lundi 31 janvier 2011

Parmi le chaos, le rythme calme des Caraïbes

Blanc Bonsoir de Jean-Marc Beausoleil

chez Triptyque

180 pages


J'ai acheté
Blanc Bonsoir sans même lire à quatrième couverture, mais je vous en livre quand même le contenu.

« Fuyant ses ennuis financiers et ses mauvaises habitudes de drogues, Frédéric Latouche qui Montréal pour Port-au-Prince. Il décroche alors un emploi de professeur au Collège international français, se lie d'amitié avec Frantz, le don Juan professeur de maths, et Georges, l'ancien communiste globe-trotter.

Au Sunset Bar and Grill de Port-au-Prince, Frédéric rencontre des expatriés comme Gérard, le père Noël perverti. Il s'installe enfin à l'hôtel Ballivet où il est témoin, bien malgré lui, d'un odieux trafic de denrées humanitaires. Lorsque l'amour surgit entre lui et la belle Louisiane, Frédéric se voit obligé de remettre en question sa complicité tacite avec le propriétaire du Ballivet. Lustucru, le valeureux clown sans-frontière, apportera-t-il la solution aux problèmes du professeur québécois?
Avec Blanc Bonsoir, Jean-Marc Beausoleil nous offre de nouveau une belle galerie de personnages flamboyants, et cette fois elle s'inspire directement de son expérience personnelle en tant que professeur de français à Port-au-Prince. »

Frédéric est tout simplement désabusé. Il considère sa vie comme un échec. N'ayant plus rien à perdre, lorsqu'on lui offre l'opportunité d'enseigner à Port-au-Prince, il accepte et ainsi donc opte pour la fuite. Là-bas, il y vit une vie tranquille, sans événement, se laissant bercer dans un hamac, embrumé par la fumée de la marijuana, qu'il consomme de façon excessive, et par les vapeurs de Barbancourt. Bien qu'il ait trouvé l'amour, il s'ennuie profondément. Il se réfugie dans cette oisiveté pour ne pas contacter ce qui sommeille en lui. C'est comme si, fatigué du rythme effréné de nos sociétés occidentales, il avait mis sa vie sur pause. Trouvera-t-il à nouveau une étincelle qui donnerait un sens à sa vie, ou à tout le moins qui lui permettrait de l'apprécier et de renoncer à tous ces subterfuges pour oublier qu'elle l'ennuie?

Subtilement Blanc Bonsoir pose de nombreuses questions. Quelles sont les motivations réelles des gens qui s'expatrient pour « aider » les peuples en difficultés? À quel point l'altruisme en est à l'origine? Pourquoi participons-nous à la course? La course au meilleur emploi, au meilleur statut (qui généralement passe par les possessions et le compte bancaire)? Faut-il toujours un but précis pour tout? J'avoue que, malgré l'extrême pauvreté qui sévit en Haïti, le rythme de vie de Frédéric à quelque chose d'apaisant. Je me suis surprise à l'envier, à certains moments.Et pas seulement question température!

Un récit qui, somme toute, se lit bien. Ce n'est pas l'œuvre la plus passionnante, mais elle est tout de même intéressante, si on en envisage la lecture comme celle d'un journal intime, chaque chapitre ne se liant pas nécessairement aux autres.

Mon appréciation : ***


dimanche 30 janvier 2011

Un mystère qui hante... et qui fait frissonner

Marina de Carlos Ruiz Zafon

Éditions Robert Laffont

304 pages


« Dans la Barcelone des années 1980, Oscar, quinze ans, a l’habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l’une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l’énigme d’une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s’y recueillir? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale? S’égarant dans les entrailles d’une terrifiante cité souterraine, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies. »

Sûrement l’un des écrivains les plus connus de l’Espagne, Carlos Ruiz Zafon a également signé L’Ombre du vent (Grasset, 2004) et du Jeu de l’ange (Robert Lafont, 2009). Publié cette année pour la première fois en français, Marina est paru en espagnol en 1999.

L’auteur, qui vit actuellement en Californie, nous raconte dans Marina une histoire mystérieuse où la mort est toujours en toile de fond. On y rencontre deux jeunes' Oscar et Marina, qui se lient d’amitié. Leur curiosité commune les mènera dans des situations plus intrigantes et terrifiantes les unes que les autres.

L’écriture de l’auteur est agréable, toute en détail, dont aucun superflu. Il n’y a aucune longueur. L’intrigue est bien ficelée et nous tient en haleine tout au long du récit. Les pages se tournent d’elles-mêmes à un rythme généralement soutenu. Les personnages sont bien définis. On en sent bien les contours. Quant aux lieux, on a parfois droit à de belles descriptions des architectures qui nous donnent envie de nous rendre à Barcelone.

Marina, un roman qui nous parle de la difficulté à faire face à la mort à travers une histoire emplie de mystère qui permet à deux jeunes de tisser des liens profonds.

Mon appréciation : ***1/2


Le théâtre à l'âge numérique

La Belle et la Bête
Présentée au TNM du 18 janvier au 12 février 2011
En supplémentaire du 15 au 19 février

Distribution:

Bénédicte Décary : La Belle
Andrée Lachapelle : La Dame
François Papineau : La Bête
Violette Chauveau : La Sœur
Peter James : Le Démon de la Dame

«Quand le numérique se fait féérique. Elle vient de la nuit des temps cette histoire. Depuis au moins vingt siècles, elle inspire conteurs, romanciers, poètes, cinéastes… Aujourd’hui, les magiciens numériques Michel Lemieux et Victor Pilon, qui en 2005 avaient créé les éblouissants sortilèges de La Tempête de Shakespeare, s’emparent à leur tour de cette fable éternelle pour en inventer une version pour notre temps : imaginez une jeune artiste tourmentée qui peint des êtres abîmés, un homme effrayé par l’amour et ses trahisons et une veille femme torturée, qui ne sait si elle est fée ou sorcière. Imaginez que leurs passés et leurs présents se confondent, que leurs vies s’entrecroisent et s’entremêlent. Imaginez que le TNM devienne enchanté comme le château de la Bête : créatures surnaturelles, apparitions spectaculaires, démons intérieurs, transformations mystérieuses. Et comme la plus grande magie du théâtre demeure celle des acteurs, Andrée Lachapelle, Bénédicte Décary et François Papineau, entourés d’une multitude de présences fabuleuses, sont déterminés à vous tenir sous leurs charmes.» Description de la pièce La Belle et la Bête, sur le site du TNM.

Ce conte d’une poésie douce et déchirante à la fois respecte de l’essence de l’œuvre originale, mais est suffisamment remanié pour être au goût du jour. Il met en scène la dualité entre la vie et la mort, entre les blessures et la guérison, des thèmes intemporels.

L’interprétation de François Papineau, en Bête recluse, est touchante. Bénédicte Décary, pour sa part, rend très bien cette difficulté à s’ouvrir, sa capacité à aimer étant colmatée derrière de nombreuses cicatrices. Et comme toujours, Andrée Champagne livre une performance solide.

Chapeau bas à Michel Lemieux et Victor Pilon à la création et la mise en scène. Le mouvement est presque constant, sans être étourdissant. Et que dire des effets visuels! Ils sont tout simplement stupéfiants.

Je vous recommande chaudement cette ode au pouvoir de l’amour, qui fini par triompher de la peur, des blessures et du temps. Un délice!

Mon appréciation : ****


vendredi 28 janvier 2011

Club de lecture du Prix des libraires du Québec 2011



Club de lecture du Prix des libraires du Québec 2011

Je vous invite à participer au club de Lecture du Prix des libraires du Québec 2011 et à aller commenter vos lecture sur le site de la Pause Lecture.

Allez-y, j'y inscrirai mes appréciations également!

Au plaisir de vous y lire!

dimanche 23 janvier 2011

Les Imperfectionnistes par Tom Rachman, chez Grasset

« Ils sont pathétiques, ils sont incompétents, ils sont harcelés par le destin, bref, ils sont irrésistibles. Ces éternels abonnés à l’infortune ont tous en commun de graviter autour d’un anonyme et farfelu journal international basé à Rome.

Sous la houlette du très incapable directeur de la publication Oliver Ott, petit-fils de l’énigmatique fondateur du quotidien, il y a entre autres Lloyd Burko, vieux correspondant à Paris, au bout du rouleau et prêt à tout pour vendre un article ; Arthur Gopal, le préposé aux nécrologies et aux mots croisés, frappé par une tragédie familiale qui va donner un ironique coup d’accélérateur à sa carrière ; Winston Cheung, pigiste débutant au Caire, vampirisé par un reporter sans foi ni loi ; Ruby Zaga, la vieille fille persuadée (à raison) d’être la paria de la rédaction ; ou encore Ornella de Monterrecchi, lectrice un peu trop scrupuleuse à qui sa fidélité exhaustive a coûté vingt ans de retard sur l’actualité.

Roman choral magistralement orchestré, Les Imperfectionnistes raconte, en onze histoires croisées, les mésaventures hilarantes de ces « chiens écrasés » de l’existence, dressant au passage, avec une acuité redoutable, la fresque d’un demi-siècle dans les coulisses de l’univers médiatique, de son âge d’or à son crépuscule. »

Le roman de Rachman nous amène dans l’univers journalistique d’un tout autre point de vue que celui auquel on est habitué. Généralement on en voit le côté attrayant, les voyages, les banquets, les conférences de presse, etc. Ici on a droit à une image plus réelle. On y assiste à la création d’un journal de même qu’à son évolution à travers les diverses parties impliquées. En passant par les bons et les mauvais moments. L’auteur nous en apprend un peu plus sur les métiers impliqués dans la publication d’un journal. Il aurait été plaisant qu’il en dise un peu plus, mais cela aurait sûrement alourdit l’histoire. La structure du livre nous promène, oscillant d’un chapitre à l’autre, entre les origines du journal et le présent de celui-ci. Les deux finissent par se rejoindre à la toute fin.

Savamment construits, les personnages sont tout en complexité. Bourreaux de travail, exigence du métier, ils ont peu de vie à l’extérieur de celui-ci. Certains sont des tyrans ou des durs au boulot, mais sont tout autrement dans leurs relations personnelles. Ils y sont plus passifs, plus doux, certainement moins assurés (pour ne pas dire carrément des lavettes à l'occasion), hors de leur domaine d’expertise. On a parfois envie de les brasser afin qu'ils se sortent de leur état pathétique. Une belle étude de l'être humain.

Mon appréciation : ****



jeudi 20 janvier 2011

Ah! La poisse!!!

«Un camion de goudron est stationné depuis des jours en face de la fenêtre du demi sous-sol sinistre où habite Normand, un employé sur appel de l'usine de cyanure Cyanibec. Ainsi s'ouvre Une vie inutile, un roman - à l'humour corrosif - de Simon Paquet.

En vérité, rien ne fonctionne pour Normand. Et les efforts désespérés qu'il déploie depuis toujours pour améliorer son sort n'ont de cesse d'être anéantis par un destin qui s'acharne.

A moins que les résolutions qu'il vient de prendre ne lui permettent de sortir du marasme... A moins que son voyage en Lituanie ne donne enfin de l'horizon à sa vie...»

Décidément, quand ça va mal, ça va mal! Dans ce roman, on assiste à une surenchère de malheurs pour ce mec qui n'a pas de vie, qui la passe dans l'attente d'en avoir une, sans tout à fait le vouloir. Je dois noter que la plume de Paquet est simple, mais précise, et contrairement à L'Enquête de Philippe Claudel, l'accumulation d'infortunes n'est pas barbante. Probablement à cause de l'espoir que porte le personnage principal de voir sa vie devenir meilleur.

C'est un roman sur le désœuvrement, le manque d'estime de soi, et d'autodétermination et la difficulté à établir des liens. Le titre ne pourrait pas être mieux choisi, car ce pauvre type semble réellement avoir une vie inutile. Mais l'est-elle vraiment? Qu'est-ce qu'une vie «utile»?

Mon appréciation : ***


mercredi 19 janvier 2011

J'ai percé un trou dans ma tête de Cynthia Girard, chez [ Héliotrope ]

« Parce que c'est devenu intenable, une fille va tenter de reprendre possession de sa tête envahie par une araignée cruelle qui est aussi sa mère. Mais rien n'est facile, car la mère l'araignée est très forte. Heureusement, la progéniture a des alliés. Parmi eux, un scarabée sensuel et psychiatre, un renard capitaine de bateau, un dauphin rose et une souris sadomasochiste.

J'ai percé un trou dans ma tête raconte l'irrésistible avancée, dans un réel dense fait de matière grise et peuplé d'animaux psychédéliques, d'une fille vers sa libération. »

Ce récit éclaté de Cynthia Girard, rappelle par moment le mouvement surréaliste, ou encore une espèce d'Alice au pays des merveilles pour adultes. Vous aurez compris que l'auteure utilise le symbolisme pour raconter le cheminement d'une jeune femme névrosée pour reconquérir sa vie des griffes de sa mère. Le thème de l'aliénation parentale en est un très commun et ce récit aurait pu être pareil à tout autre, toutefois l'auteur l'aborde d'une façon tout à fait originale. Un petit effort pourrait parfois être nécessaire au novice en décodage de symbolisme. On prend quelque temps à s'habituer à la plume vive et sensuelle de l'auteur. Les 20 premières pages nous déroutent carrément. On est assurément hors des sentiers battus! Cependant une fois qu'on la réussit à s'acclimater, on lit ce petit livre de 111 pages d'une traite en moins d'une demi-journée.


Pour lecteur averti.


Mon appréciation :*** 1/2


mardi 18 janvier 2011

L'amour nègre de Jean-Michel Olivier, chez de Fallois / L'Âge d'Homme

La quatrième couverture décrit l'histoire comme suit : «Dans son malheur, Adam a de la chance : né en Afrique, dans la misère, il a onze ans quand il est adopté par un couple de stars du cinéma. A Hollywood, il découvre le glamour et le désoeuvrement. Les paradis artificiels. Mais Adam multiplie les bêtises. Pour le punir, on l'envoie chez Jack Malone, un acteur qui vante les mérites d'une capsule de café. Adam s'enfuit à nouveau et rencontre Gladys, fille et femme de banquier, qui l'attire en Suisse, où son destin s'accomplira.

A travers les cinq continents, L'Amour nègre explore les vertiges de la vie factice. On se délecte des tribulations d'un Candide africain confronté aux mille tentations du monde global : luxe et culture unique, bling-bling et dépression, matérialisme triomphant.»

Le sixième roman de Jean-Michel Olivier raconte le parcours d'un jeune africain, «donné» par son père à un couple de stars Hollywood en échange d'une télévision à écran plat. À partir de ce moment, on se trouve dans un monde où les gens sont atteint de l’obsession de se remplir consomme avec exagération, se trouvent malheureux, car ayant tout acquis, ils n’ont plus rien à désirer. Et où toutes les femmes ont un psy qui prend les décisions pour elles.

Ce livre se veut très clairement une critique du côté artificiel d’Hollywood, de la perte d’identité, de la quête d’une nouvelle identité à travers les marques. La phrase suivante illustre bien cette dernière pensée : «Pour exister tu dois porter des marques, Adam! Et tu dois devenir une marque».

Il pose également un regard sur les enfants en tant que denrée, plus particulièrement sur les stars qui «achètent» des enfants, dans certains cas de façon compulsive, comme ils achètent n’importe quel bien consommable, que l’on met de côté lorsqu’on en a assez.

L’auteur a choisi d’aborder le sujet par le biais de la dérision. Quelques passages contiennent des images si caricaturales ou encore si tirées par les cheveux que cela fait décrocher le lecteur, notamment, lorsqu’Adam fuit la résidence de Jack Malone. Bien sûr l’auteur a usé d’exagération pour nous secouer afin que l’on prenne conscience de l’absurdité de ces réalités, cependant, il aurait très bien pu passer ses messages un usant (ou abusant) un peu moins de la caricature.

Par ailleurs, lorsqu’on regarde au-delà de tout cela, on constate que c’est une histoire sur l’abandon vécu par ce petit garçon et sur sa détermination et sa capacité à s’attacher à nouveau, malgré les blessures.

Un livre à ne pas prendre qu’au premier degré.

Mon appréciation : ***



samedi 15 janvier 2011

Vive la liberté! À bas les résolutions!!!

Cette année, comme chaque année, je n'ai pris aucune résolution. Ça ne veut pourtant pas dire que je n'ai pas fait de réflexion profonde sur le sens de ma vie, sur la manière d'actualiser mon plein potentiel... blablabla! Si j'avais pris une résolution, l'une d'entre elles aurait été de lire 10 livres avant d'en acheter un nouveau (mes bibliothèques sont remplis de livres que je n'ai pas encore eu le temps de lire... boulimie quand tu nous tiens!). Heureusement que je ne prends aucune résolution, parce que je l'aurais déjà transgressée!
Les achats de la journée :
(ceci voudrait dire que j'aurais lu 30 livres cette semaine.
J'suis boulimique de lecture, mais quand même!)



Vive la liberté! À bas les résolutions!!!


jeudi 13 janvier 2011

Les Anonymes, R.J. Ellory, chez Sonatine


« Washington. Quatre meurtres. Quatre modes opératoires identiques. Tout laisse à penser qu'un serial killer est à l'œuvre. Enquête presque classique pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité, fabriquée de toutes pièces. Qui était-elle réellement? Ce qui semblait être une banale enquête de police prend alors une ampleur toute différente et va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux fardés du gouvernement américain. »

Avant tout, un premier commentaire dont la photo témoigne : la reliure a lâché après à peine 50 pages de lecture. Franchement, cela laisse à désirer pour un livre de 689 pages, au coût de plus de 35 $. Cela rend l'expérience de la lecture beaucoup moins agréable. Le livre devient alors plus difficile à manipuler et il s'abime plus facilement. Vraiment, sur ce coup-là, Sonatine... pas fort!

R.J. Ellory est l'auteur de Seul le silence et de Vendetta. Malgré le fait que je possède ces deux livres, je ne les ai pas encore lus. C'était donc la première fois que je plongeais dans l'univers de l'auteur. Un univers qui tourne généralement autour de meurtres. Dans le présent ouvrage, où Ellory ne réinvente rien, on se retrouve face à ce qui semble, au départ, un cas typique de meurtres en série. Or,lorsque certaines victimes s'avèrent avoir une fausse identité, nous basculons dans une histoire beaucoup plus complexe, aux aspects politiques.

L'intrigue principale, quoique très intéressante, a un rythme plutôt lent, qui m'a déplu par moment. J'ai trouvé qu'au-delà de prendre le temps de bien situer les intrigues secondaires, il résultait parfois en une perte d'intérêt momentanée. Cependant, comme on veut connaître le fin mot de l'histoire, on y revient toujours, quoique quelque peu agacé.

J'ai également trouvé les personnages très typés. Particulièrement le duo d'inspecteur formé de Robert Miller le célibataire endurcit, travailleur compulsif, torturé et sa contre partie, Albert Roth, marié, père, beaucoup plus posé que son comparse. Malgré qu'elles soient stéréotypées, les descriptions de chaque personnage sont étoffées et cela ajoute au corps de l'histoire.

Toutefois, chapeau bas à Ellory pour ce chassé-croisé d'intrigues complexes qui a su tout de même gardé mon intérêt, malgré les petits irritants. Un livre qu'il est impossible de ne pas terminer.

Mon appréciation : ****


mercredi 12 janvier 2011

Révélation : Sabotage - Le début de la fin, Tome 1, de Daniel Bone, en auto-édition

Voici ce que l'on peut en lire sur le site www.wikio.fr «Une interprétation surprenante de l’essence même de la création du monde.

L’Apocalypse a depuis toujours fasciné le monde. Suivez le parcours inusité du policier Jack Summer dont le destin sera étroitement lié au sort de l’humanité dans ce thriller surnaturel, dont l’action et le dénouement, se situent à notre époque incertaine. Décédé dans le feu de l’action, il fera la rencontre d’Êtres spirituels qui lui proposeront de retourner sur Terre dans le but d’ouvrir un passage dimensionnel afin d’établir la 1ère phase de l’apocalypse.

Léger en descriptions, il a l’avantage d’être accessible autant aux amants de théologie qu’aux amateurs de divertissements fictions
disponibles chez www.lulu.com en couverture souple de 160pages au prix de $14.95us ou en format numérique à télécharger au prix de $2.75

Selon l’auteur:

Cette histoire raconte au travers d’une intrigue le sens profond de la création du point de vue humain et universel. Il ne s’agit pas ici de faire la promotion d’un ou de plusieurs religions en particulier, mais de mettre en lumière ce qui semble être une croyance universelle qui anime presque toutes les religions existantes. Au-delà des rites et particularités de chacune, il se cache une puissance spirituelle à laquelle chaque être humain, dans le cour de son existence, a au moins une fois puisé dans sa source. Dans ses moments les plus sombres ou les plus joyeux de son existence. »

Cette histoire qui, je crois bien, est une façon rafraichissante de représenter de façon objective le besoin de tout être humain à une certaine forme de continuité, de savoir que la mort n’est pas la fin de la vie. Que plus loin, il y a autre chose. Quelque chose de meilleur qui réconforte l’âme tourmentée par les affres de la vie.

Ce livre à été écrit dans le respect des croyances et des écrits, bien que le fil de l’histoire soit purement fictif, il n’en demeure pas moins que les dialogues entrent les anges et l’homme se base fidèlement sur les écrits bibliques.

J’espère, à mon sens, avoir réussi à jeter la lumière sur sens de l’existence, sans prétention, d’une manière originale et divertissante, comparativement à tous les ouvrages, plutôt du genre documentaire et technique, qui ne se concentre que sur les faits. »


D'entrée de jeu, je dois noter que je ne lis pas souvent de thriller surnaturel. Je ne suis donc pas une experte du genre. Lorsqu'on m'a demandé de le lire, j'ai hésité pour cette raison, mais je me suis finalement dit que la littérature reste de la littérature, peu importe le style.

L'intrigue du premier roman de Bone, malgré qu'elle pourrait être resserrée, intéressera sûrement les amateurs du genre. On y trouve également de beaux passages et de belles images poétiques.

L'auteur annonce dans la description précédente que son livre est léger en description. C'est d'ailleurs un de mes bémols, pour la première partie du livre, juste avant la mort du policier. J'aurais aimé un peu plus de détails tant concernant l'action que ce qui se passe pour les personnages. Un peu plus de chair autour de l'os. Également, dans cette partie, on dirait parfois que les chapitres sont quelque peu plaqués, les transitions pourraient être peaufinées. À mon avis, ce petit livre d'environ 160 pages aurait pu être bonifié de quelques pages supplémentaires. Le lecteur gagnerait en compréhension et en plaisir de lecture. Remarquez que cette situation est fréquente lorsqu'il s'agit d'un premier ouvrage. Je suis certaine que nous trouverons ces modifications dans le deuxième tome, présentement en écriture.

Par ailleurs, la partie après sa mort est riche en information et détails. La lecture est beaucoup plus fluide. On entre beaucoup plus aisément dans l'histoire. On se demande ce qui se passera ensuite.

En finale, malgré quelques petites rectifications à apporter, ce qui est normal pour un premier roman, j'ai hâte d'en lire la suite.




lundi 3 janvier 2011

One City J.K. Rowlings et al

« Trois auteurs contemporains se sont inspirés d'Édimbourg pour écrire les nouvelles teintées d'humour et d'imagination qui constituent ce recueil. J.K Rowling présente ces histoires et évoque la ville et la vie qu'elle y mène.
Alexander McCall SMith, Ian Rankin et Irvine Welsh nous proposent trois aventures inédites; un biologiste originaire de Delhi a le mal du pays, ce qui l'amène à d'étonnantes conclusions; deux joueurs de la Coupe du monde sont empêtrés dans un univers où règnent la magie et l'illusion; les tribulations d'un tigre sont la cause d'un certain remue-ménage à Murrayfield.
J.K. Rowling raconte son expérience et son amour pour la ville d'Édimbourg, le rôle qu'elle a joué dans sa vie - et surtout dans romans. »

Cet ouvrage, dont le profit des ventes sera versé à la Fondation OneCity (luttant contre les injustices et inégalités sociales à Édimbourg), m'a quelque peu surprise. Chaque histoire est assez originale et étonnante. Elles sont toutes très différentes et on pour seul point commun l'Écosse. J'avoue avoir trouvé le choix de l'ordre des nouvelles assez surprenant. J'aurai choisi de placer la première nouvelle (celle de Irvine Welch) en deuxième ou en dernier. L'ordre choisi nous fait entrer brutalement dans le recueil, pour suivre avec une histoire au registre beaucoup plus psychologique, plus subtil, pour ensuite passer à la dernière nouvelle, qui est dans un registre mitoyen aux deux autres nouvelles. Je vous laisse le soin de lire et de me dire ce que vous en pensez. Je ne veux pas trop dévoiler de ces courtes histoires de cinquante pages.

Je n'ose pas trop en dire sinon que mon appréciation a été mitigée. Je crois que j'étais peut-être sous le choc de la première nouvelle au déroulement dont je ne m'attendais pas. Si j'avais une recommandation à vous faire, c'est de commencer votre lecture par la fin.

C'est un livre qui pourrait sûrement accompagner un voyage en avion ou en train.

Mon appréciation : ** 1/2


dimanche 2 janvier 2011

La carte et le territoire de Michel Houellebecq

Quatrième couverture
«Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait peut-être par vous parler d'une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passe seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l'écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l'exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accèdera à une certaine sérénité, et n'émettra plus que des murmures.
L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.»


J'avais tenté de lire La possibilité d'une île il y a quelques années, mais avais abandonné. Depuis, je n'ai lu aucun de ses livres. C'est donc le premier que je termine. Je dois avouer que ce ne fût pas toujours facile de poursuivre ma lecture, car j'ai trouvé qu'il y avait plusieurs longueurs. Il y a plusieurs moment où il s'éloigne de l'action principale pour nous enseigner pendant quelques pages sur un détail comme, par exemple, les bichons bolonais, l'oligospermie et j'en passe. Par contre, il y a plusieurs endroits où l'on apprend des choses intéressantes sur l'art et la sociologie.

Du côté du personnage principal, ce livre met en scène un homme qui n'a pas appris à créer des liens, sa mère s'étant suicidée lorsqu'il était très jeune et son père étant absent, bourreau de travail de son état. On a parfois l'impression que Houellebecq se décrit autant dans Jed que dans le Houellebecq qu'il met en scène dans l'histoire. Ces artistes troublés, réfractaires aux contacts humains, isolés dans un monde qui leur est propre. En tout les cas, on est imprégné de la vision de la vie et des relations humaines de l'auteur. Une vision plutôt sombre, où le travail et l'argent les tiennent à l'écart les uns des autres, où les créateurs vivent en solitaires.

En somme, son style est certes particulier et peut ne pas plaire à tous. Cependant, je crois que les amateurs d'art, de philosophie et de sociologie sauront apprécier.

Mon appréciation : ***



samedi 1 janvier 2011

Bonne année ...en musique.

Je vous souhaite une merveilleuse année 2011. Que celle-ci vous soit généreuse en santé, en amour, en poésie, en projets, en passion et bien sûr en lecture qui sauront vous transporter et vous faire vibrer.