mardi 4 septembre 2012

Yukonnaise : un peu de fraîcheur!


 Par Karin Boyer

Isabelle vient d’une famille bourgeoise de Québec pour qui le paraître est d’une très grande importance. Isabelle peu intéressée par l’école devient esthéticienne, elle est très jolie, s’arrange comme une poupée, personne ne s’inquiète pour elle, elle se trouvera un mari avec un bon salaire. C’est exactement ce qui se passe, mais Isabelle se rend finalement compte qu’elle ne sait rien et qu’elle ne peut avoir aucune conversation intelligente. À 30 ans, gênée, elle décide de retourner sur les bancs d’école, termine son secondaire 5, son cégep et s’inscrit en histoire à l’université. Son chum ne comprend pas son cheminement, il la préférait comme femme-trophée et finit par la quitter pour une jeune fille de 19 ans.

En profonde peine d’amour, pour se changer les idées et penser à autre chose, Isabelle sort danser un soir avec des copines et rencontre Guy. Celui-ci habite au Yukon, au bout de la route à Dawson City. Il l’invite à se joindre à lui pour le reste de l’été avant qu’elle reprenne ses cours en septembre. Arrivée dans cette contrée nordique où le jour et la nuit se confondent, Isabelle qui n’est jamais allée plus loin que Québec, est en état de choc. De plus, Guy ne lui avait pas tout dit, il habite dans une cabane en bois rond sans eau courante, sans électricité et isolée par une rivière fougueuse qu’il doit traverser en canot. Isabelle perd tous ses repères propres à notre société occidentale. Elle est malheureuse de ne pas pouvoir se laver les cheveux tous les jours, ni prendre sa douche, mais elle est amoureuse, ce qui l’aidera à apprivoiser cette nouvelle vie qu’elle finira par quitter et... je ne vous dévoile pas la fin.

Ce livre nous démontre la futilité de nos habitudes, de notre identité, et de nos priorités occidentales. On réalise à travers l’histoire et l’attachement que nous ressentons pour les personnages, qui semblent parfois tomber dans la caricature, mais qui sont en réalité très réels. Le livre se lit facilement et on veut connaître la suite qui nous intrigue. Au début, l’histoire semble banale et les personnages superficiels, mais plus on avance dans la lecture, plus on s’intéresse aux personnages et à l’histoire.

Bien avant la fin du roman je remettais ma vie en question, j’étais prête à quitter mon confort urbain et m’installer dans le bois, dans une cabane en bois rond, sans eau courante, sans électricité et sans téléphone. J’ai toujours cru que les gens qui osent tout quitter de notre société moderne et hyper consommatrice font preuve d’un énorme courage. Se reconnecter avec la nature et vivre au rythme des saisons est aussi selon moi un acte héroïque. Je voudrais pouvoir le faire comme Isabelle, le personnage principal du livre. Le Yukon était devenu ma future destination. Durant ma lecture, j’avais chaud (merci à la canicule) et la glace et le froid qui reviennent sans cesse dans l’histoire me donnaient vraiment envie de m’y retrouver. J’aurais aussi voulu aller prendre une bière avec Guy.

Yukonnaise
Mylène Gilbert-Dumas
VLB éditeur
Papier : 29,99 $
Numérique : 20,95 $

6 commentaires:

  1. Ca me donne bien envie... de le lire... et de partir au Yukon aussi :D :D

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  2. Hé bien... à priori, tout semble aux antipodes de ce que j'apprécie, mais cette chronique me donne vraiment envie de découvrir ce livre! ;¬)

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    1. ah! Intéressant comme effet! :) Si jamais vous le lisez, venez nous en parler!

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  3. Sans faute!! J'en ai déjà beaucoup en attente sur ma liste de lecture, mais celui-ci y est ajouté!
    Donc, je ne sais quand, mais je ne manquerai pas de vous en donner mes impressions. ;¬)

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