jeudi 5 juillet 2012

Les Verrats

Qui a dit que le 450 était exempt de crime? David, Marco et Samuel, trois adolescents de secondaire 3 qui y résident, sont bien la preuve qu’on peut non seulement s’y ennuyer, mais s’y livrer à des larcins en tout genre. Ces jeunes paumés — que certains diraient de bonnes familles — ont pour loisir la violence, le vol et la consommation de drogue et de porno. Constamment à la recherche de sensations fortes, ils en auront pour leur argent, bien malgré eux.

C’est une écriture crue et décapante que celle d’Edouard H. Bond. On jase, là, mais je me demande pourquoi, pourquoi (oui, deux fois pourquoi. Je marque l'intensité du questionnement ;-) !)les gars qui ont une plume urbaine sentent le besoin de parler du péristaltisme de leurs intestins (à plusieurs reprises, une fois on comprendrait) et de nous décrire — OK avec un réalisme génial — le résultat de ce travail? C’est là mon seul bémol, très personnel, bien sûr. Vous pouvez me traiter de coincée, ce n’est pas grave! Oui, c’est naturel! Oui, ça fait partie de la vie! Reste que je vois les images et je sens les odeurs (encore une fois, beau travail d’auteur) et ça m’incommode un tantinet quand c’est plus d’une fois. Bref!

Le roman aborde la délinquance née de l’oisiveté de certains jeunes qui sont complètement perdus. Ils sont perdus parce que, en raison de l’ennui et des sentiments de pouvoir et d’exaltation que cela leur procure, ils se sont enfoncés dans une criminalité de laquelle il serait fort étonnant qu’ils ressortent. Ces derniers le nieraient, c’est sûr, mais ils se sentent abandonnés par leurs parents qui, surchargés de travail, de drames personnels et de frustrations diverses ne sont pas toujours disponibles. Ces jeunes sont la représentation typique des individus aux sensations émoussées qui se lancent dans des aventures extrêmes pour avoir l’impression de vivre, ce qu’ils trouvent dans les délits. Ils semblent tellement au point mort que même une situation perçue dramatiquement pour une majorité de personnes semble les laisser plus ou moins de glace, ou les toucher en superficie.

L’histoire est racontée en accord avec l’esprit de l’adolescence. Le présent et le plaisir sont tout ce qui compte. Il n’y a ni passé ni futur. Simplement la recherche de gratification immédiate par des moyens les plus socialement inacceptables possible. Les personnages sont en surface puisque la voix du narrateur est celle de David, le plus cultivé des trois. Malgré son intérêt pour la littérature, il raconte les choses telles qu’il les perçoit avec la capacité d’analyse d’un ado. En ce sens, c’est tout à fait approprié. Ne vous attendez donc pas à une critique sociale d'un phénomène, mais aborder plutôt cette lecture comme une photo, qui renvoie simplement une image sans l’analyser. Un divertissement rapide et agréable.

Mon appréciation : *** 3/4

Les Verrats
Edouard H. Bond
VLB Éditeur
19,95$ Papier
17,99$ Epub

3 commentaires:

  1. Je m'étais fait la même remarque à plusieurs reprises (mais pas sur ce livre, que je n'ai pas lu) au sujet des fonctions corporelles et péristaltisme divers. :)) N'empêche que ce billet est bien tentant!

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    1. Fiou! Je ne suis pas la seule!! Dernièrement, j'ai lu plusieurs livres qui ont suscité ce questionnement.

      Cela dit, c'est un très bon livre. J'ai beaucoup aimé.

      :-))

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  2. Bof, un autre auteur en série :(

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