mercredi 9 novembre 2011

Paris à la Belle époque


Un homme en uniforme

Kate Taylor

Libre Expression

376 pages

Mai 2011

ISBN : 9782764805268



Kate Taylor a l’habitude de mêler histoire, journalisme et littérature en s’inspirant d’évènements réels pour bâtir ses ouvrages de fiction. Pour son deuxième livre, elle s’est basée sur l’Affaire Dreyfus, qui a secoué la France à la fin du dix-neuvième siècle. Victime d’une erreur judiciaire, le capitaine Dreyfus, Français originaire d’Alsace et de confession juive,  a été jugé coupable de trahison et emprisonné avant d’être innocenté plusieurs années plus tard. La France était, à ce moment, divisée en deux camps, les « dreyfusards » et les « antidreyfusard ».

François Dubon, notaire de bonne réputation vivant dans le 8e arrondissement de Paris, durant la Belle époque, mène une vie bien rangée. Marié à Geneviève, dont la famille fait dans la tradition militaire, il partage son temps entre sa pratique, Geneviève, Madeleine, sa maîtresse et les banquets propre à l’aristocratie de cette période.

Son équilibre se trouve chamboulé quand une mystérieuse cliente le sollicite pour innocenter un ami qu’elle dit avoir été condamné injustement. D’abord réticent à accepter l’affaire, troublé par le regard de la veuve, il consent à mener l’enquête pour de dénicher des preuves qui permettront de faire appel du verdict et forcer la tenue d’un nouveau procès. Dubon est alors propulsé dans une suite d’aventures, voguant de découvertes en découvertes. Au risque de nuire à sa carrière, il ne ménage pas les astuces afin de remplir le mandat qui lui a été donné par sa cliente aux charmes de laquelle il n’est pas insensible.

C’est une intrigue au long court dans laquelle sont explorés les thèmes de trahison, de loyauté, de justice. Il est intéressant que le personnage de Dubon d’adonne à des tactiques d’espionnage pour disculper Dreyfus, au nom de la justice. Cela semble alimenter l’expression «la fin justifie les moyens». Le problème résidant dans le fait que nous sommes en accord seulement lorsque cela nous sert. Mais n’est-ce pas le propre de l’homme d’être tiraillé entre ces principes et ses désirs ?

Par ailleurs, il y est également question d’amour, mais de façon relativement secondaire. Dubon aime les femmes. À sa décharge, entretenir une maîtresse était, à cette période, une pratique fréquente chez les hommes bien nantis. Par contre, la proportion que prend la relation entre Dubon et son amante est un peu trop importante pour le rôle que cette dernière joue dans l’intrigue. Cela apporte peu à l’histoire et donne l’impression qu’on a voulu à tout prix insérer une composante sentimentale. D’autre part, il y a quelques passages ou descriptions qui peuvent apparaître superflus et certains évènements sont prévisibles. Le dénouement de l’histoire m’a laissée quelque peu sur ma faim. Il semble qu’au contraire de quelques passages qui auraient pu être écourtés, celui-ci aurait gagné à être un peu plus étoffés. On n’est pas toujours sûr de tout saisir.

Ces éléments sont toutefois contrebalancés par une brillante écriture. Kate Taylor sait très bien peindre le portrait de l’époque et lorsque l’on ferme les yeux, c’est tout comme si on y était. Son travail de recherche est irréprochable et fait en sorte que l’intrigue se tient du début à la fin. Elle garde le lecteur intéressé tout au  long des 376 pages. C’est une lecture distrayante qui vous transportera avec bonheur, j’en suis sûre, vers le Paris du dix-neuvième siècle.

Mon appréciation : ***


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