dimanche 23 janvier 2011

Les Imperfectionnistes par Tom Rachman, chez Grasset

« Ils sont pathétiques, ils sont incompétents, ils sont harcelés par le destin, bref, ils sont irrésistibles. Ces éternels abonnés à l’infortune ont tous en commun de graviter autour d’un anonyme et farfelu journal international basé à Rome.

Sous la houlette du très incapable directeur de la publication Oliver Ott, petit-fils de l’énigmatique fondateur du quotidien, il y a entre autres Lloyd Burko, vieux correspondant à Paris, au bout du rouleau et prêt à tout pour vendre un article ; Arthur Gopal, le préposé aux nécrologies et aux mots croisés, frappé par une tragédie familiale qui va donner un ironique coup d’accélérateur à sa carrière ; Winston Cheung, pigiste débutant au Caire, vampirisé par un reporter sans foi ni loi ; Ruby Zaga, la vieille fille persuadée (à raison) d’être la paria de la rédaction ; ou encore Ornella de Monterrecchi, lectrice un peu trop scrupuleuse à qui sa fidélité exhaustive a coûté vingt ans de retard sur l’actualité.

Roman choral magistralement orchestré, Les Imperfectionnistes raconte, en onze histoires croisées, les mésaventures hilarantes de ces « chiens écrasés » de l’existence, dressant au passage, avec une acuité redoutable, la fresque d’un demi-siècle dans les coulisses de l’univers médiatique, de son âge d’or à son crépuscule. »

Le roman de Rachman nous amène dans l’univers journalistique d’un tout autre point de vue que celui auquel on est habitué. Généralement on en voit le côté attrayant, les voyages, les banquets, les conférences de presse, etc. Ici on a droit à une image plus réelle. On y assiste à la création d’un journal de même qu’à son évolution à travers les diverses parties impliquées. En passant par les bons et les mauvais moments. L’auteur nous en apprend un peu plus sur les métiers impliqués dans la publication d’un journal. Il aurait été plaisant qu’il en dise un peu plus, mais cela aurait sûrement alourdit l’histoire. La structure du livre nous promène, oscillant d’un chapitre à l’autre, entre les origines du journal et le présent de celui-ci. Les deux finissent par se rejoindre à la toute fin.

Savamment construits, les personnages sont tout en complexité. Bourreaux de travail, exigence du métier, ils ont peu de vie à l’extérieur de celui-ci. Certains sont des tyrans ou des durs au boulot, mais sont tout autrement dans leurs relations personnelles. Ils y sont plus passifs, plus doux, certainement moins assurés (pour ne pas dire carrément des lavettes à l'occasion), hors de leur domaine d’expertise. On a parfois envie de les brasser afin qu'ils se sortent de leur état pathétique. Une belle étude de l'être humain.

Mon appréciation : ****



14 commentaires:

  1. Je note: ça me semble très intéressant! Merci pour la découverte!

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  2. Effectivement, cela semble bien loin du glamour de ce que l'on peut lire du métier de journaliste et de tout ce qui gravite autour. À ajouter à ma liste de lecture! ... Je commence à sérieusement manquer de temps pour tout lire!

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  3. Bah! Bienvenue dans le club pour ce qui est du manque de temps de lecture. Même si je lisais 24 heures sur 24, je n'aurais pas assez de temps. Mais ça me permet de chérir ces doux moments de lecture.

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  4. nouvelle suiveuse6 février 2011 à 09:51

    Jean Fugère vient d'en parler à la Première chaine. Je me suis précipitée sur Google pour en savoir plus et j'arrive ici. Il n'en faut pas plus pour que je vous suive sur Twitter dès main-te-nant... :)

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  5. @nouvelle suiveuse: Merci beaucoup à vous, j'espère que vous aurez plaisir à me suivre! Pour ma part, j'aurai grand plaisir à vous communiquer mes impressions et à échanger avec vous. Encore une fois bienvenue!

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  6. Je suis d'accord @Critéïne, elle est superbe.

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  7. Je n'arrive pas vraiment à entrer dans le texte lorsuq'il s'agit d'histoires croisées... Je préfère un fil linéaire... Dommage, le sujet m'intéresse beaucoup!

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  8. En effet, c'est dommage, car c'est un très bon livre. Si jamais tu en as le courage un jour, je te recommande de l'essayer.

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  9. J'ai beaucoup aimé moi aussi :)
    J'apprécie souvent les romans à plusieurs personnages croisés, cette succession de plusieurs points de vue sur un univers commun.
    Très bon souvenir de lecture :)

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    1. Ce n'est pas simple à écrire, mais ça ajoute tellement de profondeur, de rondeur à l'histoire. Dans ce cas-ci, c'est réussi.

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  10. un tres beau premier roman.
    j ai particulierement aime le titre qui denote toute la poesie de ces personnages un peu tordus mais tres attachants finalement
    une belle decouverte

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