mercredi 25 avril 2012

Une histoire de cowboys et de belle au cœur de Montréal.


Au départ, je dois avouer que ce n’est pas nécessairement un sujet qui a suscité chez moi l’emballement. Le monde équin en est un que je ne connais pas, je n’ai jamais été tentée de faire un tour de calèche, je les remarque à peine quand je me promène dans le Vieux-Montréal. Par contre, je trouve les chevaux très beaux, très nobles, tout comme je trouve ces animaux mystérieux. Ça s’arrête là. Cela dit, malgré mon manque d’intérêt pour le théâtre où se passe Griffintown, Marie-Hélène Poitras a su me captiver de début à la fin. C’est là toute la force de l’écriture de l’auteure. Je pourrais terminer ma chronique là, tout est dit. Je vais tout de même vous expliquer plus avant ce qui m’a plu de ce livre.

Avec Griffintown, on fait incursion dans un monde que nous ne connaissions pas. Un monde que l’on n’aurait pu imaginer. Une petite société en marge d’une plus grande. Ce microcosme, qui possède ses lois propres, est composé de parias. À travers une intrigue de meurtre, on découvre la vie des cochers, ces hommes qui reviennent chaque été pour promener les touristes, mais dont les habitants ne se soucient guère, tant qu’ils ne dérangent pas. Et quand ils dérangent, on les balaie de la carte.

Griffintown, c’est aussi la rencontre entre Marie, qui a été cavalière dans sa jeunesse et l’univers des cochers. Ces deux milieux tournent autour des chevaux, mais n’ont pas du tout la même considération. Marie, sans préjugés et amoureuse des chevaux, s’intègre au groupe mieux que tous l’auraient cru.

Marie-Hélène Poitras a une écriture pesée, précise et mélodieuse. On sent qu’elle a pris le temps de choisir chaque mot. Le résultat en vaut largement la chandelle. La langue n’est pas pour autant aseptisée, au contraire. Elle est le reflet de ceux qui la parlent, crue par moment, tout en étant éloquente et juste. Les personnages sont vrais, bien campés. Ils ont du corps, de la profondeur et de la complexité. L’intrigue se déploie lentement comme un fruit qui arrive à maturité à son juste rythme, tout en délicatesse.

Une lecture qui m’a résolument ravie.

Mon appréciation : ****

Griffintown
Marie Hélène Poitras
Éditions Alto


2 commentaires:

  1. À découvrir alors?! Je note avec intérêt.

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    1. Oui, pour moi cette auteure fut une plaisante découverte. Je vais me procurer ces précédents romans, soit : La mort de Mignonne, puis Soudain le Minotaure.

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