait réfléchir sur l’impact de l’implication des parents.


Mon appréciation : *** ½ 

Mémoires d’une enfant manquée
Brigitte Pilotte
Stanké



samedi 25 février 2012

À qui les 3 paires de livres «La vie épicée de Charlotte Lavigne»?



Roulement de tambours!!! Les gagnantes du concours qui se méritent les deux premiers tome de La vie épicée de Charlotte Lavigne sont :





  • Véronique Gravel
  • Thérèse Genin
  • Sophie Laliberté

Félicitations à vous trois. Donc, chères gagnantes vous n'avez  qu'à m'envoyer vos coordonnées postales par courriel à l'adresse bookchick2@gmail.com. Je vous ferai parvenir votre prix dans les meilleurs délais!

Bonne lecture!


vendredi 24 février 2012

Contempler sa vie


Le sujet est simple. Condamné à mort, un auteur rédige ses dernières réflexions sur la vie. C’est tout. En fait, c’est simple, mais pas tant que ça.

Lire Jean-François Beauchemin, c’est aussi faire un long voyage en soi-même. Il force l’introspection sur certaines questions que l’on n’a pas l’habitude de s’arrêter, trop pris par la frénésie du quotidien. Cette pause est salutaire, même si elle peut être difficile par moment. Mais cela se fait graduellement. D’une part, parce que la mise en place du roman était peut-être un peu lente, qu’il faut persister pour accrocher, et d’autre part, parce que l’auteur a une façon pédagogique d’écrire. J’entends ici qu’il nous présente les éléments les uns après les autres, s’étant auparavant assuré que nous avions bien saisi sa conception du précédent. On apprécie les courts chapitres qui permettent de faire une pause et favorisent la réflexion et l’assimilation.

Comme l’annonce le titre, la vie est le fruit du hasard et de la volonté. Loin d’être adepte de fatalisme, l’auteur croit que l’être humain a un certain pouvoir sur son existence. C’est-à-dire que le hasard présente des évènements sur notre chemin, mais selon notre volonté, nous pouvons en modifier le cours ou les conséquences. Il a également une façon agréable de décrire les choses.

C’est un livre sur la dualité. Tout au long de sa réflexion, il oppose le passé et le futur. Le temps qui court et la patience à développer. Selon lui, l’âme ne porte pas seulement l’empreinte du passé, mais aussi le germe du futur. Elle serait « un fragment d’éternité ». Ensuite, on dénote un contraste entre la spiritualité et cette vision scientifique qu’affiche l’auteur, notamment sur la mort. L’être humain est donc en constant combat. En quête de sens, d’explication à ce qu’il ne comprend pas, ne maîtrise pas. Or, la mort est un de ces sujets qui soulève beaucoup d’interrogation, puisque personne ne peut dire de façon sûre, ce qu’il advient après.

On retrouve également une omniprésence du ciel étoilé, auquel l’auteur se raccroche, tel le lien principal à l’univers. Puis il y a l’amour. Cet amour qui transcende tout. Celui qu’il porte à sa conjointe. Un sentiment que le temps ne fait qu’affermir et qui fait figure de soutènement à son existence.

Malgré la prévisibilité des thèmes abordés, Jean-François Beauchemin s’est gardé de tomber dans le piège des épanchements, dans le sentimentalisme et tous clichés du genre. Le texte n’en est pas pour autant un discours savant. C’est beaucoup plus lumineux que ce  qu’on aurait pu l’anticiper, et c’est une des forces de cet ouvrage. Bien qu’on ait parfois l’impression que tout est trop parfait, que le narrateur est trop « zen », qu’on attend longtemps pour connaître pour quel crime on l’a condamné et que lorsqu’on l’apprend, on est un peu incrédule, cette exploration de l’amour, de la mort, du deuil et de la maladie, que l’auteur appelle son « autobiographie intérieure », est intéressante. Un roman allégorique qui nous plonge dans une profonde réflexion. Juste pour ça, ça vaut le coût. Une pause que l’on s’offre comme un cadeau.

Mon appréciation : *** 1/2

Le Hasard et la volonté
Jan-François Beauchemin
Québec Amérique


jeudi 23 février 2012

Prix des libraires du Québec – Vos favoris !

Le Prix des libraires du Québec en est à sa 19e édition. Ce prix vise à reconnaître et promouvoir la littérature, la lecture et la culture, de même que le rôle du libraire, et ce depuis 1994. C’est une initiative géniale et un rendez-vous annuel pour les lecteurs, auteurs et libraires. Il y a des prix pour la littérature Jeunesse et pour la littérature adulte. Dans cette dernière catégorie, un prix est remis dans la catégorie Romans québécois et Romans hors Québec.
Cette année, L’Association des libraires du Québec a choisi la comédienne Brigitte Lafleur à titre de porte-parole.
Il y a environ une semaine, je vous demandais de vous prononcer sur le roman adulte qui retenait votre vote pour chaque catégorie. Vous avec préféré :

Dans la catégorie Roman hors Québec
Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, publié chez J.C. Lattès

Dans la catégorie Roman québécois 
Sous béton de Karoline Georges, publié chez Alto.

Il faudra toutefois attendre jusqu’au 14 mai prochain pour le dévoilement des lauréat. Un événement est prévu au Lion d’Or à 19 h. Je vous tiendrai au courant, soyez-en assurés !
Résultats complets du sondage :
Lequel de ces romans étrangers retiendrait votre vote pour le Prix des libraires du Québec
La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe
  3 (15%)

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan
  9 (45%)

Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois
  4 (20%)

Une femme fuyant l’annonce de David Grossman
  3 (15%)

Du domaine des murmures de Carole Martinez
  1 (5%)

 Nombre de votes: 20


Lequel de ces romans québécois retient votre vote pour le Prix des libraires du Québec?
Arvida de Samuel Archibald
  4 (26%)

Le sablier des solitudes de Jean-Simon DesRochers
  3 (20%)

Sous béton de Karoline Georges
  6 (40%)

La marche en forêt de Catherine Leroux
  1 (6%)

Hongrie-Hollywood Express d’Éric Plamondon
  1 (6%)

 Nombre de votes: 15



mercredi 22 février 2012

Adeptes de chick lit : Charlotte est de retour et j'ai rencontré sa créatrice !

C’est la semaine dernière, autour d’un verre chez William dans le Vieux-Longueuil que j’ai rencontré la très sympathique Nathalie Roy, l’auteure de La vie épicée de Charlotte Lavigne, dont le deuxième tome est disponible en librairie dès aujourd’hui. Elle a bien voulu prendre une pause de l’écriture du troisième tome pour discuter un peu du deuxième.

On attendait le deuxième tome avec impatience, et on n’est pas déçus. Il est riche en rebondissements. Où as-tu pris toute cette inspiration?
Je suis moi-même surprise de l’imagination que j’ai. Dans la vie de tous les jours, je ne suis  pas une bonne raconteuse, mais par écrit, c’est arrivé comme ça.  J’ai lu Stephen King qui suggérait aux nouveaux auteurs d’écrire sur un sujet qu’ils connaissent.  Pour moi, c’est la cuisine et la télé. Pour les trois livres, en commençant à écrire je connaissais le début et la fin de chaque livre. Mais entre ça… aucune idée. Le reste est ouvert. J’aime profondément ce que je fais, j’aime profondément Charlotte. Ça aide. Aussi, pour les deuxième et troisième tomes, je connais mieux mes personnages et je vais plus loin.

Je dois dire, Charlotte est savoureuse ! Comment t’es-tu inspiré pour constituer ce personnage?
Le personnage plus que l’histoire s’est imposé. Après avoir été chef recherchiste à Kampaï  j’ai eu envie d’écrire un guide gastronomique. Puis je me demandais comment me démarquer. C’est là que Charlotte est arrivée. Au départ, c’était simplement une foodie, prête à tout pour séduire par la cuisine (un peu moi !). Je visais à faire un personnage, une marque de commerce, au-delà d’un livre. Depuis le premier tome, j’ai développé un côté marketing, j’adore la proximité avec les lectrices sur les médias sociaux, mon blogue, etc.

Au fil des livres, je commence à aborder des sujets plus sociaux, notamment la séropositivité de Justin. J’ai eu envie de faire comprendre davantage qui est Charlotte. Ce n’est pas la fille parfaite, pas l’amie parfaite. Je veux en faire une petite diva en puissance qui sera confrontée à ça.

Charlotte va se marier avec le charmant Maximilien, un diplomate Français. Tu abordes les différences culturelles avec un  réalisme, comment as-tu fait pour être si juste?
Tu sais, j’ai toujours aimé les Français. J’ai fait beaucoup de recherches. J’ai passé trois semaines à Paris. Je les ai observés, j’ai parlé à des amis Européens, à une amie Québécoise qui habite à Paris depuis plusieurs années. J’ai lu énormément de blogues et j’ai écouté des humoristes Français qui se moquaient des Parisiens.

Le vocabulaire du roman est, sans être du joual, résolument québécois. As-tu été tentée d’utiliser un français plus international, question de pouvoir percer le marché francophone hors Québec ?
Je suis resté dans ce avec quoi je suis à l’aise, dans une certaine zone de confort, mais challengé avec l’aspect Français.

La fin nous souffle vraiment. Qu’est-ce qui t’as fait choisir ce chemin pour Charlotte?
Je l’ai écrite comme une fin de télésérie, question de laisser en suspend. 

À quand le troisième tome ? On brûle d’impatience !
Je termine l’écriture du tome trois pour la fin avril. Donc pour une publication probable à l’automne. Ce sera le dernier tome de La vie épicée de Charlotte Lavigne. Je m’étais demandé si j’allais faire comme Sophie Kinsella qui en a fait sept ou huit tome, mais non, c’est sûr que ça se termine là. Mais j’ai une idée pour un autre roman…




Écriture

Comment se passe le processus d’écriture pour toi? As-tu un endroit ou un moment privilégié, un rituel pour écrire?
Je commence à écrire vers  6 ou 7 heures et je termine entre midi et 14 h. Je m’efforce d’écrire tous les jours, même si c’est juste un paragraphe. J’ai toujours mon histoire dans ma tête. Sans plan, sans bible de personnage, Je n’avais pas envie, mais je commence à y penser parce que j’oublie par exemple quelle auto avait un personnage, je dois retourner voir dans le deuxième tome.

Je finis toujours la journée d’écriture en plein milieu d’une phrase, parce qu’elle m’habite et je reprends le lendemain matin et je sais exactement ce que je vais écrire. Je fais aussi beaucoup de recherche en même temps. Je travaille dans ma cuisine, ça m’inspire… si je suis bloquée, je fais vaisselle, puis je reviens à l’ordinateur quand j’ai une idée.

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?
Les livres de cuisine, le milieu de la télévision.

En quoi ta profession de journaliste t’a aidé, ou nuit, dans l’écriture du roman?
Ça m’a énormément aidé. Je n’aurais pas pu écrire mes romans il y a 15 ans. Je m’inspire de tout ce que j’ai vu. Je ne suis pas une personne qui parle pas beaucoup dans la vie, comme je l’ai déjà mentionné et ça me sert d’avoir écouté les gens parler. J’ai des réflexes de journaliste. Je trouve que, de façon générale, les journalistes font de bon romancier.

Que penses-tu du regard un peu désobligeant que certains posent sur la Chick lit?
Je défends la Chick lit. Elle a sa place, ce n’est pas niaiseux ni superficiel. Et ce n’est pas parce qu’on aime ça qu’on est superficielle et qu’on ne peut rien dire. Au même titre que ce n’est pas parce qu’une femme s’achète un jeans à 300$ qu’elle est nécessairement superficielle.



Questions d’ordre général

·      Qu’est-ce qui te fait rire?
o   Je ne suis pas très joke. J'aime bien l’ironie. RBO me fait particulièrement rire.
·      Qu’est-ce qui t’enrage?
o   L’injuste, la profonde injustice. J'ai longtemps travaillé à J.E. pour cette raison.
·      Qu’est-ce qui t’émeut?
o   L’amour, de toutes ses façons.
·      Qu’est-ce qui t’inspire?
o   Les mécènes. Ils sont formidables! Donner la chance aux jeunes. 
·      Quelle est ta devise?
o   Une heure à la fois !
·      Seule sur une île, qu'apportes-tu?
o   Des livres, un ordi et un costume de bain !
·      Quel est le livre qui t’a le plus marqué?

o   Il faut qu’on parle de Kevin (mais je ne l’apporterais pas sur une île) C’est un livre troublant. Aussi, les Guillaume Musso, que je découvre.

·      Quel est ton péché mignon ?

o   Les frites mayonnaise

·     Si Charlotte était un plat, lequel serait-elle ?


o   Un plat de pâtes réconfortant traditionnel italien, du piment, de l’ail et une touche de cassonade. Un mélange bien bizarre, mais sweet  et réconfortant.

La vie épicée de Charlotte Lavigne tome 2 Nathalie Roy, Libre Expression






mardi 21 février 2012

Charlotte before Christ, un roman qui décape!


Charlotte before Christ, le premier roman d’Alexandre Soublières, ne laissera certes personne indifférent. Un ouvrage qui suscite des passions.

En bref, c’est l’histoire de deux jeunes amochés qui forment un couple déchiré, tiraillé… Sacha, provenant d’un milieu aisé, étudiant en biologie, atteint d’une forme d’arthrite parfois incapacitante, s’éprend de Charlotte, une demoiselle particulièrement troublée, qui aspire à la liberté.

Sacha et ses copains gosses de riches sont résolument désoeuvrés et un brin narcissiques. Ne jurant que par les Griffes, la porno, la drogue, les jeux vidéos, la musique, les films, la télé, Internet et le plus important à leurs yeux de garçons du début de la vingtaine, à en croire ce qu’on lit : le sexe! Hé oui! Ça sacre, ça baise, ça se dope, ça cause franglais et malmène le français quand ils l’utilisent.

On vogue selon la pensée de Sacha. D’un élément à l’autre, dans son monde imagé.  Au gré de ses divagations, devrait-on dire, car on sent une attention de courte durée. En effet, puisqu’il fait du coq à l’âne, le Sacha. Heureusement, on réussit généralement à le suivre.  Et, au travers son discours, l’auteur a parsemé des extraits d’un document qui s’appelle le BB. Qu’est-ce que le BB, on ne le découvrira que vers la fin. N’empêche que ça nous intrigue! 

De tout le texte ressort un certain mal-être typique aux jeunes adultes. Vous savez, cette quête d’amour, du sens et de sa place dans la vie? Ça se manifeste par l’autodestruction pour peut-être mieux se reconstruire après, s’ils en ont la chance. Leur existence tourne autour du sexe et de la drague. Ils utilisent les réseaux sociaux pour entamer des contacts, moyen préféré pour entrer en communication et supprimer la gêne des premiers rendez-vous. Tout se fait dans un quasi-anonymat.

Puis il y a ces « partys » qu’ils organisent dans les maisons de gens qui sont en vacances. Ils y boivent, consomment de la drogue, saccagent ce qu’ils trouvent. Ils recherchent du plaisir, quoi!

Ce qui frappe également dans le texte, c’est que Sacha vit sa vie comme au cinéma, voit tout comme des séquences de film et va jusqu’à employer des répliques tout droit sorties du grand écran pour marquer les évènements. Il prise tant sa relation avec Charlotte, qu’il aime, mais qui est si perturbée qu’il scénarise leurs interactions et les enregistre avec caméra.

Charlotte before Christ, c’est d’un trash cultivé. Quand même, on parle d’enfants issus d’un milieu aisé, mis à part Charlotte elle-même. Je me suis particulièrement marrée lorsque Sacha fait l’analyse et la critique des cafés glacés! Leur composition, leur viscosité, leur goût, etc., tout y passe comme s’il s’agissait d’un film, d’une œuvre littéraire ou tout autre travail d’artiste. Sinon, c’est vulgaire et certains diront que c’est un tantinet misogyne, en raison du regard réduisant les jeunes femmes principalement à des objets sexuels, au même titre que n’importe quel élément de leur univers.

Soublière ne se questionne pas sur les raisons des comportements de cette génération. Ce n’est pas le propos du livre.  Il en fait en quelque sorte l’état des lieux. La préoccupation centrale est la quête d’amour et de la conservation de celui-ci, qu’il soit de soi ou de l’autre. Le reste autour, ce n’est qu’ambiance.

Un roman qui décape, dans la lignée des Mile-End Stories de Pierre-Marc Drouin, La Solde d’Eric McComber, notamment.


Mon appréciation : ***

Charlotte before Christ de Alexandre Soublière
Les éditions du Boréal
224 pages
ISBN : 978-2-7646-2154-7
Janvier 2012


lundi 20 février 2012

L'arrière-boutique de la beauté

Le poète Fernand Durepos est l'auteur de neuf livres Artiste multiciplinaire, il a même récité sa poésie dans plusieurs lieu, bien avant que le slam ait fait son incursion au Québec.

Ce neuvième livre porte sur la mort de sa mère et sur l'affligeant processus de deuil devant s'accomplir suite à celle-ci. À sa façon, il nous invite à visiter son propre deuil, dans aucune pudeur. Avec des mots particulièrement touchants, il retrace son parcours débutant dès lors de l'annonce de la mort, jusqu'à la réappropriation de sa nouvelle vie. Cette vie maintenant  amputée d'un organe vital dont il sent encore la brûlante présence.

 Il s'exprime avec des mots dépouillés de complexité. Son texte est empreint de douleur et d'amour, de l'espoir vain qu'il retrouvera sa mère.

«m'allume une cigarette 
pèse un peu l'urne dans laquelle tu es la dépose 
et
droit dans le marbre
te regarde 
comme je peux »
Puis plus loin...

«oublier 
ne plus t'avoir
réduite en cendres 
pressé
redemander quelques secondes
m'aimes-tu encore?»
 
Ce sont les mots d'amour d'un fils, et non d'un homme qu'il nous présente. Car devant le décès d'un parent, nous devenons tous fils et filles. Un ouvrage où se côtoient tristesse et désarrois, mais également amour et tendresse. Un phénomène qui nous rejoint tous, exprimé sans fard. Un vibrant adieu!

Mon appréciation : ****



L’arrière-boutique de la beauté
Fernand Durepos
L’Hexagone
Janvier 2012
88 pages
ISBN : 978-2-89006-967-1


samedi 18 février 2012

Acquisitions de la semaine!

La semaine est terminée et il est temps de vous présenter les nouveaux ouvrages qui sont venus garnir mes bibliothèques cette semaine, question de vous inspirer.

Les voici donc!


Au lieu-dit Noir-Étang... de Thomas H. Cook 
aux Éditions le Seuil
Mémoires d'une enfant manquée de Brigitte Pilote chez Stanké
Le Hasard et la volonté de Jean-François Beauchemin 
chez Québec Amérique



Suivez donc mon blogue au cours des prochaines semaines pour savoir ce que j'en ai pensé.

Bon weekend!

vendredi 17 février 2012

Gagnez les deux premiers tomes de «La vie épicée de Charlotte Lavigne»


Pour courir la chance de gagner les deux premier tomes de La vie épicée de Charlotte Lavigne, rendez-vous sur ma page Facebook et répondez correctement aux questions et courez la chance de gagner les deux premiers tomes de La vie épicée de Charlotte Lavigne  publiés chez Libre Expression !

Modalités de participation : pour participer au concours, il faut avoir répondu correctement aux deux questions et aimer la page «La Bouquineuse boulimique». Si vous n'avez pas de compte Facebook, vous devez envoyer les réponses aux questions ainsi que vos coordonnées complètes à l'adresse bookchick2@gmail.com, le tout avant le 25 février, minuit (heure de Montréal) que vos réponses soient enregistrée sur Facebook ou par courriel. Une seule participation par personne. Trois personnes seront tirées au sort et chacune remportera un exemplaire de « La vie épicée de Charlotte Lavigne tome 1 - Piment de cayenne et pouding chômeur » et de « La vie épicée de Charlotte Lavigne tome 2 - Bulles de champagne et sucre à la crème » !




Bonne chance à toutes et à tous!