mardi 13 juillet 2010


Sukkwan Island par David Vann

J’attendais avec impatience la sortie de ce livre après avoir entendu la critique à «Six dans la cité» à Radio-Canada. Je me suis donc ruée à la librairie et ai débuté avidement ma lecture.


L’histoire

Il existe quelques ressemblances entre ce roman et La route de Cormac McCarthy. Par contre, je trouve que Vann nous amène beaucoup plus loin. Il s’agit de l’aventure d’un père et de son fils. Le père convainc son fils de le suivre vers ce qu’il espère une meilleure vie. Or donc, le père et le fils emménagent dans une petite cabane sur une île en Alaska pour un an, pour s’éloigner du tumulte de la vie en ville. Cependant, une fois sur place, le garçon se rend bien compte que leur installation est très rudimentaire : aucune eau courante, toilettes à l’extérieur, présence d’ours, aucun moyen de communication fiable (la radio ne fonctionne pas toujours), absence d’électricité, etc. Ils sont complètement isolés du monde.
Au fil des jours et des semaines, il constate que son père ne va pas bien. Il est désemparé par les pleurs nocturnes de son père ainsi que par son comportement étrange. Cette situation devient si difficile à gérer qu’il pense à quitter, mais ne le fera pas, ne voulant pas laisser son père seul.


Critique

Nous assistons à la dégringolade qui accompagne les problèmes de maladie mentale. Isolé de tous et n’ayant que son père pour contact, le jeune garçon tente de gérer tant bien que mal la lucidité chancelante de son père. Ce roman nous permet de saisir mieux l’ampleur de l’impact des maladies mentales non traitées sur tous. Ayant travaillé auprès de personnes atteintes de problèmes de santé mentale, le drame de la page 113 (tout le monde m’avertissait de faire attention à cette page) ne m’a pas surpris tant que cela. C’est malheureusement que trop réaliste.
Hormis cela, la progression du roman m’a parfois semblée lente, mais ce n’est que mon tempérament impatient qui prenait le dessus. Le rythme rend tout à fait la progression parfois lente, parfois vertigineuse de la maladie mentale. Vann a su rendre la détresse des personnages palpable. On sent le malaise et on en vient même à avoir envie que cela en finisse.
J’ai toutefois une réserve quant à la fin. Je trouve qu’elle est bâclée, c’est une issue facile et peu recherchée. Aussi, j’avais vu dans le jeu de l’auteur pour les trente dernières pages. Malgré cela, en gros, j’ai apprécié ce livre. Il s’adresse cependant à des lecteurs capables d’aborder la maladie mentale et tout ce que cela implique. Pour ceux qui n’ont pas terminé La route, prière de s’abstenir d’entreprendre cette lecture.




I looked forward to the release)of this book having heard the review on " Six dans la cité " at Radio-Canada. So I hurled myself to the bookstore and began reading the book.


The story

There are some resemblances between this novel and Cormac McCarthy's « The road». On the other hand, I find that Vann’s book goes much further. It is about the adventure of a father and his son. The father convinces his son to follow him in his search for a better life. And so the father and the son move into a small hut on an island in Alaska for one year, to get away from the tumult of the city life. However, once on the island, the boy realizes that their living arrangements are very rudimentary: no running water, the toilet is outside, the presence of bears, no reliable means of communication (the radio does not always work), the absence of electricity, etc. They are completely isolated from the world.
In the course of days and weeks, the boy notices that his father is not well. He is distraught by his father ‘s the nightly tears as well as by his strange behavior. This situation becomes so difficult to manage that he thinks of leaving, but doen’t, feeling guilty about leaving his father to fend for himself, alone.


The review

We witness the downward spiral which accompanies mental illness. Isolated and having only his father for contact, the young boy tries to manage his father’s the shaky lucidity . This novel allows us to better grasp the impact of untreated mental illnesses on all. Having worked with persons affected by mental health, the dramatic twist of the page 113 (everybody warned me to pay attention on this page) did not surprise me. It is regrettably way too realistic.
I gotta say that at some moments, the rythm of the novel seemed to be slow, but it is only my impatient temperament which got the upper hand. The rhythm mimics exactly the sometimes slow, sometimes vertiginous progress of mental illness. Vann was able to convey the tangible distress of the characters. We feel the malaise and we even come to wish that it comes to an end.
With all that said, I have to say that I didn’t really like the end. I find that it is bungled, it is an easy outcome. And, I nothing surprised me in the last thirty pages, they were too predictable. Nevertheless, I appreciated this book. But be warned : it is a book for readers who are comfortable with mental illness and all that it intails. Last warning : to those who did not end The road, abstain from starting this book, you most likely won’t finish it.

4 commentaires:

  1. Ton billet fait sens en effet, et j'ai aussi adoré !!

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  2. :))pas toujours facile comme lecture, mais tout de même riche.

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  3. Ah oui, j'ai adoré ce livre aussi. Auteur prometteur. J'attends avec impatience Caribou Island

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  4. Moi aussi. Bien hâte de le lire. J'ai hâte de voir comment il a développé son écriture.

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