mercredi 27 avril 2011

Un livre qui fesse!

Joseph Morneau - La pinte est en spécial


Danny Plourde


VLB Éditeur


283 pages




Qu’arrive-t-il quand monsieur « tout le monde » se trouve dans une situation où il peut venger une amie victime d’une grave offense ? C’est le cas de Joseph Morneau, serveur au Port des Vagues, un modeste bar de Montréal. Un mec bien ordinaire, Morneau verra sa vie prendre une tournure insoupçonnée alors qu’il croise un Slameur amateur dans une ruelle.


Le livre de Danny Plourde est une critique sociale portant sur l’argent qui corrompt, notamment la scène politique. Le message est clair : l’argent rend arrogant, méprisant, superficiel, fait croire à ceux qui le possède que tout leur est dû, en raison de leur statut de roi du monde. C’est le cas de Patrice de Grandpré, propriétaire du Port des Vagues, d’Alfonso Begino, entrepreneur en construction soupçonné de baigner dans la corruption, ainsi que de tous les politiciens. Pour Plourde, d’une part il y a les riches qui ont tout, et d’autre part, les autres qui en arrachent financièrement, amoureusement, politiquement. Mais ni les uns ni les autres ne sont heureux.


Ces autres, qui sont-ils ? Il y a le personnage principal, Joseph Morneau, bien sûr. Victime d’intimidation lorsqu’il était jeune, il cherche le respect de façon constante, notamment dans ses relations avec tous les musiciens, poètes, et autres, qu’il côtoie au travail. C’est cette quête de respect qui motivera ses élans violents.


Il y Amandine la bombe française qui baise tout ce qui bouge pour se donner l’illusion d’être aimée. Antoine Ouareau et Jules Raven deux séparatistes déterminés à faire du Québec un pays, coute que coute. Il y a également plusieurs gars qui ne veulent pas s’engager et qui baisent à qui mieux mieux. La plupart n’ont jamais vécu l’amour. Puis des filles qui baisent le premier ou la première venus. Ils veulent la liberté et la cherchent dans la fête. Ou bien tentent-ils ainsi d’oublier leur triste sort ?


L'auteur c'est évidemment fortement inspiré de l'actualité québécoise de la dernière année. C’est un livre audacieux, franc. Un livre de gars, glauque, très cru, cinglant, cynique, brutal et parfois crade. Il sent le sexe, le pot et l'alcool, notamment (lisez-le, vous verrez). Le milieu artistique marginal est en toile de fond et la question du nationalisme québécois est un élément de l'histoire qui prend peu à peu une certaine importance. Le roman de Plourde frappe fort et s’adresse à un public averti. Certains passages pourraient être dérangeants pour les yeux sensibles.


Un livre que je recommanderais sans hésitation pour un jeune homme. Un public auquel on ne s’adresse pas assez souvent dans les livres. Celui-ci leur plaira surement. Il peut également plaire à toute femme aimant ce genre de roman.



Mon appréciation : ***

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