lundi 21 novembre 2011

Trois paumés face à la vie, mais hantés par la mort


Trépanés

Patrick Brisebois

Le Quartanier

194 pages

Avril 2011

ISBN : 978-2-923400-71-6



La première version de Trépanés a été publiée en 2000. Lorsque Le Quartanier s’est intéressé aux œuvres de Patrick Brisebois, ils ont convenu avec ce dernier de rééditer ses romans. L’auteur a donc entamé une réécriture en profondeur. Celui-ci fut modifié à la lumière d’une décennie de murissement.

Morvan Trépanier, un poète désabusé du milieu littéraire est subjugué par Annonciade qui le repousse, se trouve dans un triangle amoureux tout à fait malsain avec celle-ci et nulle autre que Fabia, la sœur de l’élue de son cœur. Incapable de renoncer à choisir entre Annonciade qui le tient à distance, et Fabia désireuse de faire sa vie avec, mais envers qui ses sentiments sont d’intensité moindre, Morvan ne sait que faire. Les trois jeunes paumés se croisent dans des situations à tout le moins, cocasses, mais surtout très inconfortables, on le devine bien.

Les deux personnages féminins attirent particulièrement l’attention par leur souffrance. Annonciate, l’anarchiste qui crée un mouvement « anéantiste » est certes plus sombre que sa soeur, Fabia prise est des changements d'humeur soudains pouvant atteindre la violence. Morvan quant à lui, fait plutôt figure d’homme qui a tout abandonné, dont les espoirs semblent perdus. Nonobstant cela, il persiste toujours à conquérir Annonciate.

C’est un roman absolument déjanté, particulièrement dans les 80 premières pages. Elles donnent l’impression de regarder quelqu’un qui est sur un « trip » d’acide alors qu’on ne l’est pas. Un genre d’Alice au pays des merveilles trash. Certains passages peuvent engendrer un peu de confusion, mais la curiosité de connaître la suite pousse le lecteur à poursuivre, au-delà du surréalisme du début. Et il fait bien. Tout devient beaucoup plus clair au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

La plume poétique et sombre de Brisebois, de même qu’une certaine dose d’humour noir tissent cette la toile dans laquelle semble être empêtrés Morvan, Fabia et Annonciate. Réussiront-ils à s’en sortir avec d’être dévorés ?

Je suis curieuse de lire la version originale.

Mon appréciation : ***



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