lundi 7 mars 2011

Les petits : l’histoire, l’écriture, et le principe

Les petits

Christine Angot

Flammarion

188 pages


Le livre qui fait tant jaser. J'ai bien dit livre, parce que plusieurs ne le considèrent pas comme un roman, puisqu'il semblerait que Christine Angot ait carrément transposé sa vie dans ce livre. Elle est d'ailleurs sous poursuite de la part de l'ex-compagne de son conjoint, qui affirme que les histoires sont trop véridiques et que les personnages (dont elle) très clairement identifiables. L'histoire en question est celle d'Hélène, une femme blanche de la France métropolitaine et de Jimmy, un homme noir de la Martinique. Ils tombent amoureux et ont des enfants. Comme plusieurs couples, ils ont du mal à s'entendre sur plusieurs aspects, Hélène étant particulièrement exigeante. Le couple se brise et chacun se bat pour la garde des enfants.

Réalité ou fiction, dès les premières pages on constate que l’auteure n’apprécie pas le personnage d’Hélène. Elle la dépeint comme étant archicontrôlante, cherchant à soumettre son conjoint Billy, qu'elle aurait choisi simplement pour être un bon étalon reproducteur. D'autre part, elle nous présente Jimmy, bon travailleur, peut-être absent, mais seulement parce qu’il veut gagner de l’argent pour subvenir aux besoins de sa famille. Lorsque l'on replace le tout dans son contexte, il apparaît évident que l'on se trouve devant un plaidoyer pour la victime qu'est Billy.

En ce qui a trait à la plume d'Angot, celle-ci est presque télégraphique, du genre sujet, verbe, complément. Durant près de 115 pages le récit très anecdotique, presque désincarné. Ce qui, tout compte fait, est normal puisqu'elle relate des faits qu'elle n'a pas vécu. Dès la page 115, elle écrit à la première personne du singulier et le récit change quelque peu, puisqu'elle raconte les faits selon sa propre perspective. Il y a des moments où elle part dans tous les sens et on ne la suit pas. Par exemple, elle profite de sa tribune pour faire une attaque gratuite contre les critiques. Élément qui sort de nulle part et qui n'apporte rien à l'histoire. Il y a également beaucoup de répétitions dans son texte, ce qui l'alourdit. De plus, elle se perd dans le temps, car elle se promène du passé au présent dans le même paragraphe. Côté psychologie des personnages, on repassera. Celle-ci n'est pas très développée, sauf pour décrire avec moult détails les travers d'Hélène. Même le personnage de Billy, qui en principe est le personnage principal, n'est pas suffisamment approfondi.

Je saisis pourquoi les gens que j’ai entendus commenter le livre le faisaient avec une telle colère. Parce que ce livre révolte. Il révolte par son écriture, par son contenu, et enfin par son contexte. On est en colère contre Hélène la contrôlante, en colère contre Angot de nous prendre pour des cruches et de penser qu’on va croire que cette relation est allée dans les poubelles seulement à cause d’Hélène et que Billy est une pauvre petite victime, alors que dans une relation, on est deux et que chacun a sa part de responsabilité. C’est surtout ça qui est insultant.

On peut se questionner sur les motifs qui l'ont poussé à publier ce livre. Qu'elle ait ressenti le besoin de l'écrire est une chose, mais le publier, dans le contexte que l'on nous présente dans les médias, en est une autre. Dans le livre, elle accuse Hélène de juger « selon la vue qu’elle a, qui est partielle »...


Mon appréciation : ** 1/2


2 commentaires:

  1. À la lecture il est clair, si les allégations de l'ex-compagne du présent conjoint d'Angot sont véridiques, qu'il s'agit d'un "réglage de compte" pour lequel elle utilise les lecteurs. Je trouve l'exercice malsain. J'avais cependant besoin de me faire ma propre idée sur le sujet en lisant le livre.

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