vendredi 25 février 2011

Déchirant triangle amoureux

Je mourrai pas zombie

Diane Labrecque

Hurtubise

249 pages


Je mourrai pas zombie

Dib est une enfant de remplacement, conçue par ses parents, après au suicide de son frère à l’âge de 17 ans. Alors que son père décède et qu’elle fait le ménage de la maison familiale, elle trouve des cahiers qui sont en fait des journaux intimes qu’elle tenait à l’âge de 16 ans. Cette découverte donne lieu à des allés retour entre la Dib d’aujourd’hui, qui a 35 ans, et celle qu’elle était à 16 ans. C’est à peu de chose près le scénario de départ du roman L’Enfant allemand, de Camilla Läckberg. Mais là s’arrêtent les similitudes.

La jeune Dib est une enfant malheureuse, qui porte en elle la mort. Une dynamique malsaine entoure sa vie. Elle dort dans le lit de son défunt frère, porte ses vêtements, se coiffe les cheveux courts pour ressembler à un garçon. Ses relations avec ses parents, incapables de démontrer de l’affection ou des émotions, les considérant comme une faiblesse, sont inexistantes, ou au mieux conflictuelles. Cette enfant qui n’a pas appris à vivre cherche la mort. Paradoxalement, elle pratique l’automutilation, pour de se sentir en vie.

À l’école, elle rencontre deux garçons dont elle tombe amoureuse. Ceux-ci deviennent également amoureux. Mais le hic, c’est qu’ils ont chacun une copine. Les liens qu’ils tissent sont d’une intensité profonde que personne ne comprend. Pourtant, leurs chemins se sont séparés après le secondaire, et tout au long du roman, on sent qu’il s’est passé quelque chose entre ces trois là.

L’auteure aborde avec beaucoup de délicatesse les thèmes de l’inaptitude à aimer et à se laisser aimer, la haine de soi, l’automutilation. La souffrance est en toile de fond tout au long du livre. Son écriture s’ajuste à l’âge de son personnage principal et à son tourment. Lorsque Dib a 16 ans, les phrases sont longues, essoufflantes et vont dans tous les sens, tandis que la femme de 35 ans a un débit beaucoup plus posé.

Les personnages bien construits, crédibles. Quel adolescent n’a pas, à un moment où l’autre de sa vie, crût que ses parents ne l’aimaient pas parce qu’ils ne le manifestaient pas comme il l’aurait désiré, parce qu’ils étaient maladroits à le démontrer. Quel adolescent n’a pas fantasmé de s’enfuir loin du bled où il est né parce qu’il croyait que le salut était ailleurs, que c’était la seule façon de ne pas devenir comme ses parents. Dib, elle fantasmait de s’enfuir avec Francis Cabrel! Elle refuse de terminer comme sa mère devant la télé à longueur de journée, comme hypnotisée.

Mon appréciation : ***1/2


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