mardi 21 septembre 2010

Incendies de Denis Villeneuve, d'après l'oeuvre de Wajdi Mouawad




Je n'avais pas vu ni lu la pièce de Wajdi Mouawad. Je sais, quelle honte! Mais, comme je suis contente de ne pas l'avoir fait. Cela m'a permis d'arriver complètement vierge au ciné hier après-midi.

Il s'agit de jumeaux, dont la mère est morte. À la lecture du testament, ils apprennent que leur père n'est pas mort et qu'ils ont un frère, qui habitent tous deux au Moyen-Orient. De façon posthume leur mère (Nawal) les charge de livrer une lettre à chacun d'eux. Projet qui n'intéresse absolument pas Simon. Jeanne, quant à elle désire être fidèle à sa mère, part accomplir la mission et découvrir l'histoire de leur origine. En cours de route, les découvertes qu'elle fait la bouleverse et elle appelle son frère au secours.

Ce film de Denis Villeneuve où l'on sent le poids des secrets et les relents d'une culture où l'honneur a une importance capitale, nous bouleverse du début à la fin. On s'y sent comme porté par des vagues incessantes. On est sans fin ballotés dans les flots de la douleur des personnages.


C'est un film qui parle de colère. La colère engendrée par les blessures à l'amour. Oui, l'amour. Notamment celui de cette mère pour ses enfants, amour qu'elle a eu du mal à leur communiquer, mais qui n'est pas moins grand. On y sent également toute la souffrance de Simon de n'avoir pas eu une mère «normale», souffrance qu'il extériorise par sa colère.

Incendies c'est une série de déchirements, qui, en tentant de se cicatriser forment une carapace qui étouffe, emmure. Cette carapace ne réussit toutefois pas à protéger Nawal. Incendies c'est aussi deux enfants qui cherchent à comprendre la mère qu'ils ont connu (au premier sens du terme). C'est le déchirement causé par les révélations, c'est la puissance de l'amour filial et fraternel.

Visuellement les images sont moins léchées que celles de Babel, par exemple, mais elle transmettent tout le côté brut de l'émotion, de la souffrance, sous toutes ses formes. Il y a de ces images percutantes qui resteront longtemps en tête. Cependant, côté musical, j'ai moins apprécié le choix d'Arcade Fire en entrée. J'aurais aimé quelque chose de plus enveloppant.

En finale, c'est un film si émouvant, que les gens ont laissé défiler le générique au complet avant de se lever. Question de reprendre sa contenance. C'est un grand film québécois. À voir absolument.

Note : 4,5/5


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