mardi 30 août 2011

De la nécessité d'être présent dans le monde

Envoyé spécial

Michel Jean

10 sur 10

264 pages

Août 2011

ISBN : 978-2-92366-285-5

http://www.edstanke.com/Envoye-special/Michel-Jean/livre/9782923662855


À travers le récit de ses missions, Michel Jean démystifie complètement le métier d’envoyé spécial. Métier bien particulier, car il diffère de celui d’un journaliste à l’étranger notamment en ceci : comme il est dépêché à l’étranger de façon ponctuelle, il n’a donc pas la possibilité de se familiariser avec le pays où il doit travailler et sa culture. Il est celui qui arrive à brule-pourpoint au cœur de la crise, et qui doit transmettre une information claire, précise, de dernière heure, tout en préservant sa sécurité et celle de son équipe.

Michel Jean mène le lecteur à travers ses vifs souvenirs. Il le transporte du Québec, lors de la tragédie des Éboulements, alors qu’il fut le premier journaliste sur place, aux Gonaïves, à Haïti, après qu’elles furent dévastées par trois ouragans en quelques semaines. Il passe également par le Liban et l’Irak, avant et après le départ de Saddam Hussein.

Le livre a été rédigé sous forme de chroniques et certains chapitres ont surement été intervertis par rapport à l’ordre de leur rédaction, ce qui donne lieu à deux ou trois répétitions d’informations et une explication de la teneur du mandat de l’envoyé spécial à la page 127. Mais, somme toute, c’est tout ce que l’on peut reprocher à Envoyé spécial. Michel Jean a une écriture plus qu’agréable, elle est limpide, précise et également poétique. Il a une facilité à transmettre l’émotion et à dépeindre des images sublimes. J’adore la manière dont il décrit les contrastes entre un lieu ou une personne et un évènement. Il le fait avec d’une telle façon que l’on se demande parfois comment est-il possible que la laideur d’un drame puisse coexister avec la beauté. Mais on ne peut nier l’évidence. Et, au-delà de nous renseigner sur les dessous du journalisme en situation de crise, le récit amène le lecteur à prendre conscience que de cette dualité. Que ce soit dans la somptuosité du paysage des Éboulements et l’horreur des corps disposés sur le sol, ou dans l’époustouflant charme et la candeur d’une jeune prostituée thaïlandaise toujours présente malgré son affreuse réalité.

En fin de récit, il y va d’un brillant hommage aux gens qui se dévouent lors des crises humanitaires, des guerres et des catastrophes naturelles. Ceux qui ne se sont pas posé la question à savoir si l’on doit aider les gens éprouvés des autres pays et qui ont répondu « présent! » aux appels à l’aide.

En somme, ce livre est parfois déchirant de vérité, mais il est surtout inspirant. À faire vibrer la fibre humanitaire en chacun de nous.

Mon appréciation : ***1/2


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