jeudi 20 septembre 2012

L'amour dure trois ans

Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

À l’éternelle question « l’amour heureux et durable existe-t-il? », Marc Marronnier, écrivain en instance de divorce, répond « L’amour dure trois ans ». Sèchement et sans équivoque. Trois ans. Pas plus! À ceux qui lui disent être marié depuis 20 ans, il réplique que le mariage peut durer toute une vie, mais l’amour, lui, non. Proposant le sexe comme baromètre de la vivacité de ce sentiment, il prétend que les trois années d’une relation se déroulent comme suit : la première année est celle de la passion, la deuxième, la survenue de la tendresse et de la complicité, puis la troisième, on ne se parle plus, on se fuit, on ne se supporte plus. Ou encore, comme il le dit plus simplement : « La première année, on achète les meubles, la deuxième année on déplace les meubles, la troisième année on partage les meubles. » Il passe le mariage à tabac, critique l’institution plutôt que le rite, le qualifiant de « totalitarisme conjugal ».

Sa théorie est échafaudée de manière parfois solide, d’autres fois quelque peu boiteuse. Il avance, et on a tendance à être d’accord, que c’est le monde moderne qui tue le couple, le quotidien, le stress, les pressions. Particulièrement dans une société de consommation où l’on est habitué à acheter, consommer, jeter et acheter à nouveau. Dès qu’une relation suscite des insatisfactions, on repart en magasiner un autre.
Ajoutons à cela la proximité. Généralement, on convoite ce qu’on ne possède pas, on ne désire pas ce que l’on a. Le mystère, la conquête, l’envie de connaître, c’est ce qui alimente le feu. Il affirme ceci : « Pour être heureux on a besoin de sécurité alors que pour être amoureux on a besoin d’insécurité. Le bonheur repose sur la confiance alors que l’amour exige du doute et de l’inquiétude. Bref, en gros, le mariage a été conçu pour rendre heureux, mais pas pour rester amoureux. »

D’emblée, je dois avouer que j’aime le personnage de Frédéric Beigbeder, ses prises de position, ses coups de gueule, que je sois d’accord ou pas avec ses points de vue. C’est un individu qui me charme. Il est d’une intelligence vive! On a déjà comparé son style d’écriture à celui de Salinger. Deuxième aveu, je n’ai pas suffisamment lu de Salinger pour m’exprimer sur ce rapprochement, néanmoins, je peux confirmer que sa plume est fluide, simple et accessible. On s’attache à Marc Marronnier, qu’on soit d’accord ou non avec sa théorie. Il y a une désinvolture, un cynisme, un pessimisme chez Marronnier. Toutefois, comme tout être humain, imparfait, il est aussi un grand sensible, un passionné de l’amour… Car il croit qu’il existe, mais pas qu’il dure, nuance. Cependant, il s’éprend d’une autre récente divorcée rencontrée à des funérailles. Leur relation survivra-t-elle à la date fatidique?

Certains sont choqués par le titre. Ils disent que c’est une théorie à la con, d’ailleurs Marc Marronnier l’affirme lui-même! Mais, lisez-le! Ne vous laissez pas rebuter. C’est un bouquin qui m’a ravi. Elle a suscité chez moi des masses de rires. Que du bonheur! Les pages se tournent d’elles-mêmes. Vivement la sortie du film au Québec, le 15 octobre prochain!

L’amour dure trois ans!
Suivi du scénario
Frédéric Beigbeder
Le livre de poche
Papier : 9,95 $




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