lundi 23 avril 2012

La romance des ogres

Japon. Un bar. Une rencontre fortuite entre un homme et une femme. Lui, médecin en congrès. Elle, comptable venue pour affaires, mais maintenant en vacances. Dans ses mains, un livre. Un théâtre de marionnettes, d’Ellen Cleary. Coïncidence, Samuel a entretenu une relation avec l’auteure à succès, alors qu’il était adolescent. Ils s’étaient eux aussi rencontrés par hasard dans un café.

Un jeu de séduction s’entame entre Samuel et Naomie. Séduction à laquelle il résiste longtemps à succomber, car il est marié. Mais voilà, sa relation bat de l’aile, sa femme est insatisfaite de l’état de celle-ci depuis longtemps. De plus, Naomie multiplie les efforts pour l’emmener dans son lit.

En parallèle à tout cela, il y a l’histoire de Samuel avec Ellen Cleary, qu’il nous raconte par bribes, au gré de ses lectures des livres de l’auteure. On fait des sauts entre les époques et entre la réalité et les œuvres littéraires.

La romance des ogres nous parle de désespoir, de conflits, de manipulations et de non-dits. Samuel noue des relations avec des femmes fortes, mystérieuses, insatisfaites. Il semble y être condamné. À tout le moins, il répète ce scénario relationnel à maintes reprises.

C’est un livre intrigant. On ne sait jamais que penser de la relation entre Samuel et Hélène, une femme manifestement troublée. Encore une fois, on nous présente l’image de l’écrivain torturé, un peu dérangé. C’est à se demander si tous les auteurs sont comme cela.

Au départ, pendant près de 75 pages, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Plusieurs avenues ne semblent pas assez développées. On se demande longtemps pourquoi ses pieds étaient dans un sale état. On en parle beaucoup durant les 100 premières pages, on a l’impression que l’auteur nous amènera quelque part, qu’il y a une piste à suivre, mais après on n’en reparle plus. Il y a aussi, notamment, la relation entre Samuel et sa femme. On a du mal à comprendre pourquoi elle est si amère et méprisante. Peut-être qu’une anecdote aurait pu nous faire saisir d’où provient toute cette hargne. Elle nous semble disproportionnée, même si on se dit bien que le poids des années de solitude est un facteur qui contribue à la nourrir.

D’autre part, on en connaît peu sur Naomie. Il est certain que dans le contexte où leur rencontre ne s’étend que sur quelques jours, cela peut se comprendre. Reste qu’on est intrigué. Somme toute, quelques personnages manquent de corps. Puisqu’ils sont secondaires, cela nuit moins à la lecture.

Stéphane Choquette s’est donné tout un défi, pour un premier roman. Celui d’entrecroiser les époques ainsi que la réalité de ses personnages avec des passages de plusieurs œuvres de fiction. Je salue son audace. Cela dit, le personnage de Samuel est bien cerné. Celui d’Ellen Cleary est assez clair également. Quant à la plume comme telle de l’auteur, elle est assez agréable et nous permet de bien saisir ce qui est explicité. Je suis certaine que son deuxième roman sera très intéressant.

Mon appréciation : ***


La romance des ogres
Stéphane Choquette
Québec Amérique

5 commentaires:

  1. La Bouquineuse boulimique aurait-elle envie de lire MONTER LA VI A CRU de Georges Lautier? On le trouve chez AMAZON, à la Fnac ou chez son libraire préféré. Versions imprimée et numérique.
    Je vous souhaite bien du bonheur.
    georges.lautier56@orange.fr

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  2. Je l'ai feuilleté à la librairie et pour l'heure il ne m'attire pas vraiment mais, je ne ferme pas la porte.

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  3. Ton commentaire est très intéressant pour quelqu'un qui a lu le roman comme moi.

    Un auteur surprenant pour un premier roman. Je suis intriguée : pourquoi avoir choisi ce titre plus qu'un autre ?

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  4. J'ai beaucoup aimé La Romance des ogres de Stéphane Choquette. Un mot ressort de votre commentaire critique : "intrigant". J'ai ressenti la même chose à la lecture de ce roman qui m'a captivé du début à la fin.

    Le mot que j'utiliserais pour définir La Romance des ogres est "énigmatique". Je suis certain que des associations peuvent être faites entre les différents personnages, temps et espaces mis en scène. C'est un texte qui appelle de multiples interprétations.

    Pour ma part, je suivrai de près les prochains romans de cet auteur que je trouve bien prometteur.

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  5. Il est en effet très prometteur. J'ai vraiment hâte de lire son prochain roman.

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