mercredi 29 décembre 2010

La maison d'à côté : de lourds secrets


Je trouve toujours délicat de donner mes impressions sur un roman policier, car j'ai toujours peur de trop en dévoiler. Je résumerais donc l'histoire comme suit : Nuit de mercredi à jeudi. Jason Jones rentre chez lui après le travail, pour se rendre compte que sa femme Sandra Jones, enseignante au secondaire, a disparu. Son sac à main, son téléphone portable, ses clés et sa voiture sont toujours à la maison. Le seul témoin de ce qui est arrivé, leur fille, Clarissa, 4 ans. Jones attend pourtant près de deux heures avant d'alerter la police. Lorsque celle-ci se présente, il refuse de les suivre au poste ou de les laisser questionner sa fille. Il semble froid et distant, ce qui chicote D.D. Warren, chargée de l'enquête.

Tout au long des 415 pages, Gardner a su créer le suspense en enchâssant les intrigues. On découvre que les choses ne sont peut-être pas ce que l'on croyait qu'elles étaient. Chaque personne porte des secrets, certains plus lourds que d'autres. L'auteur nous promène entre chaque personnage dont la vie nous est dévoilée par bribes. L'auteur réussit à nous donner juste assez d'information de façon à ce que l'on soit suspendus à sa ligne, hameçonnés comme des poissons. Elle nous amène à nous questionner, à élaborer toutes sortes de scénarios, puis elle nous envoie soudain aller visiter un autre personnage. En fin de compte, plusieurs personnes auraient des motifs de faire disparaître Sandra Jones. La fin n'est pas totalement inattendue, mais comme tellement d'éléments s'entrecroisent, on reste tout de même satisfait de la lecture.

La narration se promène entre 3e et la 1re personne. Lorsqu'il s'agit du jeune délinquant sexuel et de Sandra Jones, la narration est en «je». Les paroles de la disparue nous sont d'ailleurs rapportées en italique, telle une voix d'outre-tombe. Ce jeu entre les deux types de narration nous permet de créer une distance avec certains personnages. Le choix de Gardner est judicieux et respecte les personnages, leur fonction et leur personnalité.

Cette lecture nous rappelle que notre historique (sur internet ou celui de notre propre vie) n'est jamais complètement effacé malgré tous nos efforts pour le faire.

Mon appréciation : ****



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