mardi 18 septembre 2012

Les Maudits, Tome 1 - Résurrection




Questions à Edith Kabuya auteure de Les Maudits, tome 1 - Résurrection  


Le livre
Dans Les Maudits, tome 1 - Résurrection  vous abordez les relations frère-sœur, les liens solides, la mort et les êtres surnaturels. Pouvez-vous nous résumer l’histoire de votre roman ?
C’est l’histoire de Robin Gordon qui, après une mort brutale, se fait ressusciter par Vince Salmoiraghi. Sa nouvelle existence est « maudite », c’est-à-dire qu’elle partage à présent les symptômes de la Malédiction qui accable la famille Salmoiraghi. Elle ne supporte plus la lumière du jour, perd tout appétit, doit boire du sang pour survivre et, elle voit les Autres. Non seulement doit-elle s’adapter à tout ça, elle doit également trouver l’identité de la personne (ou la chose) qui l’a tuée en premier lieu.

Où avez-vous puisé l’inspiration pour ce roman ? Comment avez-vous fait votre recherche ?
Pour les éléments surnaturels, j’ai concocté une sorte de bouillabaisse de tous les mythes que je connaissais et de ce qui me faisait peur personnellement. Afin d’ajouter une touche réaliste, j’ai également exploré l’histoire de certaines cultures (les Gitanes, par exemple), mais sinon, pour le reste, je puisais dans ma propre imagination.

Comment vous êtes-vous inspiré pour constituer le personnage de Robin? Et de Vince ?
Robin et Vince se sont développés tout naturellement au fil de mon écriture. Au début, je souhaitais un caractère plus timide chez Robin, mais c’est une rebelle, elle faisait tout le contraire de ce que je lui planifiais. J’ai dû retaper des tas de scènes pour ne pas contredire avec sa personnalité. Vince, lui, est plus docile. : )

On dit souvent qu’il y a une petite partie de l’auteur dans ses personnages. En quoi vous retrouvez-vous dans Robin? Et Vince ?
C’est drôle, mais les seuls personnages qui sont inspirés de véritables personnes sont Stéphanie (l’amie d’enfance de Robin) et Phoebe (la jumelle de Vince). Stéphanie est mon portrait tout craché et Phoebe a les traits (exagérés) de ma meilleure amie.
Quant à Vince, nous sommes très différents l’un de l’autre, mais nous partageons certaines valeurs, comme l’honnêteté.


En quoi sont-ils différents de vous?
Robin a tous les défauts que je n’ai pas et Vince a toutes les qualités que j’aimerais posséder. Contrairement à Robin, je ne mens jamais (si, si je vous jure), j’écoute les conseils que l’on me donne, et j’adore lire. D’un autre côté, j’aimerais avoir le tempérament placide de Vince. (Et sa moto).


Vos parents sont originaires du Congo. Votre personnage principal est issu d’un métissage. C’était important pour vous de refléter la réalité multiculturelle dans votre livre ?
Il s’agit d’un autre élément qui s’est naturellement intégré dans mon écriture. J’ai grandi dans un milieu très diversifié : née à Montréal, racines Congolaises, éducation québécoise, des amis de toutes strates et de toutes couleurs. J’aime le bain multiculturel dans lequel j’ai grandi; j’aime donc le retrouver dans mes univers.

Qu’aimeriez-vous que les gens retirent de votre roman?
Mon but n’a jamais été de véhiculer une « morale ». Les lecteurs interprètent ce qu’ils veulent du roman. Je désirais seulement raconter une histoire. Selon nos expériences et nos attentes face à une lecture, nous retirons tous une interprétation différente de cette dernière. Je veux qu’il en soit de même pour mes lecteurs.

Où nous mènera le deuxième tome ? Est-ce que vos lectrices pourraient avoir une petite primeur?
Nope ! (rire diabolique)

Écriture

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ce genre littéraire ? Qu’aimez-vous plus particulièrement dans la littérature fantastique ?
Je suis tombée dedans en lisant mon premier Harry Potter. Depuis, je n’arrive plus à m’en défaire. Je varie beaucoup mes lectures, mais le fantastique… je ne sais pas, j’ai un véritable faible pour ça. En réalité, ce n’est pas tant le genre qui m’attire, mais la complexité des personnages qu’un auteur m’offre. Un être humain reste humain malgré son environnement, et c’est intéressant de voir cette constante dans un contexte fantastique. On dirait également que les enjeux sont plus risqués dans ce type de littérature; tu peux pousser les personnages au bout de leurs limites sans que ça ne ruine leur crédibilité.


Comment se passe le processus d’écriture pour vous? Avez-vous un endroit ou un moment privilégié, un rituel pour écrire?
Le seul véritable rituel que je respecte à chaque séance d’écriture, c’est de commencer sur une chanson des BackstreetBoys (Get Down, plus précisément). Mais chaque fois je m’installe devant mon ordinateur, c’est toujours une expérience différente. Un chapitre peut me prendre une heure comme plusieurs jours. J’ai un bureau, mais pour ne pas trop m’enfoncer dans la routine, je change parfois de lieu pour écrire.
  
Qu’aimez-vous dans le fait d’écrire?
Aimer écrire? Je ne sais pas si j’aime écrire. C’est un acte plus fort que moi. Je ne devrais pas aimer écrire. Je suis bien trop sociale, trop énergique, pour rester en place devant un ordinateur ou un cahier. Pourtant, c’est viscéral, je dois écrire, je dois raconter quelque chose, sinon, je n’arrêterais pas de parler et je suis suffisamment bavarde comme ça!!! Et puis, je m’exprime beaucoup mieux par écrit que verbalement.

En quoi considérez-vous que votre formation académique (notamment en psychologie) a été un atout pour l’écriture ?
Ça m’aide énormément à complexifier mes personnages. J’ai un penchant pour la pensée freudienne : je crois que l’individu est en fait un énorme iceberg, et j’adore gratter sous la surface de mes protagonistes pour révéler leurs véritables motivations. Je crois également que le passé, surtout l’enfance, a un énorme impact sur les actions et les perceptions d’une personne; cette dernière aura plusieurs identités selon les situations dans lesquelles elle se retrouve, les individus avec qui elle interagit, et pourtant, ces identités proviennent d’une seule et même souche.
J’adore jouer avec la perception des lecteurs et des personnages. Résurrection est raconté sous le point de vue de Robin. On voit l’histoire à travers ses yeux, mais elle, elle voit ce qui lui arrive selon ses perceptions et ses attentes. Il ne faut donc pas croire tout ce qu’elle affirme; nous nous mentons souvent à nous-mêmes et Robin n’est pas une exception. Par exemple, elle dit qu’à côté des géants qui étudient à son école, elle a l’air petite alors qu’elle a la taille moyenne.
C’est faux. Elle est petite. Elle ne veut pas juste pas l’accepter.
Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
Les livres. Les films. La musique.
Est-ce que l’écriture est une expérience difficile pour vous?
Des jours, oui, des jours non. C’était plus facile lorsque je n’écrivais pas pour publier, ça c’est sûr.
Vous avouez être une boulimique de lecture, quels sont vos auteurs préférés ?
J’en ai trop !! JK Rowling, Orson Scott Card, Suzanne Collins, Suzanne Martel, Bruno Hébert, Philip Pullman, Marie Laberge, Robin Hobb.

Questions d’ordre général
Qu’est-ce qui vous fait rire?
À peu près n’importe quoi
Qu’est-ce qui vous enrage?
Les suicides et les gens qui lisent la fin d’un livre avant de le commencer (je ne sais pas pourquoi, mais le dernier m’énerve en pas possible).
Qu’est-ce qui vous émeut?
Les histoires d’amitié.
Qu’est-ce qui vous inspire?
Tout.
Quelle est votre devise?
La vie est trop courte alors, do you.
Seule sur une île, qu'apportez-vous?
Ma bibliothèque. Vraiment pas intelligent, je crèverais de faim, mais je peux survivre longtemps avec de l’eau et des mots.
Quel est le livre qui vous a le plus marqué?
La Stratégie d’Ender, de Orson Scott Card. Le film sort en 2013!!

Quel est votre péché mignon ?
Les gâteaux au fromage. Mon royaume pour une pointe.

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