jeudi 15 septembre 2011

Un livre sur la douceur de «tomber en amitié».


À toi

Kim Thùy et Pascal Janovjak

Libre Expression

167 pages

Septembre 2011

ISBN : 978-2-7648-0559-6

http://www.edlibreexpression.com/toi/Kim-Thuy/livre/9782764805596

J’ai eu le plaisir de rencontrer Kim Thùy et Pascal Janovjak, un auteur qui est peu connu au Québec,par un sublime dimanche matin. Ils se sont eux-mêmes rencontrés une matinée à Monaco et se sont pris en affection de manière simultanée. Après avoir échangé quelques courriels, Kim a eu l’idée de ce livre et l’a proposé à Pascal.

Ces savoureuses correspondances entre les deux auteurs transportent le lecteur au cœur de leur amitié naissante. On fait leur connaissance en même temps qu’ils se découvrent l’un l’autre.

Comme dans un exercice d’improvisation, on part d’un sujet pour aller à un autre. Parfois, c’est un peu déroutant. Cela prend un petit temps à se faire au rythme, mais lorsqu’on y plonge, on est ravi d’assister à ces dialogues rafraichissants. On en apprend sur le monde, sur ces deux personnes, leur réalité, leur passé et leur présent. Ils discutent de la vie d’étranger dans un pays où l’on est arrivé, volontairement ou non. On découvre la réalité différente du vécu des migrants, de leur point de vue. L’intégration, la dissemblance, les points communs sont autant de thèmes abordés de façon honnête et sans censure. On voyage à travers la planète, partage leur douce nostalgie de l’enfance, des moments avec des amis disparus, de leur rencontre.

Un peu comme Flaubert et George Sand leurs échanges donnent lieu à des passages très poétiques, romantiques, même. Plus on avance dans les conversations, plus on en perçoit le ton intimiste. L’attachement se développe et une chaleur nous enveloppe. Il y a là toute la tendresse du monde, si l’on sait la lire.

Ce qui me reste de cette expérience littéraire : la découverte d’un écrivain tout simplement charmant, l’affection tangible qu'ils partagent et que j’ai eu l’opportunité de constater lors du brunch du dimanche 11 septembre. La complicité entre les deux auteurs était palpable et leur joie communicative.

Il y a également des phrases qui m’ont particulièrement séduite. Alors qu’ils discutaient colonisateurs et colonisé, Pascal termine son message en disant : « Il y va des conflits comme des amours : on se blesse toujours en étreignant ». Puis,à Kim qui se demandait de quel droit elle était témoin de la beauté d’une dame en sari, il répond : « Mais voilà ce que je voulais te dire : tu crois jouir d’une beauté usurpée, mais que l’on aime les Gauguin, Damien Hirst ou la simple vision d’une Indienne en sari, on n’a jamais que la beauté que l’on mérite – celle du regard que l’on porte sur les choses. »

Il y en a tant d’autres! Je ne peux toutes les citer, à vous de lire le livre!


Mon appréciation : ****


3 commentaires:

  1. Ouf... je ne suis pas d'Accord avec ta critique. Tu as vraiment aimé ça à ce point?

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  2. J'ai bien aimé, oui. Dans un contexte d'échange de correspondance. Il faut bien sûr s'adapter au style au départ. Mais, dis-moi que n'as-tu pas aimé en particulier?

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  3. Vais publier ma critique dans quelques jours, je t'enverrai le lien. ;-)

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