samedi 30 octobre 2010

L'Enquête de Philippe Claudel, chez Stock




Je vous présente le texte de la quatrième couverture :


«L'Enquête

« Nous traversons des temps difficiles, vous n'êtes pas sans le savoir. Très difficiles. Qui pourrait prévoir ce que nous allons devenir, vous, moi, la planète... ? Rien n'est simple. Un peu d'eau ? Non ? Comme vous voulez. Après tout, si vous permettez, je peux bien me confier à vous, à mon poste, on est bien seul, terriblement seul, et vous êtes une sorte de médecin, n'est-ce pas ?

- Pas vraiment..., murmura l'Enquêteur.

- Allez, ne soyez pas si modeste ! » reprit le Responsable en lui tapant sur la cuisse. Puis il inspira longuement, ferma les yeux, expira l'air, rouvrit les yeux.

« Rappelez-moi le but exact de votre visite ?

- A vrai dire, ce n'est pas vraiment une visite. Je dois enquêter sur les suicides qui ont touché l'Entreprise.

- Les suicides ? Première nouvelle... On me les aura sans doute cachés. Mes collaborateurs savent qu'il ne faut pas me contrarier. Des suicides, pensez donc, si j'avais été au courant, Dieu seul sait ce que j'aurais pu faire ! Des suicides ? »


Lorsque j'ai acheté ce livre, je ne me souvenais pas qu'il s'agissait d'une fable. Ce qui eût pour résultat que j'ai été perplexe pendant près d'une cinquantaine de pages. En effet, tout ces événements invraisemblables, ces références aux gens par leur fonction, etc. m'irritait au plus haut point, parce que je n'aime pas les fables ni la littérature fantastique ou la science-fiction. Quand je dis que je n'aime pas, c'est un euphémisme. En réalité, je déteste cela! Moi j'aime les récits réalistes, plausibles, qui se tiennent. Je dois avoir un grand besoin de repères. Et dans ce roman, le personnage et nous, par le fait même, perdons nos repères. Il vit une suite d'emmerdes et se trouve dans des situations incompréhensibles, imprévisibles et indéfinissables, parfois.

Qu'est-ce qui fait que j'ai continué ma lecture? Claudel a une écriture fluide et une façon d'attiser notre curiosité. Toute cette histoire est tellement mystérieuse que l'on veut en savoir la suite et la fin. Je vous le dis, j'ai lu le bouquin en à peine deux jours. Si l'on considère que je n'apprécie pas habituellement ce genre de récit, Claudel à réussi là un exploit.

Ce que je retiens de cette fable? La dépersonnalisation de la société, la perte de repère des individus au sein d'un monde aux prises avec des changements incessants qui se font à une vitesse fulgurante. Je retiens également la difficulté à vivre la différence, c'est-à-dire y faire face que l'on soit soi-même l'être différent ou non. Par ailleurs une critique plus évidente de cet ouvrage est l'identification des gens à leurs fonctions plutôt qu'a leurs caractéristiques intrinsèques. Par exemple, sur «Twitter», lisez la partie biographique des profils des gens. Il ne s'agit, pour la très imposante majorité, que d'un relevé des postes (lire ici emplois) occupés par ceux-ci. Rare sont les gens qui choisiront plutôt de présenter leurs principales caractéristiques. D'accord, vous me direz que «bio» invite à ce réflexe. Ce à quoi je vous répondrai que oui, bien sûr, cependant je vous poserais la question suivante : Qu'est-ce qui a poussé Twitter à utiliser le terme biographie plutôt que présentation, par exemple? Je vois là un bel exemple du phénomène soulevé par Claudel.

Un livre à lire pour se sortir des sentiers battus et se questionner un peu.

Note 3/5


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire