vendredi 30 décembre 2011

Ce qu'il me reste de 2011

J'ai pensé à faire un bilan de 2011, mais voilà, je n'aime pas nécessairement ce genre d'exercice dans ce cadre, parce que je n'ai pas lu tous les livres et que malgré ma présence relativement soutenue sur les réseaux sociaux et sur les sites de nouvelles littéraires, il m'apparaît impossible d'avoir tout lu sur ce qui s'est passé dans le monde littéraire et culturel. C'est pourquoi je ne m'adonnerai pas aujourd'hui à cet exercice. Je vais plutôt en faire un autre qui est plus cohérent avec les éléments énoncés ci-haut. Je vais plutôt vous parler de ce qui me restera, personnellement, de cette année 2011 qui fût pour moi une année riche en changements, en aléas et en plaisirs de toutes sortes.

  • J'ai été heureuse de sortir de mon isolement littéraire, que ce soit lors de nombreux lancements, Salons du livre, etc. J'ai même eu l'occasion de rencontrer plusieurs blogueurs littéraires lors du « After work » des Lectrices and the City à Paris. Ah ! Paris... (soupir absolument pas discret).
  • Parlant de Paris, je m'y suis rendue plusieurs fois en 2011, après une absence de 11 ans en cette terre fortement liée à la littérature. J'y ai trouvé beaucoup d'inspiration pour écrire. Hé oui ! J'ai commencé l'écriture d'un roman et je compte bien le terminer en 2012. Je le mentionne sur le blogue, question de me mettre un peu de pression puisqu'il semblerait que c'est dans ce contexte que je travaille le mieux. Bref, je ne vous dis pas l'histoire, mais il parait évident qu'il se passe entre le Québec et l'Europe.
  • J'ai conclu quelques partenariats avec des maisons d'édition qui permettent à mon comptable d'éviter un infarctus en voyant toutes les dépenses du code budgétaire « Livres ». Grâce à vous qui êtes sous la rubrique « Partenaires » à la page d'accueil de mon blogue, j'ai évité la faillite une fois encore !
  • J'ai écrit ma première préface dans un roman qui est présentement en réimpression. Félicitations à Isabelle Le Pain, l'auteure de L'amour... pas pour moi, merci ! Merci à Isabelle de m'avoir donné cette chance et de me pousser pour avancer mes travaux.
  • J'ai découvert qu'au Québec on publie une quantité impressionnante de littérature jeunesse de qualité. Je savais qu'il y en avait, mais j'ai été fort impressionnée de voir que les auteurs étaient si prolifiques !
  • J'ai vécu un élan du coeur marqué pour La main d'Iman de Ryad Assani-Rassaki.
  • Livresquement boulimique suscite un peu plus de 8000 clics par mois !! Merci à vous tous qui me lisez et transmettez l'information.


Et que réserve l’année 2012 à La Bouquineuse boulimique et ses lecteurs ?

  • Toujours des chroniques littéraires, bien sûr !
  • Vous avez sûrement déjà remarqué que j'ai repris le collier et que je me suis remise à faire des entrevues avec des auteurs. Je continuerai donc dans cette veine-là.
  • Des sondages sont également apparus dans le coin supérieur gauche. Cela me servira à prendre le pouls des lecteurs et de leur proposer des billets ou de belles surprises.
  • Une nouveauté qui vous plaira peut-être. Avec la collaboration de groupes d'éditions partenaires, en 2012 vous verrez l'apparition de concours, par l'entremise de ma page Facebook,vous permettant de gagner des livres. Super, non?!?!


J'espère que vous avez apprécié 2011 en ma compagnie. Sachez que moi, j'apprécie votre présence et vos commentaires. Merci encore et on se recroise en 2012 !

Bonne et heureuse année 2012 !
Santé !





mercredi 28 décembre 2011

La main d'Iman : un premier roman dense et poignant

La main d’Iman
Ryad Assani-Razaki
L’Hexagone
328 pages
Août 2011
ISBN : 9782890069411


La lecture la plus bouleversante que j’aie faite en 2011 est sans contredit La main d’Iman. Ce premier roman de Ryad Assani-Razaki, qui s’est valu le Prix Robert-Cliche, met en scène plusieurs personnages d’un petit village d’Afrique noire. Le protagoniste principal, Toumani, a été vendu par son père pour quelques sous, à une dame (tantie Caro) qui se livrait au commerce d'esclaves. C’est ainsi que Toumani se retrouva chez monsieur Bia. Ce dernier, un homme ayant une propension pour l’alcool, les femmes et la violence, maltraita gravement Toumani et le laissa pour mort dans un égout. Pendant trois jours, le petit resta là, parmi les déchets et les rats, avant d’être secouru par une bande d’enfants. C’est Iman, qui lui tendra la main pour le sortir du trou dans lequel on l’avait jeté.

Une solide amitié se tissera entre les deux garçons, au fil des années. Ce lien semble inébranlable, malgré le rêve que chérit Iman de quitter le pays pour aller en Europe, où son père habite. Mais un jour réapparaît,dans la vie de Toumani, Alissa, rencontré chez tantie Caro. Ces retrouvailles bousculeront leurs destinées et leur relation de façon irrémédiable.

C’est un livre dense, parfois dur à lire parce que le propos est par moments dérangeant. Cependant, l’écriture est fluide, sans accros. La plume de Ryad Assani-Razaki est simple, mais puissante. Le récit est narré par un personnage différent à chaque chapitre, leurs perspectives particulières rythment l’histoire et nous permettent d’en connaître un peu plus sur la vie de Toumani. Les thèmes abordés sont fort.  On y explore l’amitié, la difficulté d’aimer, la survie, les handicaps, la foi, la loyauté, la solitude, la désillusion, l’immigration, la misère et les relations entre les Noirs, les Métisses et les Blancs, notamment.

Les personnages sont authentiques et émouvants. Le regard qu’ils transmettent rapproche le lecteur de la réalité de l’Afrique noire au-delà de l’image généralement présentée. On se trouve au cœur du douloureux quotidien des habitants qui peinent à acquérir leur liberté. Ryad Assani-Razaki parle d’une misère si intense qu’elle déshumanise. Il dépeint un pays où la foi en Dieu ainsi qu’en un destin qu’Il dessine pour eux, est une nécessité. Pour certains, cette conviction, cette résignation assure leur survie. D’autres, comme Iman, cherchent à s’en sortir par la révolte contre ce sort tragique. Il y également  ceux qui prennent le chemin de la délinquance, puis ceux qui se tournent vers l’immigration, persuadés qu’ils auront une vie meilleure dans un ailleurs lointain.


Des passages qui m’ont marquée :


  • Une image vibrante :
« J’étais entière avant de rencontrer Toumani, j’étais entière alors que je ne ressentais rien, mais j’ai succombé à la vanité et, dès l’instant où la nature m’a saisie, je me suis brisée au sol. À présent, je m’en allais en resserrant mon châle autour de mes épaules, comme dans le but de rassembler mes fragments épars. Mais même ainsi recollée, j’étais une femme lézardée et les courants d’air s’engouffraient dans les failles entre mes morceaux. Pénétrant, ils me mordaient les os.» — Alissa

  • Sur l'immigration :  
« Retenir Iman me permettait de ne pas avoir à justifier mon manque de réaction face à ma propre misère. À partir du moment où certains commenceraient à partir, les autres devraient se poser des questions sur eux-mêmes. Toute ma vie j’ai eu peur des réponses. Alissa se justifiait en disant qu’Iman risquait de mourir. Mais ne meurt que celui qui est en vie. » — Toumani

  • Sur la valeur humain : 
« Les gens font beaucoup d’enfants, ainsi dans le cas où ils en perdraient un, ils en auraient déjà fait un autre pour le remplacer. Tout ça était évident pour moi. Jusqu’au jour où Iman m’a sauvé. Ce jour-là, j’ai vu des gens se battre pour moi. Je me suis demandé pourquoi ils ne me laissaient pas simplement mourir. C’est vrai, il y a tant d’autres enfants. Pour la première fois, je me suis dit que, peut-être, la quantité ne diminue pas la valeur. Peut-être qu’une vie n’en vaut pas une autre, que chaque individuaà de l’importance. Même moi, Toumani, né un jour inconnu, dune père inconnu et d’une mère inconnue. C’est le don qu’Iman m’a fait. Il a fait germer en moi l’idée que j’avais non pas le droit, mais le devoir de vivre. Et à partir de ce moment, cette idée ne me quitterait plus jamais. » — Toumani

J’ai vraiment beaucoup aimé La main d'Iman. J'ai dû le lire à petite dose, tellement il était dense et riche en émotion. C’est un fantastique roman présentant une perspective intéressante, rarement aussi fouillée sur le drame de l’Afrique noire vu, ou plutôt vécu de l’intérieur. Ryad Assani-Razaki m’a époustouflée par son talent ! C’est officiellement mon élan du cœur de l’année 2011.

 Mon appréciation : *****


mardi 27 décembre 2011

Les genres littéraires qui attirent les lecteurs

Voici les résultats du sondage sur les genres littéraires. Sans grande surprise, ceux qui sont de loin les favoris sont le roman et les polars. C’est malheureux, mais on s’en attendait un peu, les styles les plus boudés par les lecteurs sont les ouvrages épistolaires, la poésie, les contes et les fables. J’ai par contre été étonnée que les romans d’anticipation ne suscitent pas plus d’intérêt. Notamment parce que les livres de science-fiction, qui partagent certaines similitudes avec le « anticipation », sont quand même assez populaires, quoique moins que le fantasy ou que le fantastique. Il semblerait qu’on aime se projeter dans le futur, mais qu’il ne faille pas qu’il soit trop réaliste. Dernière constatation, les romans d’amour ont encore la cote.




Roman
  60 (68%)

Polar / policier
  45 (51%)

Suspense
  31 (35%)

Roman historique
  26 (29%)

Fantastique / fantasy
  22 (25%)

Roman d'amour
  22 (25%)

Biographie
  20 (22%)

Chick lit
  18 (20%)

Nouvelle
  16 (18%)

Science-fiction
  16 (18%)

Roman social
  12 (13%)

Auto-fiction
  12 (13%)

Essai
  11 (12%)

Littérature jeunesse
  10 (11%)

Roman d'anticipation
  9 (10%)

Littérature érotique
  9 (10%)

Roman épistolaire
  8 (9%)

Poésie
  5 (5%)

Autre
  5 (5%)

Conte / Fable
  4 (4%)

 Nombre de votes : 88



dimanche 25 décembre 2011

Encore des livres !



Voici mes nouvelles acquisitions !
La vie compliquée de Léa Olivier 
de Catherine Girard-Audet aux 
Éditions les malins



Tarmac de Nicolas Dickner
chez Alto




















Le secret Nelligan de Mario Hade
chez Les Éditeurs Réunis



Et vous? Avez-vous reçu des livres pour Noël? Lequels?



vendredi 23 décembre 2011

Meilleurs voeux pour la période des Fêtes !


L'année 2011 tire à sa fin et 2012 est à nos portes.

Je vous souhaite de la santé, élément primordial.

Que la vie soit généreuse en bonheurs de toutes sortes !

Ah oui ! Aussi plein de belles lectures !

Veuillez noter que durant la période des Fêtes, les chroniques seront un peu plus espacées, pour revenir en force dès le début janvier.

Amusez-vous bien !



           

jeudi 22 décembre 2011

Entrevue avec Julie Balian



Une nouvelle auteure à découvrir, Julian Balian, qui habite maintenant aux États-Unis, a répondu à mes question. Son premier roman Le goût du Paradis, est paru chez La courte échelle cet automne. Nous avons discuté anorexie-boulimie.

.     Vous avez vous-même vécu des problèmes d’anorexie boulimie.  Comment résumeriez-vous cette affection ?
Dans le roman, Clarence parle de « son dragon intérieur » quand elle décrit sa boulimie. Le dragon est une métaphore pour la dépendance, et j’aurais pu l’utiliser de la même façon si Clarence avait été alcoolique, toxicomane, etc. 

Dans le cas particulier des troubles alimentaires, le dragon représente la faim sans fond. Les anorexiques-boulimiques sont convaincues que si elles mangent quelque chose d’interdit (c’est-à-dire qui a bon goût) elles seront incapables de s’arrêter de manger avant d’avoir le ventre qui fait atrocement mal. Donc elles ne se permettent rien de bon, par peur de « réveiller le dragon » . Dans le même sens, les alcooliques ne peuvent même pas se permettre une petite gorgée de vin. C’est tout ou rien.

Donc le dragon est une force négative, mais aussi un mécanisme de défense. C’est un moyen de s’engourdir pour ne pas vivre une émotion difficile, un stress, une peine d’amour. Ton chum te laisse pour ta meilleure amie ? Au lieu de vivre ta peine à fond, tu appelles le dragon pour qu’il te « gèle » émotionnellement et physiquement. Au bout d’un moment, tu n’arrives plus à vivre sans lui.

Chaque dépendance est un symptôme d’un mal plus profond : elle sert à se protéger du vrai problème,  à  éviter de faire face à toute la douleur qui se cache derrière.

·      Qu’est-ce qui vous a amené à écrire l’histoire de Clarence Paradis?
 Dans les cours de création littéraire que j’ai suivis, on nous conseillait souvent d’écrire sur des sujets que nous connaissions bien.  Quand est venu le temps d’écrire mon roman, j’ai décidé de donner à mon héroïne une maladie dont j’avais souffert moi-même, parce que je sentais que je maîtrisais bien le sujet et les émotions qui s’y rattachent.  Même chose pour le pays où voyage Clarence. J’ai vécu en Nouvelle-Zélande et j’avais envie de m’y retrouver par l’entremise de mon personnage.

·      De replonger dans votre expérience personnelle a-t-il été difficile ?
Pas vraiment. Au contraire, ça m’a aidée. Quand j’avais des troubles alimentaires, j’avais beaucoup de culpabilité par rapport à la maladie, comme si d’en souffrir était mon choix. Quand j’ai écrit l’histoire et que j’ai pu voir la souffrance de Clarence avec un œil plus détaché, j’ai finalement pu penser à l’adolescente que j’étais avec beaucoup plus de compassion. 

Comment allez-vous aujourd’hui ? 
Très bien merci. J’ai souffert de troubles alimentaires de l’âge de 16 à 25 ans. Ça fait donc dix ans que j’ai vaincu le dragon. Je ne crois pas que j’aurais pu écrire sur le sujet si j’avais encore été aux prises avec la maladie. Il me fallait du recul et un peu plus de maturité pour comprendre cette expérience.

·      Vous parlez des sites Pro-Ana dans le livre. Clarence y a pris plusieurs trucs pour nourrir sa maladie. Que pensez-vous de ces sites ? 
Je suis partagée. La solitude associée à une telle dépendance est si difficile, je ne sais pas si c’est préférable d’avoir des anorexiques comme amies ou de ne pas avoir d’amies du tout. D’un côté, c’est toujours un soulagement de voir que d’autres jeunes filles vivent exactement ce que tu vis, mais d’un autre, ça peut ouvrir la porte à des comportements encore plus nocifs. J’ai lu des choses sur ces sites qui m’ont horrifiée. Les exemples donnés dans le roman sont réels.

·     Comment se passe le processus d’écriture pour vous? Avez-vous un endroit /un moment privilégié pour écrire?
Oui, depuis trois ans j’ai l’espace d’écriture dont j’ai toujours rêvé : dans le grenier d’une vieille maison, sous un pignon…un endroit sans internet, sans téléphone… Je m’y rends chaque matin très tôt. Je suis assez maniaque par rapport au rituel d’écriture. J’écris tout à la main, avec une certaine plume, une certaine encre… il me faut du thé anglais, une chandelle, mes animaux autour de moi, même des chaussettes particulières (j’en ai dix paires… elles sont tellement laides que mon mari les appelle mes « chaussettes contraceptives ». )


·      Qu’aimez-vous dans le fait d’écrire?
Je ne peux pas imaginer ma vie sans l’écriture. J’ai l’impression d’être née en sachant qu’il fallait que j’écrive pour être heureuse. Si je ne l’avais pas fait, les regrets auraient été insoutenables.
Je crois que c’est le plus beau métier du monde. J’ai toujours trouvé triste de n’avoir qu’une seule vie à vivre… Je ne saurai jamais ce que c’est que d’être un homme, une londonienne, une star de cinéma, une athlète olympique… La lecture et l’écriture, heureusement, me permettent de vivre un peu dans les souliers des autres, de voir la vie avec leurs yeux, ce qui est à mon avis nécessaire et passionnant.

En quoi vous retrouvez-vous dans Clarence? 
Sa personnalité est très semblable à la mienne. Elle est solitaire, elle a besoin de voyager, elle est sensible, elle rit d’elle-même et elle se questionne sur tout.


·      En quoi est-elle différente de vous ?

Les circonstances de sa vie ne sont pas du tout les miennes. Je lui ai donné une autre famille, j’ai inventé plein d’événements dramatiques pour la forcer à faire face à ses problèmes… Il n’y a qu’au niveau des émotions que je suis allée puiser dans ma « vraie vie ».


·      Y a-t-il des aspects de la personnalité de Clarence que vous auriez aimé avoir ?

Un talent pour la pâtisserie ?


·      La couverture du livre est très jolie. Le fait que l’on ne voit pas vraiment le visage de la jeune femme donne l’impression que cela pourrait être n’importe qui. Est-ce l’intention derrière le choix du visuel ?
J’ai eu beaucoup de compliments là-dessus, en effet. J’ai été libraire, alors j’ai un genre de fixation sur les couvertures… en travaillant près des lecteurs, je me suis rendu compte à quel point le premier coup d’œil était important. Je n’avais pas vraiment d’influence sur le choix de l’image, j’avais seulement demandé à la Courte échelle de ne pas mettre de visage, je trouve que c’est voler une partie de l’imagination du lecteur… J’étais vraiment heureuse quand j’ai vu le résultat.

·      Quelles seraient les recommandations que vous feriez aux personnes atteintes d’anorexie-boulimie?
Après avoir lu mon roman ? De demander de l’aide, si possible à un professionnel des troubles alimentaires.  De s’entourer de gens qui peuvent les soutenir et les écouter pendant le processus de guérison. De ne pas avoir honte d’en parler.

·      Et à leurs proches ?
De ne jamais faire de commentaires sur le poids ou l’apparence d’une personne atteinte ou à risques… D’être à l’écoute, de donner de l’amour et de la compassion, sans jamais attaquer ou juger celle qui n’est pas prête à en parler.  Pas facile !
  
·     Prévoyez-vous écrire un autre roman. Si oui, de quoi parlera-t-il?
Oui, je suis en train d’en écrire un autre. Je crois que ce qui m’intéresse le plus quand j’écris, ce sont les relations familiales. C’est un terrain très fertile pour mon imagination… Les rivalités, les secrets de famille, les tragédies, les trahisons….et bien sûr, l’amour… !


Questions sur le vif
·      Qu’est-ce qui vous fait rire?
  Mon mari. C’est presque frustrant… même quand je suis fâchée il arrive à me faire rire.

·      Qu’est-ce qui vous enrage?
Depuis que j’habite aux États-Unis, les Républicains. Pas capable !

·      Qu’est-ce qui vous émeut?
Ceux qui donnent sans rien demander en retour.
La relation qui peut se développer entre un humain et un animal.

·      Qu’est-ce qui vous inspire?
Les romans des autres. L’histoire en général, voyager, me promener dans la nature. 

·      Quelle est votre devise?
Ici. Maintenant.

·      Seule sur une île, qu'apportez-vous?
Papier, crayons et quelques bouteilles vides.

·      Quel est le livre qui vous a le plus marqué ?

Il y en a trop !!!
Les livres que j’ai tendance à relire parce qu’ils m’ont donné un immense plaisir littéraire sont surtout les grandes sagas de famille et d’amour… Autant en emporte le vent, À l’est d’Éden, Les oiseaux se cachent pour mourir, the Forsyte Saga, Middlemarch, etc. J’ai une vraie passion pour la littérature anglo-saxonne.




mercredi 21 décembre 2011

Le dragon intérieur

Le goût du paradis 
Julie Balian 
La courte échelle
480 pages 
Septembre 2011 
ISBN :9782896514953


Clarence Paradis, à l’aube de la vingtaine, est emprise d’un mal dont personne n’ose aborder le sujet. Derrière la fille modèle et rangée se cache un dragon. Depuis cinq ans, elle est atteinte d’anorexie-boulimie. Comme elle fonctionne très bien, qu’elle a un bon travail et d’excellents résultats scolaires, ses parents ne semblent pas ressentir le besoin d’en discuter. Il faut dire que c’est une famille où l’on ne parle pas facilement des choses. Son frère est homosexuel, tout le monde s’en doute depuis sa plus tendre enfance, mais encore là, le silence règne. Sa mère n’est pas très communicative, plutôt très renfermée sur elle-même et son père est un politicien à la veille de nouvelles élections, y est entièrement consacré.

Clarence mène donc sa vie, avec ce secret qu’elle porte en elle. Or, comme il arrive souvent dans ce type de maladie, une progression s’effectue et les crises de boulimie, qui avant ne venaient ponctuer son anorexie qu’environ une fois par mois, surviennent de plus en plus fréquemment. Particulièrement après sa rencontre avec une jeune femme qui lui fait connaître les effets sur la cocaïne sur le poids. Arrêtée pour possession de cette substance, Clarence voit bien qu’elle est hors de contrôle. Il lui faut donc prendre des moyens pour sauver sa vie. Pour couronner le tout, elle apprend que sa grand-mère dont elle est si proche est sur le point de mourir et de lui léguer sa pâtisserie « Le goût du Paradis ». De durs moments l’attendent sur le chemin de la guérison.

Je suis entrée en possession de ce roman un peu par hasard. Je l’ai reçu par la poste avec un autre livre. J’en suis fort heureuse, car sinon, je serais peut-être passée à côté. Au premier abord, la couverture est simple, mais je l’adore. Parfait pour le public cible, les vieilles adolescentes et les jeunes adultes. On y voit une femme toute délicate dont le visage est difficile à discerner. Judicieux choix, puisqu’en l’apercevant on a le réflexe de se dire « Ça pourrait être n’importe qui ». Et la maladie ne fait pas de discrimination. Elle touche n’importe qui.

J’ai entrepris la lecture, l’ancienne jeunette en moi charmée par la page couverture, et j’ai littéralement dévoré les 480 pages en deux jours. L’écriture est fluide, l’histoire est bien construite et réaliste. Avec humour et naturel, Julie Balian aborde ce sujet sérieux sans céder au mélodrame ni aux jugements de l’une ou l’autre des parties. C’est un message somme toute positif en ce sens qu’il est rempli d’espoir pour les personnes atteintes de la maladie. Clarence est une battante, bien entourée. Elle a trouvé sur son chemin, une professionnelle qui a accepté de l’aider. Elle avait promis à ses parents que, si sa démarche personnelle s’avérait un échec, qu’elle irait dans un centre de thérapie afin de guérir. Cet élément est important, car il ne faudrait pas que l’on pense qu’il est facile de s’en sortir toute seule. C’est une maladie complexe qui demande très souvent le support d’experts en la matière.

Le processus intérieur de Clarence est brillamment illustré par le concept du dragon. C’est une image forte et sans équivoque. Les descriptions des conflits rationnels et émotifs sont précises et justes. Julie Balian nous donne un accès direct et profond aux visages tant extérieur qu’intérieur de l’anorexie boulimie.

Mon appréciation : ****