mercredi 30 novembre 2011

L'autre côté du miroir

Le miroir de Carolanne

Marie Gray

Guy Saint-Jean Éditeur

328 pages

Novembre 2011

ISBN : 978-2-89455-476-0




Carolanne est une jeune fille qui a toute apparence d’être parfaite. Jolie, populaire, habituée à avoir tout ce qu’elle veut. Lorsqu’elle fixe ses visées sur Renaud, elle est sure de réussir à le conquérir, ce qu’elle fait aisément. Cependant, elle se découvre une jalousie excessive. Ce qui n’est pas sans déplaire à Renaud. Las de ses crises, il suggère qu’ils fassent une pause. Carolanne le prend très mal, mais elle est convaincue qu’il lui reviendra. Sa jalousie atteint son apogée quand elle croit que Cassandra a séduit son homme. Elle et Camille, son amie plutôt mesquine, fomentent un plan pour lui rendre la vie difficile. Elles s’acharnent donc sur Cassandra afin de lui faire payer pour avoir couché avec Renaud.

Renaud  est un joueur de football, pour qui les filles craquent. Pour lui et sa bande, il semble y avoir deux clans, «les losers» et les populaires. En effet, il tyrannise ceux qui lui apparaissent comme étant faibles. Au cours des semaines, Carolanne se rend compte qu’il devient de plus en plus agressif et elle a du  mal à comprendre son comportement. Une série de drames se passeront et les pousseront à prendre conscience de l’odieux de leurs agissements.

Marie Gray aborde la problématique du point de vue des agresseurs. Elle expose les mécanismes qui mènent les jeunes à se livrer à l’intimidation et à choisir leur souffre-douleur. De même, les conséquences, tant sur ceux qui en sont victimes que sur les harceleurs, sont présentés de façon claire et précise. Elle dresse un portrait somme toute complet des dynamiques impliquées. L’écriture est simple, le style est concis et le langage est tout à fait approprié aux lecteurs auxquels il s’adresse.

Mon appréciation : *** ½


**Le lundi 28 novembre dernier, en Gaspésie, une adolescente s’est enlevé la vie après avoir vécu de l’intimidation durant des années. Elle n’est pas la première et ne sera probablement pas la dernière. Les drames comme celui-ci sont malheureusement trop nombreux. Trop de jeunes se trouvent prisonniers d’une telle situation. C’est une problématique réelle, un mode relationnel par laquelle l’agresseur tente d’obtenir du pouvoir sur l’autre, en le terrorisant, l’humiliant. La personne harcelée se sent démunie, désespérée, ne sachant comment s’en sortir. Il est nécessaire d’en parler et de chercher du support. Toutes les parties concernées doivent reconnaître leur responsabilité et s’impliquer activement dans l’éradication de ce phénomène. Si vous subissez de l’intimidation ou pensez qu’un proche en est victime, voici des ressources pouvant vous venir en aide et vous guider dans vos démarches.**



Ligne d'écoute en prévention du suicide : 1-866-Appelle (277-3553) 24 heures par jours, 7 jours sur 7.

Tel-Jeunes : 1-800-263-2266











Lueur d'espoir


Elle danse avec la folie

Mélanie Fortin

Les Éditions JCL

320 pages

Mai 2011

ISBN : 978-2-89431-441-8


Alice et Marie ont toujours eu une relation très intime. Malgré que les deux sœurs ne vivent plus la même, Alice menant sa vie dans une petite ville et Marie poursuivant ses rêves de devenir danseuse professionnelle, ce lien reste malgré tout solide. Jusqu’au jour où Marie se met à avoir des comportements étranges. Inquiète pour sa sœur, Alice lui propose de venir habiter chez elle quelque temps. C’est à ce moment qu’elle se rend compte que sa cadette ne va vraiment pas bien. À la suite de quoi s’enchaînent ensuite une série de crises, d’hospitalisations, déni, désorganisations.

Il s’agit d’un premier roman pour Mélanie Fortin et ça se sent légèrement au tout début.  Il y a un peu trop de qualificatifs et de superlatifs inutiles. Mais après une quarantaine de pages, sa plume devient simple, sans fioritures, claire et fluide. Les premiers chapitres sont courts et donnent un rythme relativement rapide au récit. Plus il avance, plus les chapitres s’étoffent et l’histoire s’ancre solidement.

Mélanie Fortin décrit avec sensibilité les dynamiques propres à la maladie mentale. Les explications de l’enchevêtrement des états de lucidité et de perte de contact avec la réalité sont justes. C’est généralement ce qui déroute ses proches, puisque parfois, Marie est capable de moments d’une apparente lucidité, pour ensuite repartir dans un monde où ils n’ont plus accès. Ces courts instants de « normalité » (je déteste ce terme) accentuent le déni et retardent le processus d’acceptation et les nombreux deuils, sans lesquels aucun espoir d’amélioration n’est possible. Il aurait été intéressant d’aller un peu plus en profondeur dans le cheminement de Marie dans cette lutte. L’auteure a néanmoins fait le choix de donner voix à ses proches. Le regard présenté sur la maladie mentale permet de saisir plus globalement les impacts de ce drame, non seulement pour la personne atteinte, mais également sur la famille de celle-ci. Toutes les vies sont chamboulées et irrémédiablement changées.

On ne peut s’empêcher de sentir une grande empathie pour Marie, puis pour Alice, qui vit tant d’impuissance à aider sa sœur et de douleur d’avoir perdu celle qu’elle connaissait avant. Sa souffrance est palpable.Cependant, on y reste spectateur, une subtile distance existant entre les personnages et le lecteur.

Il n’est pas facile de parler de maladie mentale. Elle demeure un tabou tenace au sein d’une société où le fait d’être en contrôle est extrêmement valorisé, où les gens qui dérogent de la norme sont méprisés et ostracisés sans même que l’on essaie de comprendre leur situation. Mélanie Fortin fait un bon travail de sensibilisation et de démythification. De plus, avec doigté et respect, elle apporte un éclairage sur la douleur des familles et amis, ces grands oubliés. Ce livre sera indéniablement d’une aide considérable à de nombreuses personnes.


Mon appréciation : *** ½


mardi 29 novembre 2011

En prévision des cadeaux des Fêtes


Vous vous en doutez, je favorise le fait d'offrir des livres en cadeau. Le goût de la lecture s'acquiert dans l'enfance, se solidifie à l'adolescence et murit à l'âge adulte. C'est ce pour quoi il y a eu et aura des chroniques sur des romans jeunesse. J'espère que celles-ci sauront vous inspirer pour vos emplettes des Fêtes ! 

Bon, si je veux vous faire des suggestions, il faudrait bien que je m'y mette ! 

Ciao!


lundi 28 novembre 2011

Le mystère des monstres lacustres


Le secret de Mhorag Tome 1
Le passage interdit

Martin Barry

Libre Expression

408 pages

Septembre 2011

ISBN : 978-2-7648-0583-1

Jet est un jeune garçon victime de cauchemars qui l’empêche de dormir la nuit. Il rêve à des créatures effrayantes, vivant dans les lacs d’Irlande. Lors d’une balade près d’un lac, il fait la rencontre fortuite d’une de ces bêtes. Bien sûr, tout le monde le croit obsédé par ses mauvais rêves et ne le croient pas l’instant d’une seconde. Cependant, lorsqu’une cliente de l’auberge de ses parents, une zoologiste, débarque avec son équipe de tournage pour traquer les créatures aquatiques, Jet se retrouve propulsé dans une série de mésaventures.

Garret FitzWilliam, seigneur normand du XIIIe siècle, a juré de venger la mort de son père, tué par un cheval des lacs. Il entame donc une croisade pour éliminer toutes ces créatures des lacs d’Irlande et d’Écosse. 

Martin Barry transporte le lecteur au XIIIe et au XXI siècle, en alternant entre les deux époques dans une saga se partageant entre l’Irlande et l’Écosse. Par l’entremise d’une famille humaine et d’une famille de monstres lacustres, le lecteur découvre l’histoire de ces bêtes aux pouvoirs insoupçonnés.

De prime abord, les adultes hésiteront probablement devant la couverture de se livre, semblant s’adresser principalement à des adolescents. Si les questions de quête d’identité, de lien filial rejoignent les jeunes, celles portant sur la trahison, la défense de territoire devant un envahisseur et les aventures guerrières parlent tout autant aux plus vieux qu’aux plus jeunes.

La mise en place de l’intrigue est un peu longue, cependant, il n’en demeure pas moins que l’on est entraîné dans l’histoire de ce roman au rythme constant et à l’écriture fluide. Une belle légende contenant des éléments d’histoire qui instruisent en même temps qu’ils divertissent.

Mon appréciation : *** 1/2


samedi 26 novembre 2011

Achats du jour


Lors d'une courte excursion chez mon libraire, j'ai fait l'acquisition de quelques livres, question de meubler la prochaine semaine, au cours de laquelle je devrai rester alitée, gracieuseté d'un nerf sciatique en feu. Il s'agit de Sous béton de Karoline Georges, chez Atlto ; Sunset Park de Paul Auster et La belle amour humaine de Lyonel Trouillot, les deux publiés chez Actes Sud/Leméac ; Le rabaissement de Philip Roth chez Gallimard et Soixante six — tome 3 de Michel J. Lévesque chez les Intouchables (particulièrement pour mon doux ado qui a adoré les deux premiers tomes).

Je vous en donne des nouvelles bientôt.

Bonne lecture et bon weekend !

vendredi 25 novembre 2011

La force de vivre


Guyana

Élise Turcotte

Leméac

175 pages

Septembre 2011

ISBN : 9782760933354


Pour le club de lecture au travail auquel je viens tout juste de me joindre, le titre choisi pour le mois de novembre était Guyana. La décision avait été prise bien avant qu’il soit primé. Quelle excellente sélection !

Le premier contact avec le livre c’est cette page couverture, sombre, avec un mélange de mouvement et d’inertie. On aurait pu s’attendre à des couleurs chaudes. Ensuite, on pense à ce qui s’est passé à Guyana, puis on lit la quatrième couverture et l’on comprend.

Une femme et son fils, éprouvés par le décès du mari et père, font face à un nouveau deuil qui vient bouleverser l’équilibre précaire qu’ils ont établi de peine et de misère. La coiffeuse de Philippe, se serait pendue dans le salon où elle travaillait. Pour Ana la thèse du suicide est invraisemblable. Pour se sortir de ces deuils, elle doit faire enquête, obtenir des réponses sur la mort de la « petite coiffeuse ».

De sublimes images  sont offertes en cadeau par l’entremise d’une écriture poétique. La mélancolie est d’une douceur enveloppante. On comprend que parfois l’on veuille s’y abandonner, s’y reposer. Parce que dans ses bras, le temps n’existe pas. Élise Turcotte a su créer une ambiance où l’on a l’impression que le temps est suspendu. Que les personnages sont dans une sorte de limbes, dont Ana essaie de sortir. Au-delà de régler une injustice, la quête de celle-ci, est la survie. La sienne et celle de Philippe. Pour ce faire, elle doit cheminer dans son processus de deuil et accompagner son fils dans le sien.

L’auteure rappelle à quel point les apparences sont trompeuses, qu’on ne connaît pas réellement les gens, qu’on ne voit que ce qu’ils veulent bien laisser paraître et ce qu’on voit ce qu’on veut bien voir de ce qui est présenté.

Très bien construit, le roman se divise entre les personnages principaux, laissant place à chacun, permettant à leur voix d’être entendues. Les liens entre les protagonistes sont tissés tel un ouvrage de broderie soigneusement accompli. Les personnages sont grands, forts, émouvants. Plus particulièrement Philippe, l’enfant qui vieillit trop vite, qui veut prendre en charge, mais qui se cloitre également. Un garçon très perspicace avec une vivacité d’esprit impressionnante. C’est troublant de voir tout ce que les petits peuvent saisir et les missions qu’ils se donnent en regard de leurs constats.

C’est un livre d’une délicatesse infinie. Loin de transporter le lecteur  dans une tristesse profonde, il lui fait ressentir la nécessité du chagrin devant le départ soudain d’un proche, de vivre celle-ci pour être en mesure d’en sortir. Malgré le fait qu’on ait l’impression que le temps s’est figé, qu’il n’y a pas de futur, que le présent existe à peine, que le passé est là, mais hors de portée. C'est un passage obligé révélant la force de vivre.

Agréable lecture à faire emmitouflé sous une couette, question de goûter pleinement l’expérience.

Mon appréciation : **** 1/2


mercredi 23 novembre 2011

Sexe, alcool et désolation masculine


La Solde

Éric McComber

La Mèche

Octobre 2011

232 pages

ISBN : 978-2-89707-000-7



Il y en a une profusion de livres mettant en scène l’homme désabusé ces temps-ci. Est-ce que l’auteur québécois, l’homme québécois seraient las de tout? C’est le cas de plusieurs, d’après ce que l’on peut lire cet automne. Le troisième roman d’Éric McComber s’inscrit dans cette tendance.

Émile Duncan, musicien et écrivain en devenir, travaille dans une usine qui produit des agendas scolaires pour des écoles américaines. D’ailleurs, le livre est rédigé comme un agenda. Ce qui est assez original. Chaque mois, on a droit à une pensée et un petit paragraphe éducatif et motivant comme on le voit dans ce genre de publication. Bref, Duncan, qui a un emploi de réviseur dans cette usine, se remet d’une rupture, vit dans un appartement mal entretenu, largué par son band de blues, il a toutes les raisons d’être désabusé. Mais c’est plus que cela. Il en a après la société. Voici un passage à témoin :

« Voici venu le crépuscule de l’énergie de la conquête et, paradoxalement, de l’impulsion créatrice. L’ère de la réparation commence. L’ère du reprisage. Du nettoyage. Des soins. De l’entretien. Du patchwork. De la collaboration. De la nourricité. L’ère de la paix guerrière, de la loi injuste, de l’ennui inénarrable. L’Ère de la langueur. La femme n’a dorénavant aucun besoin de l’homme et l’espèce humaine a commencé graduellement à l’éliminer. D’ici mille ans, un ratio d’un homme pour dix mille femmes. Ou alors ce sera le Sahara global. »

Il se console dans l’alcool, le sexe, l’oisiveté. En fin de compte, on constate qu’il se conforte dans son malêtre. Refusant presque d’être heureux, car cela signifierait qu’il se soumet au « consensus », mot qu’il utilise pour référer à la norme sociale, à l’« American dream ».

Quant à la rédaction, les phrases sont courtes, écrites en joual, le ton est cru, voir brutal. On y décerne une critique de la société axée sur productivité, la consommation, sur les classes sociales. La surenchère de sexe, de langage châtié lasse un peu. En fait, on est balloté entre l’intérêt et l’ennui. Il aurait été bénéfique d’élaguer un peu dans les tableaux. Cela n’aurait que servi l’œuvre finale, sans diminuer le sentiment de désespoir, de révolte, de résignation au malheur, car l’auteur les traduit très bien en peu de mots.

D'autre part, il est évident que McComber a fait tout un travail pour que l’on puisse bien sentir le marasme dans lequel se noie Émile. N’en disons pas plus pour ne pas tout révéler, mais c’est un exercice qui pour certains passera probablement inaperçu, mais qui est efficace. Très intéressant.

Par ailleurs, l’auteur aborde à mots voilés la dépression chez les hommes. Notamment lorsque le personnage se présente à la clinique dans le but qu’on lui diagnostique une maladie physiologique, quelque chose de concret, qu’il ait droit à la sympathie des gens, comme ceux qui ont des maux physiques visibles. Cet aspect aurait gagné à être exploré plus à fond, puisqu’il est un tabou de cette société de la productivité. Cela aurait justement servi son propos.

Dans toute cette désolation, ce pathétisme, la fin est telle une porte ouverte. Reste à savoir si Émile franchira celle-ci ou pas.

La Solde cible un public dont je ne fais pas partie. Cependant, le message de McComber se doit d'être entendu. Par contre, il s’adresse à des lecteurs avertis avec le cœur solide.

Mon appréciation : **3/4 

lundi 21 novembre 2011

Trois paumés face à la vie, mais hantés par la mort


Trépanés

Patrick Brisebois

Le Quartanier

194 pages

Avril 2011

ISBN : 978-2-923400-71-6



La première version de Trépanés a été publiée en 2000. Lorsque Le Quartanier s’est intéressé aux œuvres de Patrick Brisebois, ils ont convenu avec ce dernier de rééditer ses romans. L’auteur a donc entamé une réécriture en profondeur. Celui-ci fut modifié à la lumière d’une décennie de murissement.

Morvan Trépanier, un poète désabusé du milieu littéraire est subjugué par Annonciade qui le repousse, se trouve dans un triangle amoureux tout à fait malsain avec celle-ci et nulle autre que Fabia, la sœur de l’élue de son cœur. Incapable de renoncer à choisir entre Annonciade qui le tient à distance, et Fabia désireuse de faire sa vie avec, mais envers qui ses sentiments sont d’intensité moindre, Morvan ne sait que faire. Les trois jeunes paumés se croisent dans des situations à tout le moins, cocasses, mais surtout très inconfortables, on le devine bien.

Les deux personnages féminins attirent particulièrement l’attention par leur souffrance. Annonciate, l’anarchiste qui crée un mouvement « anéantiste » est certes plus sombre que sa soeur, Fabia prise est des changements d'humeur soudains pouvant atteindre la violence. Morvan quant à lui, fait plutôt figure d’homme qui a tout abandonné, dont les espoirs semblent perdus. Nonobstant cela, il persiste toujours à conquérir Annonciate.

C’est un roman absolument déjanté, particulièrement dans les 80 premières pages. Elles donnent l’impression de regarder quelqu’un qui est sur un « trip » d’acide alors qu’on ne l’est pas. Un genre d’Alice au pays des merveilles trash. Certains passages peuvent engendrer un peu de confusion, mais la curiosité de connaître la suite pousse le lecteur à poursuivre, au-delà du surréalisme du début. Et il fait bien. Tout devient beaucoup plus clair au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

La plume poétique et sombre de Brisebois, de même qu’une certaine dose d’humour noir tissent cette la toile dans laquelle semble être empêtrés Morvan, Fabia et Annonciate. Réussiront-ils à s’en sortir avec d’être dévorés ?

Je suis curieuse de lire la version originale.

Mon appréciation : ***



dimanche 20 novembre 2011

Photos du Salon du livre de Montréal

Voici un petit album de photos qui vous raconte quelques-unes de mes rencontres d'hier et qui vous permettront de mettre des visages sur certains nouveaux auteurs. Que de plaisir j'ai eu à faire des photos de groupie!!




La foule à 11 h samedi


Le talentueux (et mignon) Matthieu Simard


La très sympathique Sophie Bérubé


Oups! Les yeux fermés avec Nadia Lakhdari King et Ingrid Remazeilles des Éditions Goélette

La trop mignonne Mélanie Fortin


Avec ma collègue et amie Isabelle Le Pain



Pris sur le vif : Dominic Bellavance


Oui, je sais, c'est encore Mélanie Fortin! Je trouvais que cette photo était trop bien, donc voilà! Dans mes 4 prochaines lectures : Elle danse avec la folie.



La très pétillante Annie Quintin


Geneviève Drolet, nouvelle recrue des Éditions Coups de tête (une de mes prochaines lectures : Sexe Chronique)


Le très charmant Dany Laferrière

Je remercie Sophie Laliberté d'avoir pris les photos sur lesquelles j'apparais. 

samedi 19 novembre 2011

Nouvelle acquisition très à propos ;-)

La saison froide de Catherine Lafrance chez Les Éditions La Presse


Bien hâte de lire l'histoire de cette femme qui choisi de quitter Montréal pour Yellowknife. Qu'est-ce qui peut l'amener à chercher l'isolement et le froid?




vendredi 18 novembre 2011

Une autre acquisition

Une mère en talons aiguilles de Tina Karr chez Béliveau Éditeur




La sexologue en moi jubile. J'ai bien hâte de vous en parler.


Bon weekend!


jeudi 17 novembre 2011

Le projet Bleiberg ou quand la folie du nazisme persiste

Le projet Bleiberg

David S. Khara

Libre Expression

Expression Noire

304 pages

Août 2011

ISBN : 9782764805756



Jeremy Novacek, un trader en pleine gloire, mais aussi en complète autodestruction, se retrouve mêlé malgré lui, à la mort de son père qu’il n’a pas vu depuis 25 ans, dans une aventure digne des meilleurs films d’action. Son paternel, anciennement membre de l’US Air Force, semblait en voie de résoudre une énigme datant de plus de soixante ans, impliquant les plus grands noms du mouvement nazi.

L’intrigue principale, fort complexe est soutenue par tout un réseau d’intrigues secondaires. Elle s’étale sur une période de plus de quatre-vingt-dix ans. Se concentrant majoritairement sur l’année présente, et celles comprises entre les années 1920 et 1945. De même, on se promène un peu partout dans le monde, allant de New York, l’Allemagne, la Belgique, la Pologne, pour ne mentionner que ceux-ci.Bien sûr, il est question des thématiques entourant le nazisme : l'élimination des juifs, la suprématie de la race arienne, les recherches génétiques afin de créer un super être humain. Le tout dans un enchevêtrement de faits historiques et de fiction.

Rédigé à la première personne lorsque Jeremy s’exprime et à la troisième, quand il est question de tout autre personnage. Cela ajoute au rythme, généralement enlevant. À quelques exemptions près, car au moment des incursions dans le passé, le tempo ralentit. À une ou deux occasions, il diminue un peu trop, comme alors que l’on réduit notre vitesse de 100 km à l’heure jusqu’à 30 km à l’heure, juste un peu trop longtemps. Certaines descriptions nous semblent un peu trop élaborées, mais heureusement cela se produit qu’à un endroit ou deux. L’action est omniprésente et captivante dans cette histoire habillement construite par David S. Khara.

Je me questionne souvent sur la raison de l’existence d’un si grand nombre de livres et de films sur le nazisme. Une phrase du roman m’éclaire à ce sujet « Savoir pour ne pas oublier, comprendre pour ne pas reproduire ». Je m’interroge encore à savoir où est la frontière entre se souvenir, ce qui est louable et nécessaire, et alimenter une certaine propagande. Certes, nous sommes ici en présence d’un ouvrage nous informant d’éléments historiques, nous permettant de comprendre…

Un livre très bien rédigé qui pourrait se trouver au grand écran. Les amateurs d’action et de suspense seront repus.

Mon appréciation générale : ***1/2


mercredi 16 novembre 2011

mardi 15 novembre 2011

Le cahier mauve d'Aimée Lévesque

Le cahier mauve

Aimée Lévesque

Éditeur : Aimée Lévesque

2011

ISBN : 978-2-9812117-1-2






C'est un véritable objet d'art que ce joli recueil de poèmes, accompagné de délicats signets dans des tons de mauve, bien sûr. À l'intérieur, de la poésie, de la calligraphie japonaise.

Le tout, d'une sublime esthétique, contient de savoureux poèmes, oscillant entre un ton bon enfant, lumineux, un brin nostalgique, toujours émouvant. L'univers d'Aimée Lévesque est fait de rondeurs, de rythmes tantôt coulants, tantôt saccadés. On se laisse bercer par les textes d'une belle richesse. En voici un extrait :

«Malade
Mon corps exsude
L'euphorie de te savoir
La fièvre de ces vibrations
Inconnues
Transe exsangue
Dans mes lèvres se voit encore
Le pincement
Au coeur
Nostalgie
D'un tréfonds jamais exploré

Je ne suis
Qu'intensité
Je ne suis
Que réelle.»

















Le recueil est en vente auprès de l'auteur à la Maison de thé Camellia Sinensis et chez certains libraires spécialisés.

Mon appréciation : *** 1/2




samedi 12 novembre 2011

Une lecture percutante de réalisme


Sans antécédents

Sophie Bérubé

Les Éditions Goélettes

320 pages

ISBN : 978-2-89690-106-7



La première fois qu’il a posé les yeux sur Roxanne, Thomas savait qu’il voulait la rendre heureuse et lui faire beaucoup d’enfants. Pour Roxanne, le déclic ne fut pas si rapide, mais il se fit. Dès le lendemain de leur première nuit, il lui avait assuré « Je suis là pour rester ». Bien que cela lui semblait un peu précipité, elle ne put résister et se laissa aller à cette déferlante d’amour. Malgré la soudaineté de celle-ci et les différences qui les séparaient. Thomas était libraire, slammeur, fêtard un peu rebelle et n’avait jamais eu de liaison sérieuse. Roxanne, elle, était une ambitieuse avocate, conventionnelle, dont la vie était réglée au quart de tour. Les contraires s’attirent, dit-on. Certes, puisque des unions dont les partenaires sont différents, on en connaît tous.

Avec Sans antécédents, Sophie Bérubé jette un regard perçant sur les rapports homme — femme. Ceux-ci sont un terreau propice à l’intensification de la dépendance affective, particulièrement lors de la passion du début, où l’autre peut facilement devenir le centre de notre attention, où le désir de fusion est si grand. Au fur et à mesure que le couple progresse, on assiste à l’actualisation de schémas relationnels. Trop souvent, on retrouve de la manipulation, voire dans certains cas, de la violence, quelle soit psychologique, physique, sexuelle, etc. Chaque individu arrive dans l’aventure avec tout un bagage originaire d’interactions passées. Qu’il soit issu des influences parentales, d’amitiés ou d’amours précédents, il intervient dans la nouvelle relation. Des ajustements s’avèrent donc nécessaires afin de permettre au couple de trouver son fonctionnement optimal. Par contre, ce n’est pas sans heurts, parfois mineurs, d’autres fois majeurs.   

L’histoire se décline en quatre sections. Celle de Thomas, celle de Roxanne, un rapport et l’épilogue. Les deux plus grosses parties étant bien sûr partagées entre les deux personnages principaux. Un des points forts du roman de Sophie Bérubé est la justesse avec laquelle est relatée la différence entre les amoureux. Thomas nous parle plus du corps de sa douce, de sexe et de ses besoins de liberté. Pour sa part, Roxanne aborde beaucoup plus les questions de sentiments et de l’importance de ses interactions avec les autres. L'auteur a pris soin d'ajuster le langage selon le personnage. Également, à plusieurs moments, on est époustouflé de voir à quel point leurs perceptions des évènements peuvent diverger.

Le suspense tient le lecteur intéressé du début à la fin. L’écriture de Sophie Bérubé est fluide, solide et serrée. L’analyse psychologique est d’une finesse et d’une sensibilité parfaites, dans tous les détails. L'auteure cerne de façon majestueuse la complexité de la maladie mentale de même que les rouages de la violence. On entre dans l’univers intime des personnages et ce que l’on constate est troublant. De nombreux aspects de ce qu’ils vivent ne nous sont pas si étrangers. On est confronté au réalisme de ce qu’on lit. Il pourrait s’agir de n’importe qui d’entre nous.
Les échos de l’histoire nous habitent longtemps après que l’on ait déposé le livre.

Sans antécédents est le premier roman de Sophie Bérubé.


Mon appréciation : ****

mercredi 9 novembre 2011

Paris à la Belle époque


Un homme en uniforme

Kate Taylor

Libre Expression

376 pages

Mai 2011

ISBN : 9782764805268



Kate Taylor a l’habitude de mêler histoire, journalisme et littérature en s’inspirant d’évènements réels pour bâtir ses ouvrages de fiction. Pour son deuxième livre, elle s’est basée sur l’Affaire Dreyfus, qui a secoué la France à la fin du dix-neuvième siècle. Victime d’une erreur judiciaire, le capitaine Dreyfus, Français originaire d’Alsace et de confession juive,  a été jugé coupable de trahison et emprisonné avant d’être innocenté plusieurs années plus tard. La France était, à ce moment, divisée en deux camps, les « dreyfusards » et les « antidreyfusard ».

François Dubon, notaire de bonne réputation vivant dans le 8e arrondissement de Paris, durant la Belle époque, mène une vie bien rangée. Marié à Geneviève, dont la famille fait dans la tradition militaire, il partage son temps entre sa pratique, Geneviève, Madeleine, sa maîtresse et les banquets propre à l’aristocratie de cette période.

Son équilibre se trouve chamboulé quand une mystérieuse cliente le sollicite pour innocenter un ami qu’elle dit avoir été condamné injustement. D’abord réticent à accepter l’affaire, troublé par le regard de la veuve, il consent à mener l’enquête pour de dénicher des preuves qui permettront de faire appel du verdict et forcer la tenue d’un nouveau procès. Dubon est alors propulsé dans une suite d’aventures, voguant de découvertes en découvertes. Au risque de nuire à sa carrière, il ne ménage pas les astuces afin de remplir le mandat qui lui a été donné par sa cliente aux charmes de laquelle il n’est pas insensible.

C’est une intrigue au long court dans laquelle sont explorés les thèmes de trahison, de loyauté, de justice. Il est intéressant que le personnage de Dubon d’adonne à des tactiques d’espionnage pour disculper Dreyfus, au nom de la justice. Cela semble alimenter l’expression «la fin justifie les moyens». Le problème résidant dans le fait que nous sommes en accord seulement lorsque cela nous sert. Mais n’est-ce pas le propre de l’homme d’être tiraillé entre ces principes et ses désirs ?

Par ailleurs, il y est également question d’amour, mais de façon relativement secondaire. Dubon aime les femmes. À sa décharge, entretenir une maîtresse était, à cette période, une pratique fréquente chez les hommes bien nantis. Par contre, la proportion que prend la relation entre Dubon et son amante est un peu trop importante pour le rôle que cette dernière joue dans l’intrigue. Cela apporte peu à l’histoire et donne l’impression qu’on a voulu à tout prix insérer une composante sentimentale. D’autre part, il y a quelques passages ou descriptions qui peuvent apparaître superflus et certains évènements sont prévisibles. Le dénouement de l’histoire m’a laissée quelque peu sur ma faim. Il semble qu’au contraire de quelques passages qui auraient pu être écourtés, celui-ci aurait gagné à être un peu plus étoffés. On n’est pas toujours sûr de tout saisir.

Ces éléments sont toutefois contrebalancés par une brillante écriture. Kate Taylor sait très bien peindre le portrait de l’époque et lorsque l’on ferme les yeux, c’est tout comme si on y était. Son travail de recherche est irréprochable et fait en sorte que l’intrigue se tient du début à la fin. Elle garde le lecteur intéressé tout au  long des 376 pages. C’est une lecture distrayante qui vous transportera avec bonheur, j’en suis sûre, vers le Paris du dix-neuvième siècle.

Mon appréciation : ***