mercredi 7 décembre 2011

Raconter l'invraisemblable


Aime-moi

Véronique Marcotte

VLB Éditeur

136 pages

Novembre 2011

ISBN : 978-2-89649-359-3



J'ai déjà parlé, dans la préface d'un autre roman de ce qu’une personne peut être prête à faire pour trouver l’amour. S’oublier, accepter l’inacceptable, prendre des risques indus. Dans Aime-moi, on en voit un tout autre aspect, plus extrême, d'où peut mener la satisfaction de ce besoin.

Véronique Marcotte, qui est également metteure en scène et directrice littéraire, reçoit beaucoup de confidences qu’on lui demande de raconter. Toutefois, elle s’est toujours abstenue de le faire, jusqu’à maintenant. Elle se trouvait devant quelque chose de si troublant, qu'elle devait le partager. 

C’est une histoire comme on en lit peu. Elle est vraie, mais si l’auteur ne l’avait pas mentionné au départ, on aurait eu du mal à le croire même si l’on se doute bien que c’est possible. Néanmoins, ce qu'on découvre est si sordide qu’on se dit que ça ne se peut pas. 

Sans vouloir trop dévoiler l'intrigue, je vous en dirai toutefois ceci. Judith (nom fictif, vous l’aurez deviné) a reçu un coup de téléphone d’une jeune femme demandant à la rencontrer pour lui parler de son histoire. Quelque chose dans sa voix l’a poussé à accepter le rendez-vous. Ce qu’elle entend la bouleverse profondément. Maëlle (son interlocutrice) aurait passé sa vie dans une secte et a subi des sévices d’une horreur immonde. Devant tant de monstruosité, Judith déroge à sa règle et envisage de tourner un documentaire pour raconter la maltraitance, la torture, les mensonges, la trahison et leurs conséquences sur la santé mentale et physique des enfants qui en sont victimes. Elle s'élance donc dans cette aventure qui ne sera pas sans heurts, sans toutefois mesurer l'ampleur de ce que cette décision implique.   

Ce récit n’a que 136 pages, mais est d’une densité ! Malgré cela, il se dévore d’une traite. On ne peut le déposer tant on est intrigué par ce qu’on lit, mais aussi parce qu’on est subjugué par la plume de Véronique Marcotte. Elle tisse habilement une toile dans laquelle le lecteur et les personnages s’enchevêtrent.  On essaie de comprendre, de saisir ce qui s’est réellement passé. Lorsqu’on croit que l’on n’en sortira jamais, on apprend quelque chose qui nous saisi, comme un coup de pelle en pleine figure. 


Chapeau bas à Véronique Marcotte, qui réussi à rendre l'insoutenable juste assez endurable pour que l'on puisse se rendre à la 136e page. 

Mon appréciation : ****
 

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