lundi 30 janvier 2012

Les gagnants du tirage des deux premiers tomes d'Isabelle Le Pain sont...

Merci aux Éditions AdA!


Vous avez été nombreux à participer au premier concours de l'année. En effet, 68 femmes ET hommes se sont inscrits pour faire parti des trois chanceux à mettre la main sur les deux premiers romans d'Isabelle Le Pain.

Félicitations à :

  • Julie Guérin
  • Andrée-Anne Gratton 
  • Carole Trottechaud-Grenier
Transmettez-moi vos coordonnées postales à labouquineuseboulimique@gmail.com afin que je puisse vous faire parvenir vos livres.

Prochain tirage sous peu!


samedi 28 janvier 2012

Ce samedi, j'ai acheté...

... La Tristesse du Samouraï de Víctor del Árbol chez Actes noirs / Actes Sud
Hôtel Adlon de Philip Kerr aux Éditions du Masque
Tes dernières volontés de Laura Lippman aux Éditions Toucan Noir

Petit samedi!


vendredi 27 janvier 2012

Résultat du sondage sur l’intérêt pour les livres numériques

L’engouement pour le livre numérique croit de jour en jour comme le laisse croire, entre autres, le sondage que j’ai effectué. En effet, 39 % des répondants affirment déjà lire des ouvrages électroniques et 7 % envisagent de le faire cette année. Les adeptes du support numérique lisent sans être encombrés dans le métro, l’autobus, l’avion. Dans les salles d’attente (on sait que les heures qu’on y passe sont nombreuses). Certains s’y intéressent par curiosité, d’autres, pour suivre la tendance, puis encore d’autres lecteurs assidus, qui cherchent à alléger leur bibliothèque, notamment.


Quant au sort du livre papier, lorsqu’on lit à ce sujet, on constate que personne ne s’entend sur ce qui adviendra de cette forme de livre. D’une part, il y a ceux qui affirment que le livre électronique remplacera le papier d’ici peu, d’autre part ceux qui avancent que la nouvelle ferveur entourant le livre électronique ne menace pas le bon vieux livre. Que cela permettra de rejoindre un plus grand nombre de gens. Et à mon avis, c’est ça le principal. Ici, 33 % des répondants disent préférer la forme papier au format numérique et 13 % des sondés avouent n’être aucunement tentés par le livre numérique.

Bref, la disparition du livre papier n’est pas pour demain. De nombreux titres ne sont pas disponibles en format numérique. Cependant, je crois que la tendance sera si forte que les éditeurs devront s’ajuster aux demandes des lecteurs.

En attendant, je me réjouis de l’ampleur que semble prendre la lecture, quelle que soit la forme de support utilisé. C’est un gain appréciable, ne croyez-vous pas?



Oui, c'est déjà fait
  26 (39%)

Je prévois de le faire cette année
  5 (7%)

Non, je préfère les livres papier
  22 (33%)

Je ne suis aucunement tenté par les livres numériques
  13 (19%)














Nombre de votes jusqu'à présent : 66
Sondage terminé





mercredi 25 janvier 2012

Nouvelles acquisitions




Ont trouvé leur chemin dans ma bibliothèque, deux livres qui ont été transposés au grand écran. Il s'agit de Les descendants de Kaui Hart Hemmings et Le second souffle de Philippe Pozzo di Borgo qui a inspiré le film Les intouchables. Je m'empresse d'en faire la lecture pour vous en parler! 

lundi 23 janvier 2012

Entrevue avec Sophie Bérubé auteure de «Sans antécédents»





Sophie Bérubé a publié l'automne dernier Sans antécédents, un thriller psychologique sur les relations de couples, la violence conjugale et la santé mentale. Elle y dépeint avec réalisme et finesse ces phénomènes encore trop fréquents. 
Je lui ai posé  quelques questions pour comprendre ses motivations à écrire sur ces sujets à teneur sociale. Je la remercie de s’être livrée dans cette entrevue écrite, avec transparence et générosité.

Qu’est-ce qui vous a amené à écrire ce thriller psychologique?
J’ai été témoin de plusieurs histoires de couples où la femme et l’homme avaient des perspectives complètement différentes de leur relation. Moi-même j’ai vécu des conflits où chacun de nous avait une vision différente, crédible mais irréconciliable avec celle de l’autre. Mais c’est surtout l’affaire Turcotte qui m’a interpelée et m’a donné la petite poussée de plus pour que j’écrive le premier chapitre. Dans les reportages sur cette affaire, je reconnaissais la façon dont le cardiologue décrivait sa relation avec son ex et je savais qu’il y avait sûrement une autre perception, aussi crédible, sinon plus, de l’autre côté. Mon sentiment d’indignation a cédé le pas à ma créativité et j’ai commencé à concrétiser mon projet d’écriture à ce moment-là.

Vous avez choisi de présenter l’histoire selon la perspective de chacun des personnages, plutôt que de les intercaler dans le texte ou en alternant de personnage à chaque chapitre. Qu’est-ce qui a guidé ce choix?
La perception d’un événement isolé n’est pas la même chose que la perception de l’ensemble d’une relation. Et c’est une vision globale que je voulais donner au lecteur. Dans un cas comme dans l’autre. C’est ensuite au lecteur de choisir comment il se positionne face à tout ça. Aussi, pour la plupart des gens qui vivent cette problématique subtile, il faut toujours raconter tout, depuis le début, sinon, on ne comprend pas ce que la personne vit.  Et c’est rare qu’on a toute la version d’une personne et toute la version de l’autre aussi, pour se faire vraiment une idée. Même chez le psy, ça ne se passe pas comme ça !
Mon roman est donc exclusif en ce sens. C’est un peu comme si vous rencontriez une personne et qu’elle vous parlait de son ex et quelques mois plus tard, vous aviez la chance de discuter longuement avec cet ex. Ce serait bien si on pouvait faire ça non ? J

Vous abordez la folie, la violence psychologique avec une acuité impressionnante. Avez-vous fait des recherches ou avez-vous un talent naturel pour saisir les dynamiques humaines?
   D’abord merci pour le compliment inclus dans la question !! Parce que j’ai été témoin de ce type de violence, parce qu’il m’est arrivé d’en vivre aussi, je savais comment raconter, mais il me fallait m’appuyer aussi sur de la recherche. Pour moi, l’œuvre de la psychiatre Marie-France Hirigoyen a été déterminante dans ma compréhension des mécanismes de cette violence.
    Pour ce qui est de la folie, je n’ai pas peur de dire que j’ai moi-même vécu des expériences qui s’en rapprochent et qui m’ont aussi amenée à faire des recherches et à mieux comprendre ces phénomènes.
   
  La violence conjugale est une problématique non seulement individuelle, mais sociale, quelle est votre vision du phénomène?
Le phénomène de la violence conjugale est tellement répandu, c’en est inquiétant. Chaque année, des milliers de plaintes. Je dirais que c’est plus qu’un phénomène de société. C’est un problème de famille que nous avons.  Et on dirait que c’est un problème qu’on a peine à affronter.
Surtout dans le cas des séparations.
Je dis souvent qu’il est temps qu’on évolue à ce sujet. Avant on appelait les pédophiles des « Mononcles cochons » et on n’intervenait pas. Aujourd’hui, on agit, on dénonce.
Et bien je crois que ce que nous appelons aujourd’hui des « séparations difficiles », nous appellerons ça de la violence conjugale et que nous interviendrons.  Bref, que la violence conjugale ne sera plus tolérée dans le futur.

Que croyez-vous que nous pouvions faire pour enrayer ce phénomène, en tant que société?
Ouf. Je suis convaincue que la première chose à faire est de comprendre. Comprendre pour faire cesser et guérir. Ce qui implique que non seulement les victimes, hommes ou femmes,  réalisent dans quel engrenage elles sont tombées prisonnières mais que l’entourage aussi en prenne conscience, même si c’est parfois douloureux puisque cela implique parfois de dénoncer ceux que l’on aime et respecte.  Et aussi, parce que cela implique de réaliser que la violence fait partie de nos vies plus que nous voulons bien le penser.

Plus concrètement, je crois qu’il faut augmenter les ressources en matière de travail social dans les C.L.S.C. et dans les écoles, que les psy reçoivent tous une formation obligatoire sur le sujet pour bien l’identifier auprès de leurs clients et que certains livres qui informent bien sur ce sujet soient en lecture obligatoire à dans les écoles, que ce soit dans les cours d’éthique ou de français.

Et de façon plus spécifique, qu’est-ce que les proches de gens vivant ce type d’histoire, devraient faire ?
INTERVENIR. DÉNONCER. DÉMASQUER. Ne pas avoir peur des conséquences.
D’abord prévenir la victime qui est souvent trop empêtrée dans son histoire pour s’en rendre compte et s’en sortir. Ne pas avoir peur de perdre un ami. Lui donner un livre de Dr Hirigoyen ou mon livre ou toute lecture qui explique bien la problèmatique. S’informer au C.L.S.C. le plus proche ou à S.O.S. Violence Conjugale.
Et aussi, par rapport à la personne violente :
Si on disait à la personne qu’elle est violente, que ses comportements étaient inacceptables et violents, qu’elle risquait de commettre l’irréparable, peut-être que cette personne allumerait. Elle ne demanderait peut-être pas de l’aide, mais se tiendrait peut-être plus tranquille. 

D’autre part, malgré le fait qu’on parle de plus en plus de santé mentale, c’est encore un tabou.  À quoi cela est dû selon vous?
C’est un tabou pour quiconque ne connaît pas ces problématiques. Mais encore là, c’est une question d’information.
1 personne sur 5 souffre de maladie mentale. Dès qu’on commence à reconnaître que c’est partout, dans toutes les familles et que ça peut nous arriver à nous… le tabou devient un peu dérisoire.

Dans votre livre, un drame se passe dans la vie de Roxanne et Thomas. Croyez-vous que dans les situations de violence ce soit inévitable?
    Je crois qu’on peut éviter la violence physique lorsqu’on sait à qui et à quoi on a affaire. De là, l’importance de démasquer les gens qui risquent d’avoir des comportements violents. Dès lors qu’on identifie la violence psychologique, qui cause autant de blessures, sinon plus, que la violence physique, il faut intervenir. D’abord auprès de la victime, avec l’entourage et les professionnels. Ensuite, on peut dénoncer les comportements violents d’une personne, en n’ayant pas peur d’utiliser les bons mots. Cette personne peut parfois se croire tout permis, il est bon de la ramener à l’ordre.
   
   Ça demande beaucoup de ressources. Il ne faut pas avoir peur d’aller chercher ces ressources.  Elles existent, c’est ça l’important.

   Qu’est-ce qui vous a fait choisir cette fin?
J’ai longtemps hésité. J’aurais pu laisser le lecteur sans réponse. J’ai choisi de donner la voix à un témoin neutre pour répondre à certaines questions. Mais encore, le lecteur demeure souvent troublé par cette lecture, car le témoin neutre n’est pas infaillible.

J’ai quand même choisi de répondre à certaines questions pour ceux et celles, et Dieu sait qu’il y en a des milliers, qui vivent ce que mes personnages ont vécu.

On dit souvent qu’il y a une petite partie de l’auteur dans ses personnages. Est-ce le cas dans votre roman?
Bien sûr, je n’aurais pas pu rentrer autant dans leur intimité s’il n’y avait pas de moi dans les personnages.

En quoi vous retrouvez-vous dans chacun d’eux?
Si j’avais été un homme, j’aurais probablement voulu être cool comme Thomas, faire plusieurs conquêtes avant de rencontrer LA femme…  Je crois que Thomas a un peu de ma sensibilité mais il la cache bien.
Quand à Roxanne, je dirais que c’est un peu moi il y a quelques années, mais que j’ai beaucoup changé depuis.

En quoi sont-ils différents de vous?
J’ai plus d’ambition que Thomas et beaucoup moins de détachement.
J’ai plus d’humour que Roxanne et je suis moins émotive, dramatique qu’elle.

Qu’aimeriez-vous que les gens retirent de l’histoire de Thomas et Roxanne?
   Qu’il y a toujours deux côtés à une médaille, que c’est une histoire captivante qui pourrait nous arriver à tous ou à quelqu’un que l’on aime, qu’il est urgent de régler nos conflits intérieurs si on veut vivre le meilleur de l’amour et non le pire comme dans leur histoire.




Écriture

Comment se passe le processus d’écriture pour vous? Avez-vous un endroit ou un moment privilégié pour écrire?
J’ai presque entièrement écrit mon roman dans un café sur le Plateau, le Café Névé, qui est toujours plein maintenant. Alors j’écris plus chez moi ces jours-ci. J’avais un objectif de mille mots par jour et il m’arrivait d’en faire deux mille dans une bonne journée. Il faut que j’aie l’histoire dans ma tête, que j’aie un simili plan et ensuite je m’y attaque tel un artisan qui fait un meuble. Un morceau, un chapitre à la fois.

Qu’aimez-vous dans le fait d’écrire?
  COMMUNIQUER. C’est ma passion.  De pouvoir faire vivre une expérience au lecteur, dans l’émotion, c’est le summum de la communication.  Mon but ultime est de communiquer l’incommunicable. Arriver à partager ce qui se passe dans la tête, dans le cœur, et pourquoi pas dans le corps d’un personnage, aux lecteurs.

   En quoi votre profession de journaliste vous a aidé, ou nuit, dans l’écriture votre premier ouvrage de fiction?
Ça m’a aidé à bien raconter, sans fla fla, une bonne histoire. J’ai mis de côté mes ambitions de poètes et de citation dans le dictionnaire pour raconter de manière plus parlée, et je crois que ça a servi le roman.
En journalisme, je ne me suis jamais mise de l’avant, c’est le sujet qui était important, et j’espère faire la même chose en écriture.  Je ne veux pas que le lecteur s’arrête sur une phrase en disant : « Wow ! Quelle belle tournure de phrase ! Quel auteur formidable ! » mais plutôt qu’il soit ému, captivé, troublé et se reconnaisse par moments dans mon livre.  Selon moi, le lecteur ne paie pas pour admirer le talent d’un auteur mais pour vivre une expérience.  Vous ne verrez donc jamais de longues descriptions interminables dans un de mes livres.

Envisagez-vous d’écrire un autre roman? Si oui, de quoi parlera-t-il?
Oui ! La Sorcière du Palais : un roman thriller qui porte sur la disparition d’une avocate de la défense qui a mauvaise réputation qui devrait paraître d’ici un an. Mais pour les prochaines semaines, je me consacre à la traduction du roman Arranged de Catherine MacKenzie.

Questions d’ordre général

Qu’est-ce qui vous fait rire? L’absurdité, l’autodérision, ces petits travers que nous avons tous en commun, mes amis, les grimaces de ma fille.

Qu’est-ce qui vous enrage? La cruauté, l’injustice, la violence, l’indifférence, le mépris.

Qu’est-ce qui vous émeut? La bonté, la complicité réelle, l’intimité, la maladie, le succès après l’effort, la capacité des gens à surmonter les épreuves.

Qu’est-ce qui vous inspire? La vraie générosité, trop rare, celle qui est complètement désintéressée.  L’entreprenariat et la créativité de ceux qui réussissent.

Quelle est votre devise? Un petit pas chaque jour.  (et quand je suis en écriture ou en traduction : 1000 mots par jour !  Et maintenant je suis à l’entraînement : 30 minutes par jour ! )

Seule sur une île, qu'apportez-vous? Ma fille et un iPad bien rempli de musique, de films et de livres numériques.

Quel est le livre qui vous a le plus marqué?
Le comte de Monte Cristo  de Dumas. Je me souviens de l’avoir dévoré durant la nuit pendant mon adolescence et d’avoir plongé dans l’univers de ce personnage marqué par l’injustice. Par contre, je ne partage pas son désir de vengeance.

Et j’ajoute, plus récemment, Emmanuel Carrère, Un roman russe, car c’est ce livre qui constitue pour moi l’objectif de vérité sur soi à atteindre en tant qu’auteure et personne.


Sophie Bérubé a une formation en droit et en philosophie. Elle a pratiqué comme avocate, mais depuis plusieurs années elle est journaliste, animatrice, productrice et auteure. Vous pouvez la voir à VOX où elle anime l’émission Sans filtre.


vendredi 20 janvier 2012

L'histoire touchante d'une passion amoureuse


L’amour n’est rien
Nadia Gosselin
Les 400 coups
Janvier 2012
210 pages
ISBN : 978-2-89540-580-1


Avec une plume d’une belle poésie, Nadia Gosselin raconte l’histoire du deuil amoureux. Après une rencontre qui semble avoir été dictée par le destin, une femme croise à nouveau un homme qu’elle a connu 20 ans plus tôt. Ils sont maintenant tous les deux libres de relations de couple et s’éprennent l’un de l’autre avec une passion fougueuse. Ils vivent des moments exquis, puis de douloureuses séparations, du fait de leur éloignement géographique, mais également de ses procédures de divorce, à lui. Il ressent la nécessité d’un certain espace, d’un recul pour régler sa vie, et lui demande d’être patiente avec lui. Elle attend, déchirée entre son respect pour les besoins de cet homme qu’elle aime et son désir d’être avec lui, et elle lutte pour ne pas trop souffrir. Mais la douleur éprouvée s’accroit au rythme de la distance de plus en plus grande qu’il lui impose. Leur amour est-il possible? Est-il assez fort pour survivre aux tracas et aux aspirations de chacun? Est-ce qu’il résistera au fait qu’il se présente au mauvais moment?

Original dans sa forme, étant rédigé à la deuxième ainsi qu’à la première personne, ce récit est un amalgame de lettre et de journal intime. D’abord réticente, j’ai été émue par cette passion amoureuse. Il est vrai qu’il faut un certain temps à s’habituer à la structure du roman, à son rythme ainsi qu’à ses propos. On a, au départ, l’impression d’être témoin de quelque chose de trop privé pour que l’on y soit convié. L’auteur démarre l’histoire avec un ton et des révélations si intimes que cela déstabilise. Ce sentiment nous quitte au fur et à mesure que nous tournons les pages. On finit par faire partie de cette intimité, de ce couple, car ce qu’on lit résonne en nous. Plus on avance, plus on est pris dans cette relation qui aurait pu être la nôtre, qui l’a peut-être déjà été.

Nadia Gosselin propose une intéressante réflexion sur l’amour. Sur ce que c’est, ce que l’on doit en attendre ou pas. Peut-il survivre à la passion et aux circonstances de la vie? Son écriture poétique emplie de sublimes images nous berce tout en nous faisant entrer au cœur de cette relation.

L’amour n’est rien est son deuxième roman. Il sera disponible en librairie dès le 25 janvier.

Mon appréciation : *** ½


mercredi 18 janvier 2012

Un premier tome réussi!

La vie compliquée de Léa Olivier
Tome 1. Perdue
Catherine Girard-Audet
Éditions les malins
Janvier 2012
310 pages
ISBN : 978-2-89657-139-0


Dans un roman parsemé de quelques « Lol», Catherine Girard Audet raconte les tribulations de Léa, une ado de 14 ans qui voit sa vie bouleversée alors qu’elle quitte son petit village tranquille pour déménager avec sa famille à Montréal. Laissant derrière elle son amoureux, Thomas, et sa meilleure amie, Marilou, elle tente tant bien que mal de s’adapter à son nouvel environnement et à sa relation à distance.

Dans ce premier tome de la série La vie compliquée de Léa Olivier, Catherine Girard-Audet traite agréablement des amours, des amitiés, de l’adaptation et de l’intégration dans une nouvelle école avec tout ce que ça comporte. Certes, ces thèmes n’ont rien d’original, ce sont des classiques et ils intéressent les adolescentes. En contrepartie, la présentation du roman est originale, actuelle et appropriée au lectorat visé : la majorité du texte est rédigé sous forme de courriels échangés entre Léa et ses amis, de clavardage et de publication sur un blogue d’aide pour les ados.

La qualité de la langue est très bonne, élément appréciable. Certaines « erreurs » qui n’en sont pas apparaissent pour assoir la crédibilité des personnages. Rare sont les adolescents (et les adultes, soyons francs) qui s’expriment dans un français impeccable. Il n’est pas nécessaire d’avoir un langage « full ado » pour intéresser ces derniers. Et comme lecture et apprentissage de la langue vont de pair, chapeau à l’auteure de leur présenter un livre qui s’en soucie.

La vie compliquée de Léa Oliver tome 1 saura plaire aux préadolescentes et adolescentes. Elles attendront avec impatience les autres tomes de la série, assurément.

Mon appréciation : *** ½  



lundi 16 janvier 2012

Petit tirage!!



Pour bien débuter 2012, pourquoi pas un premier concours?!


Pour courir la chance de gagner les deux livres d'Isabelle Le Pain, L'autre moitié du lit et L'amour... pas pour moi, merci! Vous n'avez qu'à vous rendre sur ma page Facebook, cliquer sur concours et répondre à la question. Vous avez jusqu'au vendredi 27 janvier 2012 à 16h59 pour participer. Le tirage aura lieu à le 27 janvier 2012 à 17h.

Bonne chance!


Toi et moi, it's complicated !

Toi et moi, it's complicated
Dominic Bellavance
Coups de tête
128 pages
Mars 2010
ISBN :978-2-923603-37-7
http://coupsdetete.com/index.php?id=30


Daniel voit son existence chamboulée après avoir embrassé une fille au cours d’un party d’étudiants. Le problème, c’est qu’il a une copine, Véronique. Bon, il veut la laisser, mais n’a pas encore eu le cran de le faire. Ce courage, il le trouve alors qu’une vidéo de lui en pleine étreinte avec la demoiselle fait apparition sur Facebook. Il saisit l’occasion pour rompre avec sa copine et commencer sa nouvelle vie en tentant de séduire Vickie, celle qu’il a frenchée durant la soirée. Mais voilà, Véronique, qui est outrageusement jalouse au point d’avoir comploté avec des filles afin de filmer Daniel pendant le party, ne l’entend pas de cette façon. Elle lui réserve toute une surprise!

Daniel est véritablement accro à Facebook. Il y passe une somme de temps considérable. À chaque instant, il change son statut pour informer les gens de ce qu’il fait, par exemple : « Daniel Perreault marche vers le cinéma en sifflant ». On reconnaît là bien des adeptes de Facebook qui chroniquent les moindres détails de leur vie.

C’est un tout petit livre qui se dévore en un après-midi. L’écriture est dynamique et le style résolument actuel. La mise en page est adaptée selon qu’il s’agisse d’un dialogue, d’une réflexion, d’un statut ou d’un clavardage. Cela favorise la compréhension et rythme l’histoire.

Avec humour, Dominic Bellavance amène le lecteur à se questionner sur l’utilisation que l’on fait des réseaux sociaux et sur la divulgation d’informations personnelles. Le tout sans ton moralisateur, après tout, il est lui-même présent sur Facebook et Twitter! Reste que ça donne la frousse de voir avec quelle facilité on peut nuire à quelqu’un. Bon, on le savait avant, mais là, on le réalise un peu plus. Comme quoi Internet ne nous simplifie pas toujours la vie.



Mon appréciation : *** ½  


samedi 14 janvier 2012

Dans ma boîte aux lettres cette semaine

Pour bien commencer la nouvelle année, quoi de mieux que quelques livres pratiques et des essais!

La sexualité spectacle de Michel Dorais chez VLB Éditeur


Je mange avec ma tête d'Élise Deslauriers chez Stanké
Su - La cuisine de Turquie de Fisun Ercan chez Trécarré



10/4 - Perdre sainement 10 livres en 4 semaines et Le nouveau guide Vivre plus, tous deux de Karine Larose chez Trécarré
Su - La cuisine de Turquie de Fisun Ercan chez Trécarré




vendredi 13 janvier 2012

Par hasard... rue Saint-Denis : un roman frais et divertissant

Par hasard… rue Saint-Denis
Chloé Varin
Stanké
128 pages
Avril 2008
ISBN : 9782760410626
ISBN Epub : 9782760412064


J’ai lu Par hasard… rue Saint-Denis à sa sortie en 2008. Comme il est maintenant disponible en version numérique, j’ai eu envie de vous en parler.

Stella Champagne n’a pas vu son père depuis des années lorsque celui-ci décide enfin de se pointer à nouveau dans sa vie. Il lui offre un abonnement au théâtre afin qu’ils puissent apprendre à se connaître et s’apprivoiser tranquillement. La réunification sera difficile, Stella étant réticente, car son père a déjà tenté un rapprochement, pour ensuite disparaître dans la nature. Ajoutez les commentaires maladroits du papa à une Stella cynique à l’humour caustique et aux réparties cinglantes, et vous avez droit à des échanges corsés entre Jean et sa fille.

À l’aide d’une plume vive et un style incisif, Chloé Varin décrit de manière fascinante le jeu qui a court entre Stella et Jean. La dynamique intérieure de la jeune femme est intelligemment rendue. Il y a même certains passages où l’on se laisse toucher par cette relation qui se crée à nouveau. L’écriture est à la fois imagée et, par moment, totalement exaltée. En outre, l’histoire est remplie de petits clins d’œil à la vie Montréalaise et de référents culturels québécois, comme :

« Si ma vie était en cinémascope, ce serait à ce moment que le réalisateur insèrerait un déchirant solo de violoncelle »

Ou encore de phrases pareilles à celle-ci, qui s’avère assez réaliste :

« “Aimer, c’est laisser partir.” Foutaise! Aimer, c’est apprécier la présence et appréhender l’absence. »

Bref, c’est une lecture rafraîchissante et agréable, d’une auteure prometteuse. Une série jeunesse est d’ailleurs prévue pour ce printemps. C’est une bonne nouvelle, mais… quand aurons-nous droit au prochain roman pour adulte?

Mon appréciation : ****


mercredi 11 janvier 2012

Une vie à aimer : le sentiment amoureux vu d'une perspective masculine


Une vie à aimer
Michel Jean
Libre Expression
224 pages
Septembre 2010
ISBN : 9782764805060


Entouré de femmes tout au long de son enfance, Marc-Antoine a développé une affection particulière pour celles-ci.  Il s’éprend pour la première fois à 5 ans d’une personne plus âgée que lui. Sa première relation amoureuse, à 15 ans, a duré trois ans et il a été complètement démoli. Il prend la décision de ne plus ouvrir son cœur aux femmes, uniquement son lit. Mais tout cela change quand il rencontre Helen, 10 ans après sa résolution, qui avec sa prestance et sa passion lui fait retrouver les chemins de l’amour. Il vit des années de bonheurs lorsqu’un drame survient. Il se referme à nouveau pour de nombreuses années. Apparaît à ce moment une nouvelle stagiaire à son bureau d’avocat. Encore une fois, il craque pour cette jeune femme déterminée et passionnée. Malheureusement, une autre catastrophe l’attend. Il est victime d’un grave accident qui le laisse dans un état paralytique tel que même les médecins le croient dans un coma profond, mais ce n’est pas le cas. Il n’arrive seulement pas à communiquer.

Sur l’aspect structurel, la narration alterne entre le passé et le présent. Marc-Antoine adulte et maintenant lourdement handicapé se remémore sa vie et porte une réflexion sur celle-ci de même que sur les rapports humains, plus spécifiquement entre les hommes et les femmes. Il s’adonne aussi à un certain regard sur lui-même et son état, qui est plutôt touchant. Les allers-retours dans le passé attisent le lecteur et éveille sa curiosité. D’autre part, quoiqu’elle permette de bien planter le personnage de Marc-Antoine tant jeune qu’adulte, il y a quelques petites longueurs lors de la mise en place de celui-ci. Par contre, l’auteur se reprend très bien sûr le fond du roman.

D’un naturel passablement anxieux, Marc-Antoine s’ouvre à l’autre, à la vie au contact de femmes particulièrement lumineuses, physiquement et psychologiquement assumées. La passion qui les anime, tout comme leur engagement l’autorise à s’investir avec elles. On sent toute leur importance pour lui.

Michel Jean présente la souffrance face à l’échec amoureux d’une perspective masculine. De plus, au fil des chapitres, on constate bien les différences entre les hommes et les femmes sur l’approche de la personne. Tant concernant la séduction, mais également lors des soins des individus handicapés, ou en perte d’autonomie. L'auteur traduit également de façon très touchante et tangible l'impuissance de Marc-Antoine, emprisonné dans ce carcan de chair. 

Le roman est un hommage à la gent féminine, oui, mais surtout un genre d’apologie de la sensualité. Au-delà de la sentimentalité, de la sexualité, c’est surtout le désir de contact physique que l’on ressent, qui vibre au travers des pages, autant lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, que depuis qu’il est alité et que tout le monde le croit dans le coma, on sent bien l’importance des sens. Le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue sont tous sollicités dans la rencontre, dans la vie de tout être humain, point. Ils ont besoin d’être stimulés. Si ce n’est pas le cas, l’individu dépérit. Quand on les active à nouveau, la personne reprend du poil de la bête.

Le deuxième roman de Michel Jean exsude la tendresse, le désir, non seulement de l'acte sexuel, mais de la proximité physique de l’autre. C'est une facette que les hommes explorent  trop rarement et c'est une des forces d'Une vie à aimer. De plus, il est également empli d’espoir. C’est une leçon sur force d’aimer et d’aimer la vie malgré ses circonstances.

Mon appréciation : ****


Une vie à aimer, publié en 2010 est le deuxième roman de Michel Jean, qui fût précédé par Un monde mort comme la lune, paru en 2009. Il offrira un troisième roman, Elle et nous à ses lecteurs en avril 2012. Il a également publié Envoyé spécial, un récit, en 2008.