dimanche 17 avril 2011

À quel point connaissez-vous vos amis?


Le dernier long métrage de Guillaume Canet, gagnant du César du meilleur réalisateur en 2006 pour Ne le dis à personne, fait vivre au spectateur une multitude d’émotions. C’est un film chorale durant le visionnement duquel on rit début, puis graduellement de moins en moins, pour finir par être ému, pour certains, aux larmes.


Canet explore les thèmes d'honnêteté, d’hypocrisie, d'image que l'on veut projeter, à travers les grands thèmes de l’amitié et de l’amour. Pour ce faire, il présente l’histoire d’un groupe d’amis de longue date qui décide d’aller en vacances ensemble quand même malgré le fait que l’un d’entre eux soit hospitalisé à la suite d’un grave accident. Ce groupe d’amis, en apparence presque parfaits, tant dans les domaines amoureux, familial que professionnel, ne l’est pas autant qu’on pourrait le croire. Et c’est ce que l’on découvre pendant leurs vacances. D’abord il y a Max, le proprio d’hôtel bourreau de travail, qui est obsédé par la perfection et qui défonce un mur à la recherche du chemin emprunté par les fouines pour entrer dans la maison. Il a du mal à gérer le secret que lui a confié Vincent avant leur départ en vacances, et cela le pousse dans de nombreuses situations aussi loufoques que fâcheuses.


Marion Cotillard qui malgré certaines scènes où son jeu est surfait, nous livre une touchante interprétation de Marie, une femme qui tente de se guérir de ses blessures d’amour dans les bras d’amants et de maîtresses. Puis Antoine le mec qui ne décroche pas de sa Juliette dont il est séparé depuis un an et qui gonfle tout le monde à leur demander sans cesse des conseils pour la reconquérir. Ensuite Éric le super mec qui sabote l'amour parce qu'il est sûr que ça va foirer. On a également droit à une apparition éclair de Mathieu Chédid.


Certains personnages sont typés, mais tout à fait réalistes. On en connait tous des Éric ou des Max. Ils sont généralement assez complexes. Même s'ils évoluent peu. Par contre, on peut le pardonner puisque la période couverte par le film est d’une durée de deux semaines. Chacun des personnages se débat dans les sables mouvants de la douleur, du déchirement et des sentiments partagés.


La bande sonore, complètement anglophone, est utilisée d’une façon parfois un peu trop mélodramatique. Également, le choix de certaines pièces, notamment My way interprétée par Nina Simone, semble peu approprié.


De façon générale, c’est un film assez fluide, mais qui comporte quelques longueurs. Il a une facture plutôt ancienne (des années '70 et '80) tant par sa trame sonore que par le plan fixe à la fin. Il ne manquait que le mot « Fin » pour compléter le tableau. Fin d’ailleurs que l’on devine longtemps à l'avance. Clichée, elle n’est pas à la hauteur du reste du film. À mon avis, elle est complètement bâclée. Et on y a droit à une petite scène de morale où l’un des personnages énonce justement le message principal du film, au cas où le cinéphile ne l’aurait pas saisi. Mais dans l'ensemble le film est réussi et parsemé de moments émouvants.


Plus qu'un divertissement, Les petits mouchoirs pousse le cinéphile à porter un regard sur lui, sur ses relations, ses amours, pour en mesurer le degré d’authenticité, à se demander sur quoi sont basés les liens qu’il croit solides.


Mon appréciation ***



2 commentaires:

  1. Bon j'ai bien râlé un peu mais, sans être un grand film, on passe un bon moment parce que, comme tu dis, on se reconnaît quelque part ou on reconnaît quelqu'un au travers des personnages. Et en effet, My Way de Nina Simone : no way. Le choix de chansons en anglais ne me dérange pas tant que ça mais pour celle-là, qui est de surcroit une chanson française à l'origine, LE succès de Claude François, je dis non. À la limite, la version de Sinitra s'il tenait mordicus à l'anglais.
    Un bon feel-good movie

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  2. Je suis tout à fait d'accord! Franchement, le choix de «My way» par Nina Simone (que j'adore) était une grave erreur. Premièrement, je déteste son interprétation, deuxièmement, je trouve que cette chanson n'était absolument pas dans le ton, et troisièmement, MAIS QUEL FOUTU CLICHÉ !!
    Pfff!

    Malgré cela, on sort satisfait du film, même si certains sont un peu troublés.

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