dimanche 23 septembre 2012

La promesse d'Érika

Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Avertissement : Cette chronique contient des références à la  sexualité.


Mon collègue blogueur, Serge Léonard, et moi avons tous deux lu le même roman que nous commentons sur nos blogues respectifs. Pour avoir son point de vue sur le roman, vous n'avez qu'à cliquer ici.

Érika a presque 40 ans. Son mari l’a quitté pour une autre femme. Elle promet alors de ne plus jamais être amoureuse. Fini pour elle la vie de couple, elle ne recherche que le plaisir. Dès qu’elle sent qu’un de ses TPO (temps partiel occasionnel) s’attache, elle met fin à cette « relation ». Que du charnel ! Elle reprend sa sexualité en main, perd du poids, s’offre de nouveaux vêtements et elle est parée pour de belles et chaudes rencontres avec de jeunes hommes, attirée qu’elle est par leur corps et leur endurance. Voilà pour la trame. On ne peut en dire plus, car on en sait peu sur qui elle est. C’est fort certainement intentionnel, puisque ça fait en sorte que toutes les femmes peuvent s’identifier à elle.

Je ne saurais débuter sans mentionner qu’il est difficilement concevable qu’en 2012 les protagonistes n’utilisent pas de préservatifs lors de leurs ébats. J’entends d’ici les commentaires du genre « ça brise l’élan » et du même acabit. À cela, je réponds qu’il s’agit d’être créatif. Cela peut être très érotique. Côté sensations, il faut apprendre à les apprivoiser. Et il y a des moyens d’accroitre les sensations. Comme ce n’est pas le propos de cette chronique, je m’arrêterai là. Bref, pour que de telles pratiques deviennent naturelles pour tous, on aurait avantage à en retrouver également dans les films et livres érotiques.

Concernant l’ensemble du roman en tant que tel, il est assez intéressant. Les fantasmes présentés sont, pour la plupart, des fantasmes courants. Qu’il s’agisse de sodomie, de sexualité dans la nature, de triolisme, d’enseignement sexuel, etc. Ce qui permet de trouver une résonance dans l’imaginaire érotique d’un grand nombre de gens. Notons que la scène avec le pêcheur est plutôt originale et le chapitre se termine par une chute intéressante. On y retrouve plusieurs clichés, comme beaucoup de littérature érotique, notamment la robe noire décolletée et les bottes de cuirs à très hauts talons. Des valeurs généralement gagnantes.

La promesse d’Erika s’adresse tant aux hommes qu’aux femmes, bien que le lectorat principal de la littérature érotique soit plus féminin, les hommes, plus avides de stimulations visuelles, ayant plus fréquemment recours à des films ou des vidéos disponibles sur Internet.

Les scènes décrites sont de bon goût et ne heurtent globalement pas les sensibilités. Toutefois, pour les femmes, il manque un peu de matière, de liant. Il y aurait pu y avoir plus d’histoire plutôt que simplement des introductions aux passages sexuels. Bon, vous me direz qu’on ne lit pas pour l’histoire, mais cela pourrait être un ajout bénéfique. Hormis cela, il aurait également été souhaitable de varier un peu les scénarios d’initiation des rapports sexuels, ceux-ci débutant presque tous par des fellations, comme si c’était LA façon de débuter.

Le fait de mettre en scène une femme entreprenante, à l’aise dans sa sexualité normalise l’appropriation des femmes de leur sexualité. Malgré ce que l’on puisse croire, de nombreuses femmes ont du mal à assumer leurs besoins sexuels ou, à tous le moins, certains de leurs désirs.

La plume de Cécilia est limpide. Le roman, tout petit, tout court n’est certes pas de la grande littérature érotique, mais ça fait le travail. Pourquoi ne pas lire ce livre en couple?

La promesse d'Erika
Cécilia
Les Presses Libres

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