vendredi 23 mars 2012

Chaque automne j'ai envie de mourir ****


En 2009, le Carrefour international de théâtre présentait la pièce Où tu vas quand tu dors en marchant… ? Afin de récolter la matière à mettre en scène, question de se rapprocher des réalités collectives et d’alimenter son inspiration, Véronique Côté a fait un appel à tous sur Internet. De nombreuses personnes ont répondu à leur requête et ont généreusement livré leurs secrets, matériaux bruts que Véronique Côté et Steve Gagnon ont retravaillés. Les voici dans ce merveilleux recueil publié par les Éditions Septentrion, dans la collection Hamac.

C’est avec ravissement que j’ai lu Chaque automne j’ai envie de mourir. De prime abord, on croirait qu’on sera plongé dans un lent et lancinant désespoir. On est rapidement détrompé. Bien sûr, quelques-uns des 37 secrets confiés aux auteurs nous font visiter cet état d’être, mais ce n’est pas le cas de toutes.
En toile de fond, la tristesse profonde du deuil, l’impermanence, la perte, la peur du manque, la peur de se connaître, la peur de tout, quoi! Le désir de bien-être, de bonheur ininterrompu, le fameux « Pour toujours » sont omniprésents. Mais il y a aussi l’espoir, de revoir l’autre, d’aller mieux, de s’adapter aux divers changements inhérents à la vie. Certains secrets sont inquiétants, voire terrifiants. D’autres inspirants, néanmoins, elles sont toutes résolument vibrantes. On passe littéralement par toute une gamme d’émotions.

Le titre du livre provient d’une phrase issue de Vinyle. On l’aura deviné, il aborde la dépression saisonnière. Cauchemars est l’extrait qui m’a le plus touchée. Toutefois, il y en a de très nombreuses qui m’ont beaucoup plu. Comme Panda, Riz, Lutte, pour ne nommer que ceux-là. Je ne pourrais trop en parler au risque de révéler le contenu de ces courts textes. Ceci étant dit, j’ai envie de partager avec vous un bref passage qui m’a réjouie :


« Les choses finissent. C’est ce qui les rend belles.Les histoires finissent. C’est ce qui fait que leur commencement a du sens.Les pays, les chansons, les espoirs, les jardins. Les fourmis. Les gens. Un jour, tout meurt.Maintenant j’aime et je déteste la mort et c’est la même chose, un seul respir. J’y pense tous les jours. Et ça me rend pleine de vie. »
 
Quant à la rédaction, le langage est uniforme dans les 37 secrets. Cela assure une constance, par ailleurs, cela occasionne de temps à autre l’impression que c’est le même narrateur. D’autre part, j’ai aimé que les textes soient présentés en ordre alphabétique. Les auteurs ont donné une voix à tout ce qui reste bien gardé au fond de nous, verrouillé à double tour. C’est un recueil d’une humanité qui saute aux yeux et qui prend parfois à la gorge, où l’émotion est tangible. Un petit bijou à lire et à offrir.


Mon appréciation : ****

Chaque automne j'ai envie de mourir
Véronique Côté
Steve Gagnon
Septentrion Éditeur
Collection Hamac





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