vendredi 12 novembre 2010

Féroces de Robert Goolrick, chez Anne Carrière




«Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler.

C'était les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit.

Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c'était la seule chose qu'ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d'ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker.

Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi : on ne parle jamais à l'extérieur de ce qui se passe à la maison. À la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.»

Voici ce que nous dévoile la quatrième couverture.

J'avoue que lorsque j'ai débuté la lecture, j'avais déjà entendu des commentaires sur le livre. Pas assez pour me vendre la mèche, mais assez pour savoir à quel moment se dévoilait l'énigme.

J'ai mis plus de temps à terminer le livre. J'avais parfois l'impression que le récit partait dans tous les sens et j'avais, à quelques reprises, du mal à le suivre. Il y a également quelques longueurs, notamment lorsqu'il relate son enfance. Certains passages me semblait superflus. J'ai cependant persisté à lire, coûte que coûte, curieuse de comprendre ce qui avait façonné ainsi le narrateur.

Goolrick nous raconte l'histoire de cette famille, qui semble exemplaire, de ces apparences si importantes pour elle. Mais c'est surtout l'histoire de ce jeune homme, brisé, morcelé, irrémédiablement. On se promène entre l'enfance et à l'âge adulte de cet homme, dans un va-et-vient qui peut déstabiliser.

L'auteur a toutefois eu l'habilité de nous présenter sa souffrance graduellement. Nous la survolons de loin au départ, pour nous en rapprocher tranquillement, jusqu'à ce qu'on arrive pile dessus. Et quand ça arrive, ça frappe. Fort. Certains lecteurs ont mentionné que Goolrick aurait pu éviter de tomber dans le gouffre à la fin, d'aller aussi loin dans le récit. Pour ma part, j'estime que cela était correct, voire nécessaire. Je crois que des choses ont besoin d'être dites, malgré qu'elle soit d'une horreur innommable. L'impact n'aurait pas été le même.Ne nous racontons pas d'histoire, l'être humain a parfois malheureusement besoin d'être ébranlé pour saisir pleinement l'impact de certaines choses. Je pense que nous voulons trop souvent effleurer certaines éléments trop difficiles. Nous ne voulons pas toucher à la souffrance. Celle-ci étant un réel tabou. Par contre, elle existe indéniablement.

Somme toute un livre qui, malgré la difficulté à m'y plonger, m'a plu. Notamment parce que Goolrick a su, dans les quatre dernières pages, me convaincre de la nécessité de celui-ci.

Ma note : ****

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