lundi 19 mars 2012

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur


« La ligne est mince entre une bonne et une mauvaise décision ». 

Dans ce roman à trois voix, Martin Michaud capte notre attention du début à la fin. D’abord il y a le tueur, qui traque méthodiquement les personnes qu’il a planifié d’assassiner. Le premier meurtre est accompli comme prévu. Toutefois, en chemin vers le lieu du deuxième meurtre, il commet une bourde qui sera lourde de conséquences. Laissant sans surveillance le véhicule dans lequel il transporte le cadavre, il se le fait voler. Ne se laissant pas décourager, il redouble d’ardeur pour mener à bien la mission qu’il s’est donnée, et perpètre le second meurtre seulement 24 heures après le premier. Il lui reste encore d’autres noms sur la liste, mais la bourde commise plus tôt lui rend les choses plus compliquées.

Puis, le sergent-détective Victor Lessard. Personnage un peu typé, ou classique, si vous voulez. C’est un flic torturé, récemment divorcé, alcoolique. Il a des relations tendues avec ses adolescents. Il est sombre, désabusé et un brin rebelle. Il est dévoué, bien intentionné. Ces éléments nous le rendent sympathique. Mais il l’est également parce que, en raison de sa personnalité typique aux enquêteurs dans les polars, on a l’impression de le connaître. 

Ensuite, il y a Simone Fortin qui, après avoir été heurtée par une voiture qui a pris la fuite, est plongée dans un coma de quelques heures. Durant ce temps, elle « rencontre » des gens, dont Miles Green. Dès qu’elle émerge du coma, elle se met à la recherche de cet homme, une espèce de fantôme, si vous voulez. Au départ, cette intrigue m’a un peu agacée. Je ne m’attendais pas à trouver ce genre d’histoire dans un polar. D’autant plus que j’ai trouvé plus ou moins crédible qu’elle puisse courir après avoir été renversée par une voiture, s’être fait une entorse à la cheville lors de cet accident et être tout juste sortie du coma (de quelques heures d’accord, mais quand même !). En plus, elle n’a même pas mal à la tête alors qu’elle a subi un léger traumatisme crânien. Puis, je me suis demandé pour quelle raison Simone Fortin cherchait à retrouver ce fameux Miles. Lentement, cette histoire vient rejoindre l’intrigue principale et on ne sait pas du tout à quoi s’attendre. Elle est obsédée par Miles et on se demande pourquoi elle tient à ce point à le trouver.

L’auteur entrecroise habilement les intrigues. Le rythme est rapide, les chapitres sont courts, et nous laissent en suspens, curieux d’en savoir plus. C’est alors que l’on passe à une autre intrigue, nous poussant à tourner les pages avidement, complètement accros que nous sommes. Martin Michaud maîtrise totalement le mystère et le sens du suspense. Un polar québécois fort bien ficelé qui saura régaler les amateurs du genre.


Martin Michaud est avocat en droit des technologies de l’information et du divertissemnt. Il ne faut pas parler dans l’ascenseur est son premier roman dont il travaille activement à la scénarisation pour télévision. La chorale du diable, la deuxième enquête de Victor Lessard, a été publiée en février 2011. Ah oui ! Il est aussi musicien à ses heures.

Mon appréciation : ****

Il ne faut pas  parler dans l’ascenseur
Martin Michaud
Les Éditions Goélette
Janvier 2010

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