dimanche 21 novembre 2010

Quand le vernis se désagrège.

Théâtre du Nouveau Monde (TNM)



Le Dieu du carnage de Yasmina Reza au TNM

Du 16 novembre au 11 décembre 2010

Mise en scène : Lorraine Pintal

Distribution :
Anne-Marie Cadieux, James Hyndman, Guy Nadon, Christiane Pasquier


Dans un petit salon bourgeois de Paris, nous retrouvons les parents de Hugo et Ferdinand, 11 ans. Hugo a été agressé par un collègue de classe, Ferdinand, le laissant sans incisives. Les Houillé, parents de l'enfant blessé désirent rencontrer les Reille afin de discuter de la situation. Une rencontre qui se veut, au départ, totalement civilisée, se transforme, au fil des discussions en entretien où le vernis se désagrège tranquillement. Les bonnes intentions du départ, étant subrepticement remplacés par le désir d'imposer ses vues de la choses sur la «partie adverse».

Nous avons droit à de brillantes interprétation de tous les comédiens. J'ai bien apprécié le jeu de Christiane Pasquier, qui m'a vraiment fait croire qu'elle était française. Elle est hypocrite et coincée à souhait! Vous savez cette politesse, presque (;-)) pédante, qui au fur et à mesure que la conversation avance et que les contrariétés s'accumulent, lutte pour garder le contrôle, mais qui le perd, doucement. Ceux qui ont déjà passé suffisamment de temps en France saisissent ce à quoi je fais allusion.

Guy Nadon est, comme de coutume, magistral! Vraiment. Il est savoureux dans son interprétation de ce grossiste en articles de cuisine, complètement terrorisé par le hamster familial. C'est un de premier dont le vernis explose.

James Hyndman nous livre une belle interprétation d'un avocat greffé à son téléphone cellulaire. Complètement je-m'en-foutiste, simplement préoccupé par les affaires, avouant tout de go que son fils est un sauvage. Et ce, au grand dam de Anne-Marie Cadieux, sa gentille épouse, toute timide, atterrée par le comportement de son fils. Enfin, au départ. Car ensuite, elle se révèle moins docile qu'elle ne le laissait paraître.

C'était tellement réaliste, que j'ai vécu un retour en arrière, alors que j'étais témoin de telles «discussions civilisées» en France. Somme toute, on se bidonne tout le long, et parfois on peut même rire un peu jaune, si l'on est capable d'auto-critique, car, qui n'a pas profité d'une discussion sur un sujet, pour régler des comptes avec son conjoint ou sa conjointe. Une très belle critique de l'hypocrisie et des comportements «socialement souhaitables», mais pas si facilement applicables. De façon intégrale, en tout cas.

Concernant l'ambiance musicale, sous la responsabilité de Michel Smith, je dois avouer que celle-ci m'a quelque fois dérangée. Je trouve que parfois la musique ne venait pas appuyer le jeu, mais au contraire, elle brisait le rythme et l'ambiance.

Le décor d'Anick La Bissonnière était fort agréable. Très épuré, propre à la petite bourgeoisie parisienne. Cependant, le seul bémol, les gens en première et deuxième rangée à la droite de la scène ne pouvait pas entièrement voir cette dernière. En fait, moi, de la deuxième rangée, je perdais le fond de la scène. Par contre les gens de la rangée A devant moi, non presque rien vu de la pièce, parce que la table à café placée très à l'avant de la scène, à droite, leur cachait presque tout. Si j'étais eux, j'aurais exigé un remboursement, ou des billets pour une autre représentation.

Quant aux éclairages de Claude Cournoyer, tout comme pour la musique, j'avais parfois l'impression que l'on voulait en rajouter plus que nécessaire. Parfois la simplicité est plus indiquée que de tenter de marquer des moments de façon superflue.

Je m'en voudrais de ne pas adresser un petit clin-d'œil à Lorraine Pintal et Anne-Marie Cadieux pour l'effet spécial à environ trente minutes du début. Pour les curieux : allez voir la pièce, vous verrez!

Fait à noter, la pièce dure environ une heure trente. Certaines personnes sont parties déçues parce qu'elles ne s'y attendait pas.

Je vous suggère d'aller voir cette pièce, elle est savoureuse.



Note globale : ****



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