lundi 7 mai 2012

Quand j'en aurai fini avec toi : Un suspense digne d'une série télé


La professeure Claire Lanriel aspire à devenir directrice du département de Matériaux de l’Université Richelieu,  une école polytechnique. Or, son chemin ne sera pas aussi aisé qu’elle l’avait prévu, alors que des lettres anonymes sont envoyées au Directeur en fonction. Celles-ci allèguent qu’elle aurait falsifié les résultats de recherche de sa thèse, vingt ans auparavant. Détestée de ses collègues pour son attitude ainsi que sa manie de vouloir s’attribuer tous les mérites, elle a aussi maille à partir avec Monica, une étudiante en maîtrise qui effectue des travaux sous sa supervision.

Jean-Philippe Bernier a choisi pour théâtre de son premier roman Montréal et l’Estrie. Il a créé de toutes pièces l’Université Richelieu, sur les flans du Mont-Royal. L’histoire semble, de prime abord relativement simple, pour se complexifier au fur et à mesure que la lecture avance. La trame de fond est tissée de luttes de pouvoir au sein des équipes de recherche, d’avidité, voire de vampirisme, de machinations et de vengeance.

À un autre niveau, il est aussi question du processus de maturation de Monica, qui fait son entrée dans le monde des adultes naïve et bienveillante. Elle sort de cette expérience une femme plus méfiante ayant appris durement à se protéger des jeux de pouvoir.

Les personnages se construisent tranquillement. On les découvre grâce à une présentation de leur situation vie, ce qui permet de saisir leurs dynamiques. Claire Lanriel est l’antihéroïne par excellence. D’apparence agréable, elle se révèle froide, calculatrice et manipulatrice; cherchant à atteindre ses buts à n’importe quel prix. Tout comme ses collègues et étudiants, on la déteste. Cependant, il y a également cette curiosité à la limite du voyeurisme, de savoir quelle vacherie elle fera ensuite et si elle se fera damer le pion dans sa quête.

Suspense sans grande explosion, Quand j’en aurai fini avec toi maintient néanmoins un rythme soutenu qui accroche le lecteur de la première à la dernière page. Les informations sont distillées au compte-goutte avec ingéniosité. Juste assez pour captiver l’intérêt, pas trop pour laisser deviner tous les maillons de l’intrigue.

Comparé à la série Damages où Glenn Close joue une avocate impitoyable et inhumaine, Quand j’en aurai fini avec toi possède en effet tous les éléments permettant d’en faire une série télévisée. Le deuxième tome paraîtra  en janvier 2013. Une sortie à surveiller

Mon appréciation : *** ½

Quand j’en aurai fini avec toi
Jean-Philippe Bernié
la courte échelle

6 commentaires:

  1. Je note avec hâte de le lire.

    RépondreSupprimer
  2. Je l'ai lu et ma critique, quelque peu différente de la tienne !, sortira à La Recrue et au Passe-Mot le 15 de ce mois-ci.

    Je suis contente que tu aies aimé, d'autant plus quand c'est une série, c'est une agréable nouvelle pour l'auteur et la maison d'édition.

    RépondreSupprimer
  3. Oui ma liste s'allonge et je crois bien que de lire trop de billets intéressants sur vos lectures me donnent l'envie de les découvrir à mon tour. ;-)

    RépondreSupprimer