mercredi 14 décembre 2011

Entretien avec Mélanie Beaubien, auteure d'Intensité recherchée




Mélanie Beaubien vient tout juste de publier Intensité recherchéeson premier roman, chez Les Éditions AdA. Elle enseigne la psychologie au Cégep de Trois-Rivièeres. Elle a généreusement accepté de se prêter au jeu de l'entrevue malgré une fin de session très chargée.


  • Vous enseignez la psychologie au collégial depuis plusieurs années. Vous nous offrez votre premier roman. D’où provient ce désir d’écrire? Honnêtement, écrire un livre n’a jamais fait partie de mes projets. Il y a quelques années, alors que je traversais un deuil difficile, une amie m’a dit : « Tu aimes les défis, tu es créative, tu devrais écrire un livre. Ça te ferait du bien ! » Ce soir-là, j’ai écrit un premier chapitre que j’ai transmis à quelques amies par courriel. La réponse a été positive… mon roman venait de voir le jour. Le lendemain, je suis allée chercher un livre à la bibliothèque de mon collège afin d’obtenir des trucs pour amorcer ce processus d’écriture. Au fil du temps, cette aventure « thérapeutique » est devenue un projet et un rêve.

  • Chaque auteur a un processus d'écriture qui lui est propre. Quel est le vôtre ? Quelles sont vos conditions idéales pour écrire ? La meilleure façon de me préparer à écrire c’est de faire de la route ou prendre une marche afin de « mijoter » un chapitre. Une fois cette étape effectuée, l’histoire prend forme et je suis prête. J’essaie d’être toujours dans des conditions similaires pour écrire afin de stimuler ma créativité (truc lu dans un livre). Mes conditions idéales : être seule à la maison le soir, mon bureau ou la table de la cuisine, un bon éclairage, un verre d’eau, mon portable et un chat !

  • Qu’aimez-vous dans le fait d’écrire? Je perds complètement la notion du temps. Mon cerveau est en ébullition. Tout ce qui entoure le processus de création est génial : me casser la tête pour trouver « le » mot ou « la » phrase qui fait du sens, rire mes propres blagues, trouver un synonyme, apprendre une nouvelle règle en français, en discuter avec les gens qui m’entourent, la satisfaction personnelle lorsque je termine un chapitre, réfléchir, améliorer mon texte, être découragée, m’accorder un morceau de chocolat entre deux paragraphes, m’encourager, relever des défis et persévérer.

  • Votre profession vous a sûrement permis d’être témoin de plusieurs phénomènes humains. Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire sur le deuil, plutôt qu’autre chose? Au départ, comme je l’ai déjà mentionné, il y a eu quelque chose de thérapeutique. Je voulais me sentir mieux et je me disais aussi que cette histoire pourrait sûrement aider des gens. Une autre motivatation du fait que, plus jeune, lors de ma première peine d’amour, ma mère m’avait remis le livre de Jean Monbourquette. Lorsque j’ai débuté ma lecture, j’ai éclaté en sanglots. Les mots écrits étaient les miens. Je venais de réaliser que si quelqu’un avait écrit ces mots, c’est que je n’étais pas seule à vivre ce genre d’émotions. Alors lorsque j’ai écrit mon livre, j’ai toujours eu en tête cette idée, c’est-à-dire que les gens ne sentent pas seuls, qu’ils réalisent que le deuil fait partie de la vie. Enfin, j’enseigne entre autres des cours portant sur le développement humain, un des thèmes est le deuil. À plusieurs reprises des étudiants ou des étudiantes m’ont mentionné qu’ils étaient contents d’en apprendre davantage sur ce sujet, que trop souvent ils ne savaient pas comment réagir pour aider les gens qui vivent un deuil et qu’ils n’avaient pas abordé ce sujet à d’autres moments dans leur parcours scolaire. Raison de plus pour que mon roman puisse sensibiliser les gens. 

  • En quoi votre profession vous a-t-elle aidé dans l’écriture de votre roman? Tant le côté humain de ma profession que le côté intellectuel m’ont aidée dans cette aventure. Les rencontres avec les gens, la recherche, les discussions en classe et le partage d’expériences entre collègues ou avec les étudiants sont des sources d’inspiration immenses.

  • Emmy cherche à trouver l’amour. Elle cherche «le bon». Croyez-vous en ce concept dans la vie de tous les jours? Je crois qu’il y a « un bon », mais que ce dernier le sera par choix et non sans efforts. Trouver la personne qui correspond aux critères de notre commande, c’est une chose et aimer cette personne toute notre vie en étant heureuse en est une autre. Il sera «  le bon » ou elle sera « la bonne » si chacun y met du sien, évolue et reste ouvert au changement dans le couple, car je ne crois pas au concept de l’âme sœur.   

  • En quoi Emmy vous ressemble-t-elle ? Tout comme elle, mes amis ont une importance immense dans ma vie, le chocolat représente un « orgasme buccal » et la recherche d’intensité fait partie de moi.

  • Votre roman recèle d’information et de trucs concernant les relations de couple et le deuil. Avez-vous déjà pensé à écrire un essai sur ces sujets? Non puisque je crois que tout ce que je produis pour mon enseignement est suffisant et y ressemble dans un sens. Je dois faire une recension des écrits, des recherches, de la lecture et ensuite je produis des notes de cours, des exercices, etc. Cet emploi comble d’ailleurs mes besoins de défis, d’actualisation et d’acquisition de connaissances. 

  • Qu'aimeriez-vous que vos lecteurs retiennent de votre livre? Tellement de choses… Le deuil fait partie de la vie, des outils existent et des trucs pour mieux le vivre. On ne doit pas juger la vie des gens, le processus de deuil des autres. La lecture est un excellent moyen de se dorloter et qu’un réseau social de qualité est à prendre comme un cadeau de la vie. Je souhaite aussi que les gens le consultent à nouveau après l’avoir lu et qu’ils le partagent afin d’aider d’autres personnes soit à mieux traverser un deuil ou tout simplement à vivre un bon moment de lecture. Cette histoire c’est la vraie vie !

  • Prévoyez-vous écrire un autre roman? Si oui, de quoi parlera-t-il? Mon deuxième roman porte encore sur l’amour bien sûr, mais aussi sur l’engagement et la parentalité (désir ou non d’avoir des enfants par exemple). Emmy est encore à la recherche d’intensité, mais elle prendra des moyens différents pour y goûter… De plus, je profite encore de cette tribune, pour insérer des trucs permettant d’aider ou sensibiliser les gens sur différentes thématiques.

Pour mieux la connaître...
  • Qu’est-ce qui vous fait rire?
  • Mon chum…J’ai mon clown privé à la maison ! 

  • Qu’est-ce qui vous enrage?
  • Les gens qui souffrent de « négativisme chronique », qui critiquent constamment et qui sont peu ouverts d’esprit.

  • Qu’est-ce qui vous émeut?
  • Emmy, personnage principal de mon livre, dit souvent qu’elle est « full émue » et cette expression m’appartient. Selon moi, elle permet de préciser à quel point je suis profondément touchée et plusieurs choses provoquent cette sensation... ma « toune » qui joue très fort dans la voiture en passant par une soirée en compagnie des gens que j’aime.

  •  Qu’est-ce qui vous inspire? Les gens qui m’entourent, en particulier mes amies. 

  • Quelle est votre devise?
  • L’intensité permet de se sentir en vie. 

  • Seule sur une île, qu'apportez-vous?
  • Ma pharmacie (je suis certaine que ceux et celles qui me connaissent vont rire en lisant cette phrase). 

  • Quel est le livre qui vous a le plus marqué?
  • Si je pense à mes lectures plus récentes, je dirais Le Cocon de Janette Bertrand. Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre en le lisant et j’ai été particulièrement attendrie par les personnages. Une lecture touchante et rafraîchissante comme je les aime.

1 commentaire:

  1. salut Ti Mel, ton vieux coach qui est fier de toi
    et félicitation pour ton mariage
    BRILL XX
    tibrill@hotmail.com

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