mercredi 11 janvier 2012

Une vie à aimer : le sentiment amoureux vu d'une perspective masculine


Une vie à aimer
Michel Jean
Libre Expression
224 pages
Septembre 2010
ISBN : 9782764805060


Entouré de femmes tout au long de son enfance, Marc-Antoine a développé une affection particulière pour celles-ci.  Il s’éprend pour la première fois à 5 ans d’une personne plus âgée que lui. Sa première relation amoureuse, à 15 ans, a duré trois ans et il a été complètement démoli. Il prend la décision de ne plus ouvrir son cœur aux femmes, uniquement son lit. Mais tout cela change quand il rencontre Helen, 10 ans après sa résolution, qui avec sa prestance et sa passion lui fait retrouver les chemins de l’amour. Il vit des années de bonheurs lorsqu’un drame survient. Il se referme à nouveau pour de nombreuses années. Apparaît à ce moment une nouvelle stagiaire à son bureau d’avocat. Encore une fois, il craque pour cette jeune femme déterminée et passionnée. Malheureusement, une autre catastrophe l’attend. Il est victime d’un grave accident qui le laisse dans un état paralytique tel que même les médecins le croient dans un coma profond, mais ce n’est pas le cas. Il n’arrive seulement pas à communiquer.

Sur l’aspect structurel, la narration alterne entre le passé et le présent. Marc-Antoine adulte et maintenant lourdement handicapé se remémore sa vie et porte une réflexion sur celle-ci de même que sur les rapports humains, plus spécifiquement entre les hommes et les femmes. Il s’adonne aussi à un certain regard sur lui-même et son état, qui est plutôt touchant. Les allers-retours dans le passé attisent le lecteur et éveille sa curiosité. D’autre part, quoiqu’elle permette de bien planter le personnage de Marc-Antoine tant jeune qu’adulte, il y a quelques petites longueurs lors de la mise en place de celui-ci. Par contre, l’auteur se reprend très bien sûr le fond du roman.

D’un naturel passablement anxieux, Marc-Antoine s’ouvre à l’autre, à la vie au contact de femmes particulièrement lumineuses, physiquement et psychologiquement assumées. La passion qui les anime, tout comme leur engagement l’autorise à s’investir avec elles. On sent toute leur importance pour lui.

Michel Jean présente la souffrance face à l’échec amoureux d’une perspective masculine. De plus, au fil des chapitres, on constate bien les différences entre les hommes et les femmes sur l’approche de la personne. Tant concernant la séduction, mais également lors des soins des individus handicapés, ou en perte d’autonomie. L'auteur traduit également de façon très touchante et tangible l'impuissance de Marc-Antoine, emprisonné dans ce carcan de chair. 

Le roman est un hommage à la gent féminine, oui, mais surtout un genre d’apologie de la sensualité. Au-delà de la sentimentalité, de la sexualité, c’est surtout le désir de contact physique que l’on ressent, qui vibre au travers des pages, autant lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, que depuis qu’il est alité et que tout le monde le croit dans le coma, on sent bien l’importance des sens. Le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue sont tous sollicités dans la rencontre, dans la vie de tout être humain, point. Ils ont besoin d’être stimulés. Si ce n’est pas le cas, l’individu dépérit. Quand on les active à nouveau, la personne reprend du poil de la bête.

Le deuxième roman de Michel Jean exsude la tendresse, le désir, non seulement de l'acte sexuel, mais de la proximité physique de l’autre. C'est une facette que les hommes explorent  trop rarement et c'est une des forces d'Une vie à aimer. De plus, il est également empli d’espoir. C’est une leçon sur force d’aimer et d’aimer la vie malgré ses circonstances.

Mon appréciation : ****


Une vie à aimer, publié en 2010 est le deuxième roman de Michel Jean, qui fût précédé par Un monde mort comme la lune, paru en 2009. Il offrira un troisième roman, Elle et nous à ses lecteurs en avril 2012. Il a également publié Envoyé spécial, un récit, en 2008.

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