mardi 18 janvier 2011

L'amour nègre de Jean-Michel Olivier, chez de Fallois / L'Âge d'Homme

La quatrième couverture décrit l'histoire comme suit : «Dans son malheur, Adam a de la chance : né en Afrique, dans la misère, il a onze ans quand il est adopté par un couple de stars du cinéma. A Hollywood, il découvre le glamour et le désoeuvrement. Les paradis artificiels. Mais Adam multiplie les bêtises. Pour le punir, on l'envoie chez Jack Malone, un acteur qui vante les mérites d'une capsule de café. Adam s'enfuit à nouveau et rencontre Gladys, fille et femme de banquier, qui l'attire en Suisse, où son destin s'accomplira.

A travers les cinq continents, L'Amour nègre explore les vertiges de la vie factice. On se délecte des tribulations d'un Candide africain confronté aux mille tentations du monde global : luxe et culture unique, bling-bling et dépression, matérialisme triomphant.»

Le sixième roman de Jean-Michel Olivier raconte le parcours d'un jeune africain, «donné» par son père à un couple de stars Hollywood en échange d'une télévision à écran plat. À partir de ce moment, on se trouve dans un monde où les gens sont atteint de l’obsession de se remplir consomme avec exagération, se trouvent malheureux, car ayant tout acquis, ils n’ont plus rien à désirer. Et où toutes les femmes ont un psy qui prend les décisions pour elles.

Ce livre se veut très clairement une critique du côté artificiel d’Hollywood, de la perte d’identité, de la quête d’une nouvelle identité à travers les marques. La phrase suivante illustre bien cette dernière pensée : «Pour exister tu dois porter des marques, Adam! Et tu dois devenir une marque».

Il pose également un regard sur les enfants en tant que denrée, plus particulièrement sur les stars qui «achètent» des enfants, dans certains cas de façon compulsive, comme ils achètent n’importe quel bien consommable, que l’on met de côté lorsqu’on en a assez.

L’auteur a choisi d’aborder le sujet par le biais de la dérision. Quelques passages contiennent des images si caricaturales ou encore si tirées par les cheveux que cela fait décrocher le lecteur, notamment, lorsqu’Adam fuit la résidence de Jack Malone. Bien sûr l’auteur a usé d’exagération pour nous secouer afin que l’on prenne conscience de l’absurdité de ces réalités, cependant, il aurait très bien pu passer ses messages un usant (ou abusant) un peu moins de la caricature.

Par ailleurs, lorsqu’on regarde au-delà de tout cela, on constate que c’est une histoire sur l’abandon vécu par ce petit garçon et sur sa détermination et sa capacité à s’attacher à nouveau, malgré les blessures.

Un livre à ne pas prendre qu’au premier degré.

Mon appréciation : ***



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire