dimanche 31 juillet 2011

Le sourire de la petite juive



Le sourire de la petite juive
Abla Farhoud
Vlb éditeur
216 pages
ISBN : 9782896493043

Abla Farhoud a quitté le Liban vers l’âge de 5 ans pour s’établir au Québec. Elle a été comédienne dès l’adolescence et a quitté sa terre d’accueil pour étudier le théâtre à l’Université de Vincennes pour ensuite revenir au Québec, compléter une maîtrise en théâtre à l’Université du Québec à Montréal. Dramaturge accomplie, elle a écrit douze pièces de théâtre. Ses œuvres, dont certaines ont été primées, sont traduites en plusieurs langues et ont été jouées à travers le monde. Elle présente aujourd’hui son quatrième roman.
Le sourire de la petite juive n’est pas que l’histoire d’une petite fille et d’une auteure. En fait, ce n’est pas une histoire, mais plutôt des histoires. Celles des résidants de la rue Hutchison, cette faune hétéroclite qui cohabite sans toutefois se rencontrer. À travers les personnages, l’auteure raconte le désir de rencontrer l’autre, de le connaitre, de l’apprivoiser, d’aller au-delà des barrières culturelles et de former une communauté, tout autant que le besoin de se protéger de cet Autre.

La qualité de la description des diversités culturelles est excellente. Le lecteur comprend bien ce qui vivent ces voisins provenant chacun de pays et de milieux différents. Fort probablement parce que l’auteure a su puiser à même ses expériences. Elle arrive même à défaire, très subtilement, certains préjugés. L’écriture d’Abla Faroud est habile. Elle réussit très bien à transposer en mots l’ambiance de la rue Hutchison, jusque dans la division de la rue, et ce, d’une façon originale. On sent bien la richesse de la rue, la diversité de ses habitants. Par contre, le lecteur aura peut-être parfois un peu de mal à gérer tous ces personnages. Bien sûr, cela créé un mouvement mais, à quelques moments, cela peut faire beaucoup à suivre. Une vague impression de ne pas connaitre réellement les personnages ou que l’on ne va pas assez en profondeur peut se faire sentir. Mais au fur et à mesure que la lecture avance, on se rend compte que ce livre n’aurait pu être écrit autrement.

Le sourire de la petite juive, c’est particulièrement l’histoire de cette rue, où les résidants y sont si bien qu’ils y restent toute leur vie. Et ce, malgré les différences et la cohabitation anonyme. Ils s’y croisent, c’est tout. Chacun reste de son côté, n’osant pas aller vers l’autre, mais ne se créant pas de problèmes non plus. En ce sens, c’est une histoire sur le respect des différences, la possibilité de la cohabitation des cultures.
Et si Le sourire de la petite juive était une fenêtre, une brèche qui permettrait aux gens de se rencontrer réellement?

Mon appréciation : ***1/2


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