lundi 1 octobre 2012

Réanimation de Cécile Guilbert

Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


Lorsqu’il atteint ses cinquante ans, Blaise tombe gravement malade. Il est terrassé par une infection virulente, une cellulite cervicale. Hospitalisé et maintenu dans le coma pour trois semaines, il doit subir deux opérations par jour afin d’éradiquer tout les tissus contaminés.

Ainsi Cécile Guilbert met-elle la table de ce roman, qui porte sur les contrecoups de la maladie chez les proches, l’horrible attente, l’angoisse et l’espoir. Cette absence temporaire deviendra-t-elle permanente?

La thématique du corps omniprésente. Le corps malade, mais également comme sujet et objet d’art. La narratrice étant artiste, elle cherche un sens à ce drame dans la culture, l’art et la littérature, plus particulièrement la mythologie grecque. Quoi que généralement agréable, ça occasionne toutefois quelques longueurs.

L’auteure dresse plusieurs parallèles entre l’art et le corps, entre celui-ci et la maladie, puis entre cette dernière et la résurrection. De même, les aller-retour à l’hôpital sont reflétés dans les réminiscences des bons moments passés avec Blaise. Puis encore, une chaine : le sommeil, l’insomnie, le coma artificiel de Blaise et la mort. Tout semble interrelié et la narratrice essaie de faire de l’ordre dans tout cela, de voir un signe que Blaise reviendra, qu’il sera réanimé. Après tant d’années, elle ne peut se résoudre à se séparer de l’homme qu’elle aime tant. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus dans ce roman, cet amour puissant et souffrant en même temps. Une relation où la vie sans l’autre est inenvisageable.

L’écriture de Cécile Guilbert est en général sensible. Certaines phrases sont un peu alambiquées, notamment au début, ce qui fait que cela prend un petit moment avant d’entrer dans l’histoire. Cependant, plusieurs passages sont poétiques et permettent de mesurer l’ampleur du drame quotidien de cette femme.

Réanimation
Cécile Guilbert
Grasset
Papier : 29,95 $ / 18€

2 commentaires:

  1. Cette critique ne va pas à l'essentiel. Elle se contente de décrire platement l'intrigue, en ajoutant ça et là quelques réserves sur le style pour prétendre à l'objectivité. Grande superficialité ! Car il s'agit là d'un roman qui dans son tréfonds renoue avec les grands thèmes métaphysiques de la mort et, bien sûr, de l'amour. De plus, en s'appuyant de façon souveraine sur les mythes fondateurs de notre civilisation, l'auteur donne à ce récit, en partant d'un fait divers, la dimension d'éternité et d'universalité qui sont la marque des grands oeuvres.
    Bref, la critique a manqué ici de perspicacité.
    Michel KLEIN

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    1. C'est probable qu'elle manque de perspicacité. Chaque lecteur en tire des choses différentes. Bien contente de lire votre avis sur la chose. Il y a toujours place à la discussion.

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