mercredi 22 août 2012

Un polar sur fond d'intolérance, de passion et de vengeance


Par Yannick Ollassa / La Bouquineuse Boulimique

La onzième enquête de Maud Graham s’ouvre sur la mort d’un éminent homme d’affaires du Québec, Bernard Saucier. Celui-ci a été retrouvé mort abattu chez lui, après une soirée bien arrosée. Bien sûr, un si grand homme d’affaires n’est pas sans de nombreux ennemis. C’est bien là que cela se corse. Graham et ses collègues ont tant de pistes à suivre que c’est presque comme s’ils n’en avaient aucune, ce qui donne du fil à retordre à Graham.

Leurs recherches les mènent rapidement au passé de Saucier, plus particulièrement trente années avant le meurtre alors qu’il travaillait dans un chantier avec de nombreux hommes.  Graham découvre que trois des hommes de la bande de Saucier ont également été assassinés, à la même date, à dix ans d’intervalle. Ce qu’ils apprendront les laissera pantois.

Dans ce polar bien ficelé, Chrystine Broullet évoque le phénomène de bande, l’esprit de groupe dans ce qu’il a de négatif. C’est-à-dire l’intimidation, l’esprit de vengeance, la passion, la haine, la peur de la différence, plus spécifiquement l’homophobie et le racisme. Bref, l’intolérance et l’effet d’entraînement que peut avoir un meneur sur les autres membres du groupe.

Toujours géniale, Maud Graham se base sur une solide expérience qui lui permet, après un travail ardu, de trouver le coupable. Encore une fois, son sens de l’observation et sa très grande intuition seront au service de grand nombre d’intrigues, finement enchevêtrées. Certaines se dénouant pour laisser place à d’autres qui se nouent à leur tour. Malgré la complexité des intrigues et le rythme généralement soutenu, hormis pour quelques passages permettant de voir l’aspect humain de l’enquêtrice, le récit est facile à suivre et donc prenant.

L’auteure, au sommet de son art, agrémente le roman, comme elle en a l’habitude, de recommandations de mets et de vin, ce qui rend l’histoire encore plus réelle dans l’imaginaire du lecteur, tout en lui filant des tuyaux. C’est d’ailleurs en cours de lecture que j’ai appris comment faire infuser un thé à l’eau froide!

En somme, c’est une lecture comme je les aime. Une histoire solide, un intrigue serrée, des personnages avec du corps, un rythme qui ne permet pas de sombrer dans l’ennui et un peu de culture générale. Tout à fait génial.

Mon appréciation : **** ½ 

La chasse est ouverte
Chrystine Brouillet
La courte échelle
Papier : 24,95 $
Numérique : 16,99 $ 

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