samedi 19 mars 2011

Hamlet : vous avez dit dithyrambique?

Hamlet


Présenté au TNM (Théâtre du Nouveau Monde)
du 8 mars au 2 avril 2011
EN SUPPLÉMENTAIRES LES 5 ET 6 AVRIL



Distribution :

  • Félix Beaulieu-Duchesneau
  • Émilie Bibeau
  • Frédéric Blanchette
  • Mathieu Bourguet
  • Jean-Marc Dalphond
  • Marie-France Lambert
  • Pierre-Antoine Lasnier
  • Jean Marchand
  • Benoît McGinnis
  • Widemir Normil
  • Ève Pressault
  • David Savard
  • Richard Thériault
  • Alain Zouvi

Personnage tourmenté par le deuil de son père, et le mariage hâtif de sa mère avec le frère de son père, Hamlet est consommé par son désir de venger la mort de celui-ci. Soupçonnant son oncle/beau-père, d’en être à l’origine, Hamlet utilise toutes sortes de subterfuges afin d’obtenir réponse à sa question pour que justice soit rendue.

Le défi de Marc Béland, metteur en scène, de transposer les propos de Shakespeare dans un Danemark d’aujourd’hui en était un de taille. Assurément, la notion de vengeance est toujours présente dans la société actuelle, mais pas de la même façon qu’à l’époque où Shakespeare place l’action de la pièce. La notion d’honneur dans la société danoise de notre époque n’a plus du tout la même importance. Elle est devenue moins familiale et plus individualiste. Nonobstant cela, la notion d’aveuglement causé par la quête du pouvoir, tel que vécu par l’oncle de Hamlet, elle est universelle tout autant qu’intemporelle. C’est cette quête qui pousse Claudius à tuer son frère, le Roi Hamlet pour accéder au trône et à recourir à des manigances pour éliminer son neveu Hamlet, qui le soupçonne d’avoir empoisonné son père.

La distribution des rôles est en général très judicieuse. Cependant, l’interprétation de certains comédiens était moins naturelle qu’on l’aurait attendu. Le verbe de Shakespeare n’est certes pas facile à rendre, les textes sont riches en mots et en significations. Benoît McGinnis est sans contredit le comédien qui se démarque le plus. Non pas parce qu’il tient le rôle principal, mais plutôt pour l’ingéniosité de son interprétation de Hamlet. Une des forces de celle-ci est dans sa capacité de passer d’une émotion à l’autre en l’espace de quelques secondes, sans qu’elles perdre en intensité ni en authenticité. Cette intensité émotive, il doit la soutenir tout au long de la pièce puisque les moments où le personnage de Hamlet n’est pas sollicité sont en fait assez rares.

Alain Zouvi et Marie-France Lambert ont offert des performances solides. Émilie Bibeau en fragile Ophélie était touchante de vérité. Hormis la découverte de l’étendue du talent de McGinnis, Frédéric Blanchette a été pour moi une découverte. Son naturel et son aisance sur scène, de même que sa maîtrise du verbe et de l’essence de Shakespeare m’ont charmée.

La mise en scène habile de Marc Béland assure le succès de cette magnifique pièce. Le sobre décor de Richard Lacroix de concert avec les judicieux éclairages de Martin Labrecque laissaient toute l’attention visuelle sur les comédiennes et comédiens. Il en est de même pour les costumes plutôt neutres de Mérédith Caron qui, bien qu’ils situaient la pièce à une époque proche de la nôtre, ne la précisait pas trop. Béland, dans sa direction des comédiens, adresse également un petit clin d’œil aux spectateurs québécois que nous sommes.

Du Shakespeare totalement déchiffrable, quelle belle expérience théâtrale.

Mon appréciation : **** (Benoît McGinnis : Hors catégorie:-))



2 commentaires:

  1. Un grand merci pour tes impressions!

    RépondreSupprimer
  2. Ça me fait plaisir. Cependant il faut savoir que ça dure trois heures. Quelques personnes ont trouvé long. Mais les classiques, c'est presque toujours le cas.

    RépondreSupprimer