jeudi 18 novembre 2010

La ballade de Lila K, par Blandine Le Callet, chez Stock

Contenu de la quatrième couverture :

«La Ballade de Lila K, c'est d'abord une voix : celle d'une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l'a prise en charge.

Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n'a qu'une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue.

Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d'un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n'ont plus droit de cité.

Au cours d'une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu'est devenue sa mère. Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels : un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d'enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore...

Roman d'initiation où le suspense se mêle à une troublante histoire d'amour, La Ballade de Lila K est aussi un livre qui s'interroge sur les évolutions et possibles dérives de notre société.»



J’ai trouvé le début de l’histoire très troublante. J’étais terriblement bouleversée par l’état et les difficultés de cette petite fille. Notamment de son incapacité à vivre entourée des autres. J’ai failli abandonner la lecture, mais j’ai persisté. Cela m’a permis de constater que La Ballade de Lila K est une très touchante histoire d’amour, celle d’une enfant pour sa mère. Mais une histoire pas ordinaire. Cet amour qui permet de survivre et de surmonter la douleur intense. Celui qui nous permet de faire fi de tout.

C’est un roman audacieux, parce qu’un des messages de cet ouvrage n’a pas été abordé fréquemment. Sans vouloir trop dévoiler d’éléments de l’histoire, je dirai ceci : on parle peu de l’amour que peuvent ressentir les enfants victimes de mauvais traitement pour le parent qui en est à l’origine. On n’a généralement pas envie de ressentir de l’empathie pour les bourreaux, c’est trop troublant, on a l’impression d’excuser les comportements, alors qu’ils sont inexcusables. J’aurais envie de vous en parler plus longuement, mais je ne veux pas trop dévoiler l’histoire.

Outre cela, on sent tout au long du livre, la critique sur la société qui prend en charge. Elle surveille tout et contrôle tout. Des caméras et micros sont présents partout, dans les rues, les appartements, les chambres, et j’en passe. Les toilettes font des analyses d’urines. Le Centre a offert à Lila, lorsqu’elle avait environ 13 ans, un « Sensor » et un tube de lubrifiant, car il est jugé bénéfique de satisfaire en moyenne deux fois par semaine les besoins sensuels. Enfin, bref, vous voyez le topo.

Je dois cependant noter que j’ai tiqué à quelques endroits. Notamment parce que Le Callet fait parler cette enfant, qui au départ a 8 ans, comme une adulte. Même en France, même une enfant exceptionnelle ne dirait pas à son tuteur des trucs tels que « la métaphore est usée », et autres.

Il y a également autre chose qui cloche. La psychologie du personnage est truffée de manque de justesse. À la page 94, notamment, Lila complimente la personne, disant que « ça fait toujours plaisir et cela entretien la convivialité ». Or, à cet âge, et surtout en l'absence d'habiletés sociales de base, cette analyse de la part de Lila est fort peu plausible.

Malgré tout, c’est une belle histoire sur le pouvoir de l’amour et la détermination qu’il procure.

Note : ****1/2



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