mardi 2 août 2011

Le parfait livre de chevet

Carnets d’une désobéissante

Geneviève St-Germain

Éditions Stanké

128 pages

ISBN 978-2-7604-1082-4

Parution : Mars 2011

http://www.edstanke.com/Carnets-desobeissante/Genevieve-St-Germain/livre/9782760410824


Si vous habitez le Québec, vous connaissez probablement Geneviève St-Germain. Sinon, sachez que cette femme qui a été journaliste, animatrice et chroniqueuse est connue pour son franc-parler, son souci de parler une langue de qualité, son ton parfois acerbe, ses lunettes noires, ses mains parées de larges bracelets qu’elle agite pour appuyer ses propos (pas que ceux-ci en aient besoin) sa coquetterie (certains l’accusent même d’être snob, voire hautaine). On en a l’image d’une femme forte peu porter sur les sentiments, hormis l’indignation. Son style, sa personnalité, on aime ou on n’aime pas. Elle est entière, c’est le moins que l’on puisse dire.

Avec un ton parfois incisif, parfois humoristique, mais toujours juste, Geneviève St-Germain aborde des thèmes qui l’ont touché et qui la touchent encore. C’est ainsi que l’on apprend que sa relation avec sa mère n’a pas été facile et qu’elle en a cherché l’amour et l’approbation de nombreuses années. Quête veine qu’elle a transposée sur d’autres personnes. Toujours sans succès. Elle indique également qu’elle s’est toujours senti une fibre féministe dans un monde qu’elle estime majoritairement misogyne. Pour exemple, elle cite nombres exemple du monde des médias, tout en soulignant que cette misogynie se trouve dans tous les milieux, tous les domaines, quel que soit le sexe. Oui, le sexe, car elle affirme non seulement que la rivalité féminine existe, mais que certaines femmes font preuve de misogynie, considérant simplement certains comportements et attitudes comme étant normaux.

Elle relate les années difficiles qu’elle a passées dans son lit, en proie à une dépression, et le long processus pour en sortir. Ceux qui pensent que l’on a droit à un récit larmoyant, qui fait qu’on a envie de la prendre en pitié ne connaissent pas Geneviève St-Germain. C’est en fait le parcours d’une battante qui se révèle fort inspirant. Elle raconte ses difficultés avec dignité. Même lorsqu’elle aborde le milieu dans lequel elle travaille, les médias, avec lequel elle n’est pas tendre, elle le fait avec classe et respect. C’est un exercice de mise à nue honnête, voire étonnante, si l’on se fie au personnage public que l’on connait. Mais combien nécessaire ! Trop peu de gens osent aborder ces tabous avec une telle sincérité.

Cependant, un bémol : la facture un peu vieillotte de la couverture. J’en ai déjà parlé sur Twitter : les auteurs photographiés lunettes en main et un café tout près… Je crois qu’elle aurait pu désobéir cette fois également, et exiger de faire un peu moins dans le cliché.

Hormis cela, je n’ai rien à lui reprocher. Au fil de ses 128 pages, il atteint ses objectifs. C’est un récit bref, sans bavures, sans épanchements superflus. Une lecture stimulante qui porte à réflexion et qui accompagne le lecteur bien après avoir tourné la dernière page.

Mon appréciation : **** 1/2



1 commentaire:

  1. le commentaire sur la couverture, c'est exactement ce que j'ai pensé en la voyant. j'ai crû à un bouquin des années 70.

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