vendredi 7 septembre 2012

La dure réalité de la frontière Américano-Mexicaine


Par Dominique de Leeuw

La plume de Sebastian Rotella sent l’encre journalistique, ce qui nous donne une histoire d’une précision quasi chirurgicale, dont les événements auraient pu être publiés dans un grand quotidien. L’auteur nous emmène sur la frontière Américano-Mexicaine aux côtés d’un des agents frontaliers du nom de Valentin Pescatore. 

Par une nuit qui ressemble à tant d’autres, il voit son destin basculer lorsqu’il décide de poursuivre un passeur jusque chez lui à Tijuana. Il brise ainsi une des règles d’or du service : ne jamais franchir la frontière. Afin de ne pas subir une enquête des services internes et de se retrouver dans une prison fédérale, il accepte de collaborer avec une agente américaine, Isabel Puente, qui, au demeurant, ne le laisse pas indifférent. Commence alors un travail d’infiltration qui va le mener de sa propre unité à l’une des familles de trafiquants les plus puissantes de Tijuana.

 L’auteur nous livre un personnage principal complexe qui le rend très réel. Tout au long du roman il est possible de suivre l’évolution de sa pensée, ses états d’âme et les doutes qui s’insinuent en lui, l’aidant à survivre à son infiltration. En parallèle, l’univers politique et policier mexicain corrompu par la mafia est dévoilé sans fioritures. Mais l’espoir est permis puisque nous y trouvons des personnages, et surtout une unité anticorruption menée par Leo Mendez, le groupe Diogène, qui se bat pour ramener l’ordre.

C’est un livre captivant qui mérite que l’on s’y attarde. Le travail de recherche de l’auteur au cours de ses années de journalisme forme un canevas solide et qui soutient à merveille le récit. Les quelques 20 ou 30 premières pages peuvent paraitre un peu difficiles, car il faut s’habituer à son style. Mais une fois passé cette étape, il devient très agréable à lire et plus on avance, plus il nous captive. Le suspense est bien mené et, tout comme pour le travail d’infiltration, la pression monte et ne se trouve libérée qu’à la fin de l’histoire.

Triple Frontière
Sebastian Rotella
Édition : Expression NOIRE
Papier : 29,95 $
Numérique : 21,99

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